‹ Histoire de la littérature grecque (volume 5)Chapitre 90 sur 261 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

OÙ Priam gémit sur la mort de son fils et annonce, dans son désespoir, l'intention d'aller redemander son corps à Achille. Un poète d'un noble talent a développé cette donnée et en a fait le dénoùment du poème. Moins original et moins puissant que l'auteur des chants primitifs, il a su s'inspirer des exemples de son grand devancier et emprunter quelque chose de sa poésie, en y mêlant ce qu'il y avait dans sa propre nature de plus délicat et de plus tendre.

Résumons-nous. De l'analyse qui précède ressortent certaines observations essentielles dont nous aurons à tenir compte en expliquant la formation de y Iliade, Voici les principales :

1° Un petit nombre seulement de parties du poème sont primitives et portent la marque d'une origine commune.

2** Si l'on détache ces parties de celles qui les entourent aujourd'hui , on remarque immédiatement que quelques-unes d'entre elles — et ce sont les principales, — sans former un poème continu, constituent du moins une série de chants liés par l'ordre des événements et par le développement d'une môme situation. Ce sont : la Querelle (1. I), les Ex^ ploits (ÏAgamemnon ou la Défaite des Achéens (1. XI), hi Pairoclie (1. XVI avec quelques parties adjacentes), et la Mort d'Hector (1. XXII). Ces chants sont de telle nature qu'ils pouvaient être récités isolément, sans qu'il manquât rien d'essentiel aux auditeurs, les événements intermédiaires étant ou superflus, ou suffisamment expliqués par quelques vers d'intro-

lf)8 CHAPITRE II. ~ ANALYSE DE L'ILIADE

duction, ou enfin connus par la légende. — A côté de ces chants, s'en trouvent quelques autres, également primitifs et probablement de même origine, mais dont la place dans la série n'est pas aussi nettement marquée par la nécessité môme du développement dramatique. Ce sont : les Exploits de Diomède (1. V), les Adieux dHector et dAndromaque (fin du livre VI), V Ambassade (livre IX sous sa forme primitive), et peut-être encore quelques autres morceaux (comme par exemple les belles parties du livre II, la scène à^Hector chez Paris au livre VI, etc.), sur l'origine desquels il est difficile de se prononcer aujourd'hui.

3® Les autres parties du poème sont d'origine diverse. Elles ont été ajoutées plus tard aux chants primitifs, les unes à titre de libre développement, les autres comme pièces de raccord, mais toutes, à quelques très rares exceptions près, ont été spécialement composées pour tenir la place qu'elles occupent.

C'est sur ces données résultant de l'étude même du poème qu'il faut essayer maintenant de fonder une explication historique de sa formation.

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