LES TROIS ORDRES
Gloire et paix aux Trois Etals, Qui se tâtaient naguères !
Bourgeois, nobles et prélats Veulent vivre sans débats
En frères.
En frères.
En frères !
sous LA. RÉVOLOTION 87
l'ordre du clergé.
Les Evéques de pasteurs Porlanl les caraclères, TraileQl prêtres, laboureurs, Négociants, sénateurs, De frères! {ter)
l'ordre de la noblesse.
Les nobles abandonnant Tous droits pécuniaires.
Entendent payer comptant Comme tous, leur contingent.
En frères ! (ter)
l'ordre du tiers.
Faible et nombreux Tiers-Etat, Bannis toutes chimères, Noblesse et l'Ëpiscopat T^assurent l'aimable état De frères! (ter)
profil d'un monument.
Une telle liaison Promet des jours prospères Qu'un singulier médaillon Constate cette union De frères ! (ter)
Av
DÉVELOPPEMENT DU PnOFlL.
Faisons uq pelTl faisceau De irois "grands c'arâcfôres :
Crosse, épéë cl puis hoyau Formez le jeton nouveau »
Des frères! (ter)
Les autres couplets sont adressés à a Notre bon roi, l'idole de 25 millions d'homnaes ; Au ministre des finances ; Aux 1200 députés. »
L'auteur finit par une « Félicitation à luimême. »
FÉLlClTATIOX A MOI-MEME.
Quant à moi, de Joyenvai, Mon sorl esl toul hiiaire, Au noble, à l'episcopal, Grâce au ciel, je suis égal El frère ! (fer)
^ Le vœn de M. de Joyeuval fut exaucé ! on forma des jetoQs nouveaux. Le 27 juin on fit frapper une médaille i La re. union, de. trois, ordre, fait. à. Vermilles, en, 1789. La couronne de France est posée sur un autel orné de trois fleurs de lis ; derrière Tautel est un noble avec l'épée au côté ; à gauche, un ecclésiastique avec le manteau et la calotte ; à droite un membre du Tiers-État, en habit bourgeois. Ils avaient tous les trois la maiir sur la couronne. Sous un fleuron, dans le champ : Les. Trois. Ordres, réunis nous. fait, espérer, le. boneur. de. la. Franse. Au-dessous; une crosse, une épée, un hoyau et deux branches 4'oUvier.
sous LA RÉVOLUTION 89
J'ai voulu insister sur la chanson de M. de Joyenval. J'y ai entrevu une rondeur, une confiance, un contentement, qui m'ont semblé peindre admirablement ce bon bourgeois de Paris, frondeur mais naïf, facile à persuader comme à irriter, ne demandant qu'à aimer ceux qui le gouvernent, à condition qu'il lui soit permis de temps à autre de se croire son égal.
Nous retrouverons d'ailleurs dans toutes ces poésies, écloses le matin en plein faubourg et distribuées le soir au coin des rues, tout l'esprit de ce Tiers qui fît la lî évolution. Peu d'oeuvres ont ainsi reflété Tépoque qui lésa vues naître etc'estun mérite suffisant pour qu'on leur pardonne certaines négligences de forme.
Les États Généraux devaient cependant faire des mécontents. Parmi ceux auxquels la Révolution coûtait le plus, se trouvaient les perruquiers, habitués à la fréquentation des grands seigneurs. Heureux privilégiés admis aux mystères de la toilette des dames, ils étaient devenus plus aristocrates que le Roi, et quand le niveau de l'égaHté vint à passer sur les têtes, ils craignirent pour celles qu'ils coiffaient et s'en plaignirent amèrement à Mirabeau. Les disciples de Legros, de Dagé, les contemporains de Léonard qui sera plus tard c forcé d'aller
exercer sur les têtes moscovites la dextérité de son peigne aristocratique » envoyèrent l'adresse suivante à Mirabeau, a Thomme le mieux frisé de l'Assemblée. »
Que vous feriez belle figare Pendant cette législature, Peigné comme un Quintîlien!
Non, vrai miracle de frisure, .
Non, grand homme, il n'en sera rien !
Ils vont même jusqu*à la menace.
Souvenez-Tous que par surprise, El sans en être interpellé, Déjà vous fûtes débouclé!
Gardez -TOUS qu'on ne vous défrise !
Âh ! si selon notre espérdnce.
Par vous, nos droits sont défendus, Bientôt il sortira d'emblée De Pauguste et sage Assemblée Un décret contre les tondus!
Le tour en était spirituel et hardi. Messieurs les perruquiers méritaient de gagner un procès si bien défendu, mais, hélas, ce fut peine per-
BOUS LA RÊTOLUTION 91
due. Les perruques disparurent de plus en plus, comme si elles avaient dû gêner le couteau de la guillotine.
' La prise de la Bastille donna un nouvel élan à la poésie populaire. La part qu*y prirent les gardes '•françaises excita au plus haut point Tadmiration du peuple.
Le 16 juillet un nommé A. Roux, lançait uri petit Poème sur les Révolutions actuelles de la France, où Voltaire à la brave compagnie de messieurs les gardes françaises. Deux jours après paraissait un curieux Éloge des héros de la France, en vers,enrichi de notes et qui, diaprés la concordance des dates, dut se croiser avec le Père Éternel Démocrate, ou le Vainqueur de la Bastille en Paradis malgré 5* Pierre de Lebrun-Tossa. Les prières qui obtinrent le plus de retentissement sont, sans contredit^ celles de M. P« Raboteau, qui fit distribuer la sienne contre la modique somme de « douze sols, » et le Hiérodrame tiré des livres saints par M. Desaugiers, sous le titre de : la prise de la Bastille.
{L'ouverture, dit le livret, exprime la tranquillité publique. Elle est troublée par un citoyen qui vient annoncer au peuple l'exil d'un ministre qui avait sa confiance. )
Le peuple se désole. Un citoyen prend la parole :
HISTOmE DE L^ Lm^ÉUATURE