‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 54 sur 156 · III. — Les* premiers historiens ou logographes · texte numérisé non relu

III. — Les* premiers historiens ou logographes

Les logographes : caractères généraux. —

Les premiers hisloriens, appelés logographes par les critiques de l'antiquité, sont des gens qui écrivent en prose (en grec logos) : ce sont des prosateurs, par opposition aux poètes qui parlent la langue des vers. Les noms d'histoire et d historien n'entrèrent dans l'usage qu'avec Hérodote et impliquent l'idée de recherche (c'est le sens primitif du mot grec istoria) : l'historien proprement dit est un travailleur qui voyage pour découvrir des documents, qui fait une enquête sans se contenter de transcrire les matériaux qu'il trouve à sa portée.

Il ne faut pas demander aux logographes plus d'esprit scientifique qu'aux poètes. Leur style aimable et naïf est voisin de la poésie, et ils ignorent les vues d'ensemble, les idées générales, les tableaux bien proportionnés de la vie d'un peuple ; ils nous donnent des histoires locales, des fondations de villes, des généalogies, de vieilles chroniques plus ou moins fabuleuses, acceptées sans critique, telles qu'elles leur sont fournies dans les archives où ils sont allés les puiser. Toutefois, il faut être juste et reconnaître des différences : du vie au ve siècle le progrès est visible chez ces écrivains ; il y en a même qui sont aussi des géographes et qui ont dû se livrer à des recherches personnelles. Des uns et des autres nous n'avons que de courts fragments. Ajoutons seulement quelques

mots sur le plus connu de tous, sur Hécatée de Milet. Hécatëe. — Hécatée de Milet (vers 500) avait écrit des Généalogies mythiques où perce un commencement de critique : on y voit une tendance manifeste à rendre raisonnable l'histoire poétique, à la débarrasser du merveilleux et à ne présenter que ce qui pouvait être arrivé. Mais cette part de critique était plus grande dans la Description de la Terre, où Hécatée passait en revue tous les pays habités, parlant des légendes, des mœurs, des animaux, etc., en partie d'après ses voyages qu'il avait poussés jusqu'à la Haute-Egypte, le Caucase et la Scythie. Il écrivait en dialecte ionien, et on louait la pureté, la clarté de son style.

Hérodote et l'idée de l'histoire dans l'antiquité. — Pour bien comprendre Hérodote, quelques observations préliminaires sont utiles. — L'historien grec ou romain simplifie et idéalise tout ce qu'il rapporte; il n'a pas notre respect du document authentique ; il démêle peu les causes lointaines et intimes des faits, idées religieuses, mœurs, institutions, et ne voit pas au delà des individus, des cités, des armées, c'est-à-dire des grandes forces extérieures. La simplicité des sentiments et de la vie dans le monde ancien, l'état d'esprit des écrivains, qui ne se rendent pas compte des relations des choses et de leur connexité parfois très étroite, voilà ce qui donne aux histoires grecques et romaines leur beauté droite et un peu grêle, sans les empêcher pour cela d'être souvent éloquentes et dramatiques, et vraiment belles. — Hérodote, le premier en date parmi ces historiens du vieux monde classique, et malgré quelques ressemblances avec les logographes, a mérité le surnom de Père de l'histoire, IV art historique reste arec lui dans

la période de croissance ; la maturité viendra quelques années après, avec Thucydide.

Sa vie. — Hérodote naquit vers 480 à Halicarnasse, ville colonisée par les Doriens, mais où dominaient les idées et la langue ioniennes. Sa famille était riche et noble; il eut parmi ses proches parents le poète Panyasis, et cette parenté explique pourquoi il cite souvent les poètes, pourquoi il aime les vieilles histoires, les poétiques légendes qu'il accueille avec tant de crédulité . Puis il lut mêlé aux luttes intérieures d'Halicarnasse qui essayait de secouer le joug- de son tyran Lygdamis II, petit-fils de la célèbre Artémise. En 444, il tait partie de la colonie qui va fonder Thurium, sur remplacement de l'ancienne Sybaris, dans la Grande-Grèce ; c'est là qu'il mourut, vers 425. Il faut encore mentionner ses séjours à Athènes : il admirait beaucoup cette ville, et il y connut Périclès et Sophocle. Enfin, il entreprit à plusieurs reprises de longs voyages d'étude : il visita ainsi presque tout le monde connu des anciens, et il y recueillit les matériaux de son histoire.

