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senté à Calipse rage 1780, , d’a- -cupa Dir vu t voir , etil cette i0gTa= quinze t neuf er que (ibid., JrOMO- UcoUupP t c'est orable.
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cHAP. XXV. | 263
poursuivre, d’avoir laissé prendre, à sa vue, une frégate, 1768.
espagnole et un vaisseau de Manille. Il fut arrété et traduit, en décembre 1780, d’après sa demande, devant un conseil de guerre. Soit que l’accusation ne fût pas prouvée, soit que le mérite supérieur de Ulloa, et les services qu'il avait rendus eussent disposé ses juges à l’indulgence pour une faute occasionnée par sa seule distrac‘" .:, il fut acquitté honorablement, et conserva son ; ‘ee et ses titres; mais il cessa de figurer dans l’armée active, il commanda des départements maritimes, et sur la fin de sa vie, il fut directeur-général par interim des armées navales, et comme tel chargé d’examiner les élèves de l’école d'artillerie de marine à Cadix. Ulloa était aussi ministre de la junte générale du commerce et des monnaies. Il mourut dans l’île dé Léon, le 8 juillet 1795, dans la quatre-vingtième année de son âge. Un voyageur anglais (Townsend), qui l'avait visité à Cadix huit ans auparavant, a fait ainsi son portrait : “L’'Espagnol dont la conversation m’intéressait le plus “était don Antonio de Ulloa ;….. je trouvai en lui un vé- “ritable philosophe, spirituel et instruit, vif dans sa con- “versation, libre et aisé dans ses manières... Il est d’une “petite stature, extrêmement maigre et voûté par les ‘années : il était habillé comme un paysan, et entouré ‘de ses nombreux enfants, dont le plus jeune, âgé de “deux ans, jouait sur ses genoux. Dans la «ambre où il ‘recevait ses visites, on voyait confusément dispersés “des chaises, des tables, des malles, des caisses, des li- ‘‘vres, des papiers, un lit, une presse, des parasols, des “habits, des outils de charpentier, des instruments de “mathématiques, un baromètre, une pendule, des ärmes, “des tableaux, des miroirs, des fossiles, des minéraux, ‘des coquilles, une chaudière, des bassins, des crüehés “cassées, des antiquités américaines, de l’argent et uné “curieuse momie des îles Canaries...” Ce n’est point seulement par ses services rendus à l’état et par ses con-
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264 Lonar, xxv,
1768, naissances supérieures dans les hautes sciences que don
Ant. de Ulloa a laissé de justes regrets dans sa patrie. L'Espagne lui doit le premier cabinet d'histoire natu- ' relle, et le premier laboratoire de métallurgie qu’elle ait possédés; la première idée du canal de navigation et d’arrosement de ‘a Vieille- Castille, commencé sous Charles IIT, et abandonné sous ses successeurs; la connaissance du platine et de ses propriétés ; de l'électricité et du magnétisme artificiel. «C’est lui qui perfectionna. l’art de la gravure et celui de l'imprimerie, en Espagne; qui dirigea la géographie espagnole dans la rédaction des cartes de la Péninsule, et qui fit connaître l'utilité des laines churlas, très semblabies à celles de Canterbury, en Angleterre, et le secret de fabriquer des draps fins par le mélange de ces laines avec celle des mérinos. Afin de démontrer l'avantage de sa découverte, il établit à Ségovie, pour le compte et avec l'autorisation du roi, une fabrique d’où sortirent des draps comparables, pour la finesse, à ceux qui provenaient des manufactures étrangères. Enfin, c’est d’après les sollicitations d’Ulloa, que des jeunes gens furent envoyés dans divers états de l’Europe pour s’instruire dans les arts mécaniques et libéraux, et propager ces connaissances dans leur patrie. Son principal ouvrage a été traduit en français, sous ce titre : Voyage historique de l'Amérique méridionale, etc., par de Mauvillon, 2 vol. in-4 © ., 1752.
