Ëvagrios, Hàl. eccl., III, tl
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L'HISTOIRE: ZOSIMB 1015
son propre temps. Les livres II, III et IV vont de la mort de Dioclétien à celle de Théodose en 393. Lea livres V et VI retracent, avec une ampleur de développement toujours croissante, le régne d'Arcadiua cl les premières années de Tliéodose II. Pliotius, qui lisait encore riiisloirc d'Eunape dans son inléj^rité, nous apprend que Zosime n'avait guère fait que l'abréger. Cela ne peut 8'appliquer en tout cas qu'aux règnes de Constantin et «le ses fils, de Julien, de Jovien, de Valens, de Théodosc et à une parlîe de celui d'Arcadius, puisque le récit d'Eunape n'allait pas au delà. IMus loin, Zusime devait reprendre son indépendance. Son récit s'arrête aujourd'Iiui à la prise de Rome par Alaric en 410; et il eu était ainsi déjà dans l'exemplaire que lisait Pholius. L'ouvrage est par conséquent incomplet <, soit que l'auteur n'ait pas pu le pousser plus loin, soit qu'il ait été mutilé après sa mort.
Quelque attaché qu'il fût à Eunape, Zusime eut certainement des visées plus hautes, qu'il a déclarées luimême. Polyhe fut son moilèle. De même que celui-ci avait autrefois montré l'accroissement de la puissance romaine dans une période décisive de son existence, de même il voulait, lui, en exposer le déclin dans une période également décisive en sens contraire (I, 37). C'était là incontestablement une vue d'historien, qui aurait pu donner à son ouvrage une valeur réelle, s'il eût été capable d'en tirer parti. Par malheur, Zosime. entreprenant d'analyser les causes de la décadence romaine, était loin d'avoir l'étoiTedun Montesquieu. Celles qu'il aperçoit sont l'ambition, l'incapacité des chefs, les abus du pouvoir absolu, la destruction de la religion nationale. De ces causes, les deux dernières seules sont intéressantes. Mais Zosime ne sait pas 'en suivre l'eiret
i. Voir IV, 5».
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1016 CHAP. VIII. — LA Vm DE L'HELLÉNISME dans le diitail. Les vices qu'il signale sonl ceux de certains princes, et non ceux de l'institution impériale elle-même. Quant à la destruction de la religion nationale, il la considère en païen superstitieux, au jugement de qui les dieux, négligés ou reniés, ont retiré à l'empire leur protection. C'était déjà le point do vue d'Eunape. Cniiime lui aussi et pour la même raison, Zosime est sévère pour les empereurs qui oht favorisé le christianisme, pour Constantin ot Théodose particulièrement. En somme, l'histoire qu'il nous a laissée, sans répondre à ce qu'elle semble promettre, est encore une des meilleures œuvres hisloriques de ces derniers temps. Nette et judicieuse, hien informée, sincère- elle est de plus clairement écrite, sans longueur, sans mauvais goût, et d'une forme beaucoup moins prétentieuse que celle d'Eunape '.
Des autres lystoriens du même siècle, dont il nous reste des fragments d^ quelque importance, deux seulement sont à distinguer ici : Priscos et Malchos. — Priscos, né à Panion en Thracc, fut sophiste, puis homme d'État sous Théodose II et Marcien *. Les Déclamations {M£>,éTaL)et les Lettres (\ue lui attribue Suidas sont perdues. Son œuvre hislorique, en huit livres, semble avoir porté le titre général d'Histoire byzantine ('imopitt Bi>- CavTiaxvi) : mais diverses parties étaient désignées par des litres distincts (To! xatr' 'Atï7)X«v, 'lançia. rorôuer) ; elle se rapportait aux choses |contcmporaines '. II nou» en reste des fragments étendus, consistant en récits de
1. Pbotiue, cod. 98. Comme l'histoire d'Eunape, et ponr les mimes raisons, ceile de Zosime fut soumise à une réviBÎon qui en fit disparaître les passaijes les plus ofTensants pour le christianisme. Celte seconde édition était di^jâ la seule que Photius put se procurer et c'est celle qui nous est parvenue.
2. Suidaa, npioïoc HavlTuc. — C. Mûller, Fragm. BUI. Gr., IV. p. 69.