PHRYNICHOS
de sa vie qui nous soit connue. Suidas lui attribue cinquante pièces, dont trente-deux drames satyriques. C’est en effet dans le drame satyrique surtout que Pratinas semble avoir marqué sa supériorité. Ses Zärusot et ceux de son fils Aristias passaient pour les plus remarquables après ceux d'Eschyle ‘. Nous y reviendrons plus loin. Un titre incertain de tragédie (les Caryatides) et un titre authentique de drame à satyres (les Lutteurs), voilà tout ce qui nous reste de lui, en dehors de quelques fragments lyriques, étrangers à l’histoire du drame. Un de ces fragments, cité ailleurs?, nous révèle un véritable poète, gracieux et moqueur. En se plaignant des empiètements de la musique sur la poésie dans lhyporchème, Pratinas y fait preuve d’une spirituelle fantaisie.
Un grand poète nous reste à nommer : c’est Phrynichos. Athénien de naissance, fils de Polyphradmon, et père lui-même d’un autre Polyphradmon qui devint aussi poète tragique, il fut l'élève ou en tout cas l'héritier de Thespis. Sa première victoire est rapportée par Suidas à La 67° Olympiade (512-509 av. J.-C.) *. Sa Prise de Milet dut être jouée peu après l'événement qu’elle représentait, vers 494. L’émotion profonde qu’elle causa est attestée par Hérodote *. Les Athéniens s’irritèrent de ce qu’on leur avait mis sous les yeux un désastre dont ils se sentaienten partie responsables : ils frappèrent le poète d’une amende. Nous avons déjà vu qu’un témoignagc ancien le faisait figurer à côté de Chœærilos dans la 74°0lympiade (484-481). En 476 probablement, sous l'archontat d’Adimante, eut lieu son plus beau triomphe.
HrPausanias IE: 19:5.
2. Tome II, p. 8, note 1. Pour le texte, voir Bergk, Poelæ lyrici græci, III, p. 571 et suiv. (4e éd.)