+ Ainsi la cour d’Espagne avait fait à la Louisiane -le compliment de lui envoyer, pour en prendre possession, un savant illustre, dont la haute réputation était appréciée dans le monde entier. On n’en sait pas moins qe les qualités de cet homme distingué n’avaient pas suffi pour lé faire aimer de ceux qu’il était venu gouverner et pour contre-balancer chez lui quelques défauts de caractère. Îlen arriva que la mission, dont il avait été chargé, lui devint odieuse, au sein d’une population pour laquelle il ne cachaït pas son mépris, et qui y
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répondait par la haine. On a vu ce qui en est résulté.
La nouvelle de la révolution opérée à la Louisiane parvint en Espagne en quarante jours, et il se tint aussitôt un conseil de ministres composé du duc d’Albe, du marquis de Grimaidi, du comte d’Aranda, du bailli d’Arriaga, &c., &c. Il y fut arrêté qu’il était convenable de garder l:: Louisiane, et qu’il fallait par conséquent prendre les ricsures nécessaires pour l’assujettir et en assurer la possession à l'Espagne. Le marquis de Grimaldi en donna avis au comte de Fuentes, ambassadeur d'Espagne près de la cour de France, par la dépêche suivante :
“Le marquis DE GRIMALDI AU COMTE DE FUENTES.
“Je ne vons ai plus parlé des affaires de la Louisiane depuis le 23 février dernier, mais je vais vous informer à présent de tout ce qui s’est passé depuis ce temps là. Aussitôt qu’on reçut ici toutes les lettres où M. Ulloa rendait compte de la rébellion de cette colonie, le roi
ordonna qu’examinant tous les documents et pièces qui y étaient relatifs, depuis l’acte de cession de Sa Majesté Très-Chrétienne jusqu’au moment où les habitants de la colonie en chassèrent M. Ulloa, on discutât, dans une assemblée de ministres, s’il était convenable pour l’'Espagne qu’elle gardât la dite colonie. Car, en cas qu’il le fût, Sa Majesté prendrait les mesures nécessaires pour l’assujettir et pour s’en assurer la possession.
“Cette assemblée a été composée de... &c. Pour que tous ces ministres püssent être bien au fait de la matière sur laquelle on devait délibérer, on commença par former ce précis ci-joint de toute j’affaire, lequel fut lu d'avance, par chacun de ces ministres, avec les pièces qui y sont citées. (‘a fait, on convoqua la première assemblée, et tous, à l'exception d’un de ceux qui la composaient, ont été unanimement d'avis que la posses-
sion de la dite colonie, dont les limites étaient formées
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66 [ouar. xxv°
par le fleuve Mississippi, assuraient les avantages suivants :
1°. “Qu'elle établissait entre le nouveau Mexique et les possessions anglaises une ligne de séparation invariable, telle que l'était le grand fleuve qui conserve son nom depuis sa source jusqu’à son embouchure dans le golfe du Mexique.
2°, “Qu'en établissant dans la dite colonie un mode de gouvernement pareil à celui des autres possessions de l'Amérique, on éviterait non-seulement la contrebande que les habitants auraient continué de faire, mais aussi une grande partie de celle des colonies anglaises.
3°. “Qu'en encourageant la culture du blé et d’autres grains, la c. ‘'onie pourrait en faire un commerce très utile avec la Havane, Porto-Rico et les autres îles.
49, “Que l'entretien de cette colonie ne serait ni plus onéreux ni plus à charge que ne l'avait été celui de St.-Augustin, de Pensacola et des Ajalaches dans la Floride, et que ne l’étaient les postes qui existent dans le Nouveau - Mexique, lesquels pourraient être supprimés.
5©, “Que si l’on rendait à la France cette colonie, ses négociants pourraient établir un commerce frauduleux et illicite, encore plus considérable que celui qu'ils avaient fait par le passé.
“Je vous dirai en passant que, pendant qu’on était occupé de cette affaire, M. de Ulloa arriva à Madrid, et rendit compte de tout ce qui s’était passé pendant sa résidence à la Louisiane.
