‹ Histoire de la littérature grecque (volume 5)Chapitre 201 sur 261 · POEMES DIVERS · texte numérisé non relu

POEMES DIVERS

laissés en dehors du cycle parce qu'on ne pouvait pas y faire tout entrer, n'auraient pas eu moins de droits sans doute à notre intérêt, si quelque chose en était parvenu jusqu'à nous\ Il faut se représenter cette période et celle qui l'avait immédiatement précédée comme un temps d'abondante production poétique, où les récits épiques naissaient presque en tous lieux et s'entrelaçaient à l'infini. Il n'y avait alors ni drame, ni histoire, ni philosophie; mais l'épopée pour les Grecs de ce temps était un drame, une histoire, une philosophie. Elle répondait à tous les besoins moraux et intellectuels à la fois, et voilà pourquoi elle se prodiguait pour les satisfaire. De tous ces poèmes, fort inégaux sans doute en valeur, quelques-uns seulement ont survécu, du moins à titre de souvenirs; les autres ont disparu peu à peu ; mais ceux-là même ont souvent laissé leur trace, plutôt soupçonnée aujourd'hui que distinctement aperçue, dans la poésie lyrique et dans la tragédie.

Entre les compositions poétiques qui ne furent pas rattachées au cycle, il n'en est guère qu'une seule à

raison. La légende arcadicnnc de Lycaon se prêtait aussi bien qu'une aulre au développement épique.

1. Les anciens citent un certain nombre de poèmes épiques, tels que la T/t éséide (krist., Poét.j 8), la Phoronide (Scol. Apollon., I, 1131), la Phocéide (Ps. Herod., Vie d'Homère^ 16) attribuée à Homère par les habitants de Phocée, etc. On ne saurait affirmer qu'ils appartiennent à la période épique primitive, bien que cela soit probable pour plusieurs d'entre eux. — Sur Mélisaudros de Milct , auteur d'un combat des Lapithcs et des Centaures, voir Elien, Hist. var.y XI, 2.

laquelle l'histoire littéraire doive une mention : c'est VHéraclée du Rhodien Pisandre.

Tous nos renseignements sur ce poète proviennent d'une notice de Suidas, pleine d'erreurs manifestes^. En la débrouillant autant que cela est possible, on en déduit avec vraisemblance que Pisandre, fils de Pison , était né à Camiros , dans l'Ile de Rhodes , et qu'il vivait vers la 33* Olympiade (648-645 av. J. G.)V C'était donc un contemporain du Lesbien Leschès, à quelques années près. Il dut composer son Héraclée après la 37* Olympiade (632-629 av. J. C.)'. Le choix du sujet s'explique en grande partie par le lieu de naissance du poème : Tlépolème, colonisateur de Rhodes, étant fils d'Héraclès, celui-ci pouvait être considéré par les Rhodiens comme un héros national et un ancêtre^. Ses travaux étaient racontés par le poète. Une inscription attribuée à Théocrite et placée plus tard sur le piédestal d'une statue de Pisandre en fait foi :

a L'homme que vous voyez ici, Pisandre de Camiros, a été le premier parmi les disciples de la Muse qui ait retracé toute la vie du fils de Zeus, vainqueur du lion, combattant aux bras robustes ; toutes les épreuves du héros, le poète les a racontées. Voilà pourquoi ce peuple, il faut qu'on le sache, a voulu l'honorer, lui aussi, en dressant cette statue d'airain après bien des mois et bien des années ^. »

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