Analyse de son œuvre. — L'ouvrage d'Hérodote est Y exposé de ses recherches sur la lutte entre le monde grec et le monde barbare depuis le temps de Crésus jusqu'à Xerxès. L'auteur vient d'être témoin des victoires décisives que les Grecs ont remportées sur Xerxès; mais comme les préliminaires d'un tel drame ne doivent pas être négligés, il remonte aux origines et fait connaître tous les peuples barbares que la Perse a englobés dans son empire. Il nous dit lui-même quel est son plan :

Hérodote d'Halicarnasse donne ici l'exposé de ses recherches, afin que les actions des hommes ne soient pas elfacées par le temps et que les grands et merveilleux faits accomplis tant par les Grecs que par les barbares ne restent pas sans gloire ; puis aussi la raison pourquoi ils se sont fait la guerre entre eux...

Ayant indique celui que je connais pour avoir le premier fait injure au* Grecs, je mènerai plus l(,ili mop discours, ptr-

courant également les petites villes' et les grandes. Car de celles qui jadis étaient grandes, la plupart sont devenues petites, et celles qui de mon temps sont grandes étaient petites auparavant. Sachant donc que le bonheur des hommes n'est jamais stable, j'aurai même souvenir des unes et des autres (1).

Commençant par les Lydiens avec leur roi Grésus, il montre leur puissance abattue par Cyrus, roi des Perses, puis il raconte l'histoire des Mèdes et des Assyriens domptés par Gyrus. Cambyse, pour augmenter les conquêtes de Cyrus son père, entreprend une expédition contre l'Egypte; de là, une description de ce pays. Darius succède à Cambyse : il organise fortement son empire et le divise en satrapies; puis il porte ses armes en Scythie, en Thrace, en Libye ; il soumet les villes de l'Hellespont, de l'Ionie, de TÉolide ; mais quand il attaque les Grecs d'Europe, il est battu à Marathon. Enfin voici le règne de Xerxès, la campagne des Thermopyles et de Salamine ; la Grèce est sauvée, les Grecs d'Asie sont délivrés de la domination perse. Cette dernière partie de l'œuvre, depuis les tentatives de Darius contre les Grecs, est la plus dramatique et la mieux composée. Les digressions y sont moins fréquentes ; on y admire les récits de la bataille de Marathon, des préparatifs de Xerxès, du combat des Thermopyles, de la bataille de Salamine, etc. Les détails de ces longues narrations sont trop inséparables de l'ensemble pour que nous puissions en citer quelque page, mais un sentiment profond les domine toutes. Ce sentiment, c'est l'admiration de l'Ionien pour le génie d'Athènes, pour l'intelligent patriotisme de ses habitants, et Hérodote l'exprime avec une haute éloquence :

Si les Athéniens, par crainte du péril qui les menaçait, avaient, abandonné leur patrie, ou, ne l'abandonnant pas et y restant,

(1) Hérodote, I, 1 et 5. Traduction E. Egger, La Littérature grecqw, ch. xii. L'Histoire d'Hérodote forme aujourd'hui neuf livres désignés chacun par ]<■ nom d'une Muse : cette division, comme tant d'autres de longs ouvrages, est de date récente, probablement de la période alexandrins.

s'étaient livrés à Xerxès, sur mer personne n'aurait été tenté

de s'opposer au roi En disant que les Athéniens ont été les

sauveurs de la Grèce on ne s'écarterait pas de la vérité, car, quelque parti qu'ils eussent pris, la balance devait pencher de ce côté ; ils ont préféré la liberté de la Grèce, et alors, tous ce» autres Grecs qui ne s'étaient point déclarés pour les Perses, ce sont eux, les Athéniens, qui les ont réveillés, et qui, du moins après les dieux, ont repoussé le roi (1).

Telle est, dans ses lignes essentielles, VHistoire d'Hérodote, tableau de la naissance et de l'agrandissement du despotisme perse arrêté enfin par une nation petite et pauvre, libre et valeureuse. Ne fallait-il pas un vrai génie pour concevoir un plan aussi vaste et pour le mener à bonne fin ?

