‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 125 sur 156 · I. — Les origines · texte numérisé non relu

I. — Les origines

Vue générale. — Une dernière gloire était réservée à la langue grecque, celle de servir à la propagation du christianisme. Quand les disciples du Christ sortirent de la Judée, on parlait grec chez tous les peuples du bassin oriental de la Méditerranée, peuples qui s'offrirent d'abord à leur zèle apostolique. La langue grecque, par la souplesse de ses

formes et par son aptitude aux discussions doctrinales de toute sorte, était prête pour le rôle nouveau qui lui incombait.

Jusque vers le milieu du 11e siècle il y eut des livres chrétiens écrits en grec plutôt qu'une littérature grecque chrétienne: les auteu^rs édifiaient et instruisaient les fidèles sans préoccupation artistique, et ils n'entraient pas en contact avec l'hellénisme pour s'approprier ce qui dans sa philosophie ou dans sa rhétorique pouvait servir à propager et à défendre la foi. De là, le caractère simple de leurs œuvres, pleines soit de la douceur « évangélique », soit d'une dialectique un peu rude venue du judaïsme rabbinique, soit des formes hardies de l'inspiration prophétique empruntées à l'Ancien Testament. Ces éléments ne disparaîtront jamais entièrement de la littérature grecque chrétienne, mais à ses débuts ils en font l'originalité littéraire, et nulle part ils n'apparaissent mieux que dans les livres du Nouveau Testament.

Le « Nouveau Testament ». — Les livres du Nouveau Testament furent, dès l'origine, au ier siècle, écrits en grec, et ce grec est souvent mêlé de locutions hébraïques. Mais que sont les défauts de la langue en face de la merveilleuse simplicité des récits et de l'émotion contenue qui les anime dans les quatre Évangiles de saint Mathieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean, et dans les Actes des Apôtres, œuvre de saint Lucl Et qu'importe le stylo dur et irrégulier de saint Pa\l dans ses Épîtres, puisqu'en dépit de ce style dén dé de toute rhétorique elles s'élèvent à une éloquence âpre et vivante, qui part du cœur pour atteindre les cœurs, et qui n'a sa pareille dans aucune littérature?

Les Pères apostoliques (ier-ne s.). — C'est avec la même simplicité que sont composées les œuvres des « Pères apostoliques », successeurs les plus proches

Page 1