“Le roi approuva l'avis de l'assemblée, non-seulement par les raisons ‘on y avait exposées, mais aussi par la réflexion des suites que le mauvais exemple de la Louisiane pouvait entrainer à l'égard de toutes les autres possessions de l'Amérique, même de celles des autres puissances, où l’esprit de sédition et d'indépendance commençait à se répandre, comme.il paraissait par ce
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CUAr, XXV. | 267
qui venait d'arriver aux Français mêmes dans l’île de St.-Domingue. Sa Majesté fit aussi la réflexion qu’étant essentiellement en possession de la Louisiane par un titre très légitime, quoiqu'il lui manquât la cérémonie de la prise de possession, cette colonie devait être respectée et comptée comme une province de la couronne, et ses habitants comme ses sujets. D'où il résultait qu’il n’appartenait qu'à Sa Majesté de la recouvrer, et de punir la témérité de ses habitants et l’offense qu’ils avaient faite à son gouvernement et à la nation. Sa Majesté pensa aussi qu’il était nécessaire qu’on vît dans le monde qu’elle savait et pouvait, sans aucun pouvoir étranger, réprimer l'audace des séditieux, et les desseins formés contre le respect dû à sa dignité et à sa couronne. D’après ces principes, Sa Majesté se détermina à soumettre les rebelles par la force, et voulut que, sans délai, Jon prit des mesures à cet effet.
“Don Alexandre Oreilly, inspecteur et lieutenantgénéral des armées, était alors nommé par le roi pour passer à la Havane, et aux autres villes de la Nouvelle- Espagne, pour faire la revue des troupes et des milices, et il parut à Sa Majesté que cet officier pourrait se charger en même temps de l’expédition de la Louisiane. En conséquence, on lui ordonna de hâter son voyage. Il partit sur-le-champ pour Cadix, où il trouva une frégate qu’on lui avait préparée. Il s'embarqua, et il doit être, à l'heure qu’il est, près de l’île de Cuba. Il n’a tiré de Cadix aucun préparatif, car on crut convenable de cacher l’objet de sa commission. A cet effet, on lui donna un ordre ostensible dans lequel il n’était question que de l’inspection et de la revue générale, mais il savait bien qu’il trouverait à la Havane tout ce dont il aurait besoin. L’instruction qu’on lui donna fut, qu’en prenant dans ce port les bataillons d'infanterie, les munitions et les autres apprêts qu’il jugerait nécessaires, il se transportât à la colonie, et, qu'après en avoir pris
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268 futur, xxv,
possession au nom de Sa Majesté, il fit des procédures et punit, suivant les lois, les chefs du soulèvement, en faisant sortir de la colonie toutes les personnes et familles qui pourraient en troubler la tranquillité. On lui a aussi ordonné d'établir, à l'égard du militaire et de la police, une administration convenable de justice, et les règles nécessaires pour l’administration des finances, pour la dépendance et la subordination des habitants, et enfin pour la forme du gouvernement; le tout, conformément aux instructions de vive voix qu’on lui avait données ou à celles qu’on pourrait lui donner ensuite, Il emmène aussi des personnes de loi pour ce qui concerne les procédures judiciaires, et il a été autorisé de se servir de la voie des armes, en cas que les habitants de la colonie l'y obligent par leur résistance. Il parut convenable de donner à M. Oreilly des instructions de cette étendue, à cause de la distance et de l'éloignement du pays. Mais comme le roi, dont le caractère est bien connu, est toujours porté à la douceur et à la clémence, il ordonna de prévenir M. Oreilly qu’il serait conforme à l& volonté de Sa Majesté d'agir avec la plus grande douceur, et de se contenter d’expulser de la colonie ceux qui mériteraient un plus grand châtiment. “J’aurais pu vous informer auparavant de tout ceci, mais n'ayant de votre part aucune démarche à faire, attendu que le roi a pris sur lui la satisfaction de l’attentat commis par les habitants de la colonie, nous jugeàmes qu’il était inutile de vous envoyer par le courrier ordinaire, le grand nombre de papiers nécessaires pour vous mettre au fait de tout ce qui s’est passé. J’avais aussi pensé de vous envoyer avec ces pièces le dit mémoire ou manifeste publié par les habitants de la Louisiane. Mais je suis persuadé qu'il vous en sera parvenu quelque exemplaire, attendu qu’il a été réimprimé en France, avec l'arrêt du conseil supérieur de la colonie, Je ne crois pas, Monsieur, devoir vous cacher
