CONCLUSION
« Je tiens dans la main toute ma richesse, ce fragment de coupe aux anses brisées, une de ces épaves des festins, que trop souvent le souffle de Dionysos rejette sur les rives de l’Outrage 1. »
Horace nous fait connaître un autre Chœærilos, mauvais poète et flatteur d'Alexandre : ce roi eut le tort de payer ses méchants vers, comme s'ils eussent été bons?. Nous ignorons absolument quelle était sa parenté avec le premier. Les vers d’Horace laissent deviner qu'il avait célébré les exploits d'Alexandre : c'était un des inconvénients de l’épopée historique que, en un temps d’abaissement moral; elle risquait de se tourner en panégyrique payé. Lysandre attendait du premier Chœærilos qu’il mît en vers son histoire ; le second fit pour le conquérant macédonien ce que le premier n’avait peutêtre pas eu le temps de faire pour le vainqueur d’Athènes. Il est probable aussi qu’il faut lui attribuer une épopée sur la guerre lamiaque (Aapræxt), que Suidas signale, en dépit de toute chronologie, comme une œuvre de l’auteur de la Perséide. Ces pauvres productions n'appartiennent pas à la littérature. Mais l'épopée historique ne disparut pas avec Chærilos. Nous la retrouverons dans la période alexandrine, où elle sera représentée, non sans honneur, par les Messéniennes de Rhianos,
VII ji
Nous avons suivi l’histoire de la poésie grecque à travers le v'et lerv*siècle danstout son développement. La
1. Athénée, XI, p. 464 À. Fr. 8 Dübner. Cf. le passage de Tzetzès (Walz, Rhetores graeci, III, p. 651), où il est dit que Chærilos appelait les pierres « les os de la terre » et les fleuves « les veines de la terre ».