Sa religion et sa philosophie de l'histoire, — Hérodote est un croyant dont la religion, après avoir été formée par l'étude d'Homère et d'Hésiode, s'est épurée au contact des cultes mystiques, cultes de silence, réservés à des initiés, et qui venaient de prendre au vie siècle un grand développement : aussi l'unité morale s'ajoute-t-elle, dans son Histoire, à l'unité du plan.

Il croit à la jalousie divine, et il est vivement frappé par le spectacle de l'instabilité des choses humaines. L'extrême bonheur aussi bien que le crime excitent la colère des dieux, qui rétablissent tôt ou tard l'équilibre, la juste distribution des biens et des maux : les empires qui s'élèvent à une fortune prodigieuse pour s'écrouler d'une chute éclatante ont donc mérité leur sort, et tant de rois, détrônés ou amoindris, expient des fautes qu'eux-mêmes ou leurs ancêtres ont commises contre la divinité. Cette idée des révolutions de la destinée, nous l'avons vue indiquée par Hérodote dès le début de l'ouvrage ; elle revient fréquemment, et la voici marquée avec la rigueur d'une loi :

« Regarde les êtres supérieurs : la divinité les foudroie et les /empêche de s'épanouir, tandis que les petits lui sontin<)i<

(1) Hérodote. VII 139. Traduction nouvelle.

férents. Regarde les maisons les plus grandes, les arbre* les plus élevés : c'est toujours là qu'elle lance ses traits, car la divinité aime à briser tout ce qui est supérieur. Voila pourquoi des armées nombreuses sont détruites par une petite troupe : la divinité jalouse jette sur les soldats l'esprit d'épouvante, elle fait entendre le tonnerre, et alors ils périssent misérablement (1). »

Ailleurs les mêmes sentiments sont exprimés sous une forme plus dramatique :

Lorsqu'il vit que tout l'Hellespont disparaissait sous les vaisseaux, que tous les rivages et les plaines d'Abydos étaient remplis de monde, alors Xerxès se félicita, et puis il pleura. A cette vue, Artaban, son oncle paternel, qui, dès le début, avait franchement exprimé, sa pensée en conseillant à Xerxès de ne pas partir en guerre contre l'Hellade, ce même Artaban ayant compris que Xerxès pleurait, l'interrogea ainsi : « 0 roi, d'un instant à l'autre, quelle différence entre tes actes ! Tu tf félicitais, et tu pleures 1 » L'autre lui répondit : « C'est que j'a> été pris de pitié en réfléchissant, que toute vie humaine est courte, car de cette grande multitude, personne dans cent ans ne survivra. » A son tour, Artaban lui dit : o Dans la vie il y a des situations encore plus tristes. Elle a beau être courte, nul n'est si heureux parmi ceux-ci ou parmi les autres hommes, qu'il ne lui arrive point, je ne dis pas une fois, mais souvent, de préférer la mort à la vie. L'adversité tombe sur nous, les maladies nous troublent, et la vie, quelque courte qu'elle puisse être, paraît longue. Ainsi la mort est pour l'homme le refuge le plus désirable contre les peines de l'existence, et la divinité, après nous avoir fait goûter le charme de la vie, montre par la vie elle-même qu'elle est jalouse (2). »

Sa science. — Si Hérodote est un historien et même un philosophe, ce n'est pas un savant selon le sens moderne du mot. Il s'élève au-dessus des logographes, car il se confine dans une période presque contemporaine, et il ne remonte aux âges mythiques qu'en manière d'épisode ; mais quand il remonte à ces temps obscurs, que de légendes romanesques racontées avec la plus naïve confiance ! On ne doit pas soupçonner sa sincérité ; mais, dans son ardent désir de science et

(1) Hérodote, VII, 10 (discours d Artaban). Traduction BOuyçUfl,

(2) Hérodote, VU, 46, 46. Traduction homvcII m

le recherche, il accepte tout ce qu'on lui dit ; il lui manque l'éducation scientifique, les livres, les instruments, nos habitudes de précision ; il n1a pài toujours bien pris ses notes, et plus tard il les a rédigées sans pouvoir en vérifier l'exactitude. Parlant de tant de peuples, de tant de pays, est-il étonnant qu'il se soit trompé quelquefois, et n'y a-t-il pas injustice à lui. reprocher vivement ses erreurs? Mieux vaut se rappeler qu'il a bien vu beaucoup de choses et lui savoir gré de ne s'être pas trompé plus souvent.