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que, quand le roi apprit les termes insolents de cet écrit, il en fut fort indigné, et qu’il ne le fut pas moins d'apprendre que les auteurs de cet écrit, non-seulement avaient réussi à le rendre public, mais aussi à faire mettre dans différentes gazettes un article de Paris, où notre gouvernement et notre nation étaient dépeints avec les plus noires couleurs. La liberté entière avec laquelle les députés de la colonie demeurent à Paris n'aura pas peu contribué à la publicité de ces déclamations insolentes, et, comme on n’y a point fait contre eux la moindre démonstration, nos ennemis auront peut-être lieu d'imaginer que le ministre de Sa Majesté Très- Chrétienne ne les désapprouve pas. Mais je dois vous certifier pleinement à cet égard que le roi n’en a pas eu le moindre soupçon, et que d’ailleurs il est persuadé que l'honneur de son gouvernement et le crédit d’une nation ne dépendent jamais des invectives des gazetiers et des particuliers qui les font répandre. Je dois cependant vous dire franchement que la délicatesse de Sa Majesté ne se serait jamais contentée de ne pas prêter l'oreille à ceux qui se disent députés de la colonie, et que Sa Majesté aurait certainement fait punir la hardiesse de réimprimer et de publier en Espagne des écrits injurieux au gouvernement de Sa Majesté Très- Chrétienne et à la nation française. Sa Majesté pense que nous ne devons pas nous contenter de l’intimité d’union qui subsiste entre les deux monarques et entre les deux ministres, mais que nous devons l’étendre d’une nation à l’autre, et il est certain que de pareils écrits ne contribuent pas à cet effet. Votre excellence sait bien qu'on regarde en Espagne avec indifférence la perte des grands intérêts, mais point les injures. “Dès que nous reçûmes le dit manifeste, on détermina que M. de Ulloa répondrait aux fables et aux accusations exagérées qui y sont exposées, Mais avant que de le lui ordonner, il avait prévenu nos intentions, et il nous
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envoya de Cadix la satisfaction et réponse ci-jointe. La copie que je vous en envoie et le précis qui l’accompagne rendent pour ainsi dire inutiles tous les autres papiers que j'avais eu le dessein de vous envoyer. Ces deux pièces vous feront reconnaître que le véritable objet des habitants de la colonie, et particuliéreraent des chefs de la sédition, est de vivre dans l'indépendance la plus absolue, sans lois, sans police et sans ordre, et que le roi les a traités et voulait les traiter à l'avenir avec une prédilection et une liberté bien différentes de celles dont toutes les autres colonies américaines jouissent, quel que soit leur mérite et quels que soient les services qu’elles aient pu rendre à la métropole.
“Vous rendrez compte de tout à M. le duc de Choiseul, et vous lui demanderez une lettre ou déclaration de Sa Majesté Très-Chrétienne, en improbation de la conduite des habitants de la Louisinne. Vous prierez ce ministre d'engager Sa Majesté Très Chrétienne à déclarer que les dits habitants de la colonie, comme sujets qu’ils sont du roi son cousin, doivent s’en remettre à sa clémence et vivre sous ses lois. L'acte de cession de la colonie, comme vous le reconnaîtrez par la copie, fut absolx et sans aucune obligation de la part du roi. Seulement, dans la lettre écrite postérieurement à M. d’Abbadie, pour la remise de la colonie, Sa Majesté Très-Chrétienne insinuait au roi son cousin qu’elle attendait qu’il conserverait les mêmes habitants dans leurs priviléges. C’est à quoi le roi était déterminé, et il l’avait même ordonné, mais les dits habitants s’en sont rendus indignes par leur rébellion.