Son imagination. — Chez Hérodote, une des causes qui nuisent le plus a l'exacte vérité, c'est la force de l'imagination. De là, tant de petites anecdotes auxquelles il donne une tournure dramatique, et qu'il présente avec la charmante bonhomie d'un conteur aimable et souriant. Tel est le récit fabuleux et célèbre des aventures d'Arion :

Périandre, tyran de Corintiie, vit arriver de son temps un grand prodige : Arion de Méthymne fut porté à Ténare sur un dauphin. Arion était un joueur de cithare qui ne le cédait à sucun de ceux qui vivaient alors, et, !•• premier des hommes que je sache, il inventa le dithyrambe, le nomma et le fit chanter à Corinthe. On dit que cet Arion, qui passait la plupart de son temps auprès de Périandre, désira aller en Italie et en Sicile où, s'étant fait beaucoup d'argent, il voulut ensuite revenir El Corinthe. Il partit donc de Tarente, et, ne se fiant a personne plus qu'à ceux de Corinthe, il loua un vaisseau à des Corinthiens : ceux-ci, une fois en mer, complotèrent de jeter Arion s l'eau et de garder ses richesses ; et lui, ayant deviné la chose, les supplia, livrant bien ses richesses, mais demandant grâce de la vie. Or, il ne put les persuader, et les matelots lui dirent ou de se tuer pour avoir une sépulture sur la terre, ou de sauter dans la mer au plus vite. Réduit par la menace à cette extrémité, Arion leur demanda, puisqu'ils le voulaient ainsi, de le laisser chanter avec tout son costume et en se tenant debout sur le tillac; et après avoir chanté il promettait d'en finir avec la vie. Et les autres, pensant au plaisir que ce serait pour eux d entendre le plus habile chanteur qui fût au monde, se retirèrent de la poupe au milieu du vaisseau. Arion ayant mis tout son costume et pris sa cithare, debout sur le tillac, chanta le iiome Qrttiien', à la tin du chant il sauta lui-même dans U

mer comme il était, avec tout son costume. Les matelots firent voile pour Corinthe ; quant à lui, on dit qu'un dauphin l'ayant reçu le porta sur son dos à Ténare. Déposé à terre, il alla a Corinthe avec son costume, et, en arrivant, raconta son aventure. Périandre, par méfiance, fit surveiller Arion, avec défente de le laisser sortir, et s'occupa des matelots ; et lorsqu'ils furent arrivés, les ayant fait venir, il leur denianda s'ils avaient quelque chose à dire d'Arion. Et comme ils disaient qu'il était sauf en Italie et qu'ils l'avaient laissé fort heureux à Tarente, Arion parut devant eux tel qu'il était quand il sauta à la mer : les autres, frappés de surprise et convaincus, n'eurent plus moyen de nier. Voilà ce que les Corinthiens et les Lesbiens racontent, et môme on voit à Ténare une petite offrande d'Arion : l'ouvrage est en airain et représente un homme assis sur un dauphin (1).

Il faut rattacher au même besoin d'imagination quelques entretiens, d'ailleurs pleins d'idées et de vues profondes, les uns invraisemblables, comme celui de Crésus et de Solon, qui ne se sont jamais rencontrés ; les autres inventés pour une large part après les événements, tel que celui de Darius et des seigneurs perses sur la meilleure forme de gouvernement (démocratie, oligarchie, ou monarchie), de Xerxès et d'Artaban sur l'utilité de l'expédition contre les Grecs, de Xerxès et de Démarate sur les chances de succès au moment où la lutte va s'engager. Dans ces entretiens, dans les discours dont ils sont l'occasion, Hérodote prête aux personnages ses réflexions et ses idées sur les hommes et les événements ; il y met sa philosophie. Le procédé, peu conforme à la réalité, mais dramatique et nouveau, introduisait dans l'histoire l'éloquence et l'émotion : tous les historiens de l'antiquité l'ont adopté.

Son style. — Avec l'ouvrage d'Hérodote, le premier chef-d'œuvre de la prose grecque, on vit qu'une belle phrase en prose pouvait valoir un beau vers (2)

(1) Hérodote, I, 23, 24. Trad. E. Egger, La Littérature grecque, ch. xn. (I) Denys d'Halicarnasse, Jugement sur Thucydide, ch. 23 : v Hérodote rendit la pro*« semblable a la poésie la meilleure. »

La langue est le dialecte ionien : dans le choix des mots dominent la simplicité et la clarté, et les expressions les plus familières sont les plus employées; la phrase est souple et variée, parfois un peu traînante, toujours gracieuse. Un pareil style convenait surtout dans les narrations : qu'il s'agisse d'un récit historique ou d'un conte amusant et légendaire, c'est un admirable instrument et l'image vivante du plus aimable et du plus naïf des historiens.

RÉSUMÉ

La prose littéraire, secondée par la diffusion de l'écriture, apparaît au vie siècle dans des œuvres de philosophie et d'histoire que la poésie avait préparées en montrant plus de goût pour les idées morales et pour la réalité ; on devine la trace de ses origines dans les maximes attribuées aux Sept Sages, et dans les fables d'Ésope, dont le texte primitif est perdu.

Les premiers philosophes (vie s.) furent d'abord des savants (École oYIonie : Thaïes, Anaximandre, Heraclite) chez qui une philosophie à tendances matérialistes se confondait avec l'étude de la nature. En même temps, à Crotone, Pythagore se rendit célèbre par sa morale austère et par sa doctrine de la métempsycose, et fonda la science des mathématiques. Il ouvrait la voie aux théories idéalistes de YÉcole d'Élée représentée par les poètes Xénophane et Parme nide. Au \e siècle la conciliation entre les Ioniens et les Éléates fut tentée par Empédocle et Anaxagore ; à côté d'eux, les sophistes sont des négateurs qui professent que nous ne pouvons connaître que des apparences et que la science véritable est impossible.

Aux premier» historiens ou logographes (vie s.) l'art et la critique sont à peu près inconnus. Le plus célèbre est Eécatée de Milet (vers 500).

Le véritable « Père de l'histoire » et le premier en date Jes grands prosateurs grecs est Hérodote d'Halicarnasse

(480-425). 11 raconte la lutte entre les Grecs et les Barbarp* depuis le temps de Crésus jusqu'à Xerxès et fait connu iti <■. chemin faisant, l'histoire des peuples que la Perse a englobés dans son empire. L'esprit religieux et les idées philosophiques animent cette œuvre. Mais Hérodote manque un peu de rigueur critique et accueille les légendes avec complaisance. Son imagination nous séduit encore : c'est un aimable conteur, et, le premier, il prête aux personnages des discours pleins de réflexions et d'idées générales sur les hommes etles événements. Gomme les prosateurs qui l'ont précédé, il écrit en dialecte ionien ; son style est simple et gracieux.

LECTURES RECOMMANDÉES

Sur l'ensemble du chapitre : A. et M. Croiset, Histoire de la littérature grecque, t. II.

Sur les premiers philosophes : Th. Gomperz, Griechischt- Denker, t. I, 4895 (traduction française d'Aug. Reymond, 1904); Ed. Zeller, Philosophie der Griechen, t. I et II (traduction française de Boutroux, 1877) ; Henri Weil, Les premiers penseurs grecs dans ses Études sur V antiquité grecque, 1900.

Sur Hérodote : F. Gorréard, Hérodote (Collection des classiques populaires) ; Am. Hauvette, Hérodote historien des guerres médiques, 1894; L. Levrault, Auteurs grecs (P. Delaplane).

TEXTES A CONSULTER

Les premiers philosophes : l'édition de la Bibliothèque Didot, Fragmenta philosophorum graecorum, t. I, par Mullagh, est dépassée par deux éditions de H. Diels, Poetarum philosophorum fragmenta 1901, et Die Fragmente der Vorsokratiker, griechisch und deutsch., 2« édition, 1907.

Les premiers historiens ou logographes : on trouvera leurs fragments publiés par G. Mûller dans la bibliothèque Didot Fragmenta historicorum graecorum, t. I. et II, et Addenda du t. IV.

Hérodote : éditions complètes avec commentaires par Stein (Weidmann), et par Aricht (Teubner) ; Morceaux choisis publiés et annotés par E. Tournier et A. M. Desrousseaux (Hachette), {i\ par Am. Hauvette (Colin)

TBOISIÉME PERIODE

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