“Voilà, Monsieur, l'unique chose dont je dois vous charger pour le présent, car, quoiqu'il fût très naturel que la gazette de France désapprouvüt l’article qu'on a
mis comme nouvelle de Paris dans quelques gazettes des Pays Bas, il serait déjà un peu trop tard, et d’ailieurs il ne nous appartient pas de la solliciter. Nous
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La : nous contentons d’avoir écrit à Vienne et en Hollande 1769. pa- ÿ pour qu'on y apporte le remède convenable.” | pa- Au commencement de l’année 1769, la province de la Ces | Louisiane était presque rentrée dansle calme, mais ce calable me n’était pas exempt d’un certain sentiment de terreur. t des Car si la révolution était accomplie, il s'agissait de saance voir quels en seraient les résultats. Maintenant que le rdre, moment de l'action était passé, on réfléchissait. On avait enir ; tout le loisir d'examiner l’étendue et la nature des dans de gers que l’on avait appelés sur le pays et que chacun ouis- voyait poindre comme de gros nuagés à l'horizon. Que ù gere | ferait la France ? que ferait l'Espae Voilà les ques- | tions que l’on s’adressait avec inqu Beaucoup de hoi- ' gens commençaient à se repentir de vaient fait, F ation et c'était à qui avait pris le moins pui. à la révolu- ' de la tion. Comme cela s’est vu dans plus d’un évènement de ierez ce genre, les chefs commençaient à se trouver isolés et ë à dé- L seuls désignés à la vindicte que l’on redoutait. On s’é- vu sujets ; cartait d'eux, comme à l’approche de l’orage, on évite , à sa 4 ces grands arbres sur lesquels on croit que la foudre va on de tomber.
le, fut Le 15 février, le gouverneur Aubry écrivait à Bucu roi. carelly, capitaine-général de l’île de Cuba : à M. “J'espère que M. d'Ulloa me rend justice et qu'il au- " ajesté ra donné bon témoignage de ma conduite, car nul plus 7 atten- que moi ne vénère et n’aime la nation espagnole. Cette leurs révolution déshonore les Français de la Louisiane. il l’a- “Malgré que la fureur et la frénésie continuent, il me sont paraît cependant que quelques-uns des plus opiniâtres commencent à envisager l’avenir avec. quelque inquiévous tude et effroi, et si, dans cette circonstance, il pouvait aturel arriver un bataillon et de l'argent, avec promesse d’ouon à bli et de pardon pour tout ce qui s’est passé, on aurait zettes bientôt rétabli la tranquillité, en faisant subir à un ped'ail- tit nombre de séditieux, qui donnent la loi dans ce pays
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279 lorar, xxv.
1769. et y ont fait tout le mal, les justes châtiments qu'ils méritent.” | Néanmoins, ces chefs auxquels Aubry fait allusion, et qui avaient perdu une grande partie de leur influence, ne sentaient pas faillir leur courage. Ils voulurent encourager leurs partisans en leur montrant qu’ils persévéraient dans leur premier dessein, et qu'ils avaient foi dans l'avenir. La frégate espagnole, contre laquelle il avait été lancé un arrêt d'expulsion par le conseil, en date du 14 décembre 1768 était restée immobile dans le fleuve. En conséquence, les conjurés provoquèrent une autre réunion du conseil qui eut lieu le 20 février. Le conseil fit demander à Aubry des explications sur la
se non-exécution de l'arrêt qu’il avait rendu. Aubry ré- (Lup EE pondit que le capitaine espagnol ne partirait qu’à l’é- RTE qi poque qui lui avaitété prescrite par Ulloa, et que sion 7" 5 Hé voulait le forcer de hâter son départ, lui, Aubry, s’y oppo-
| Les 1 D , serait par la force.
md so] En effet, Aubry fit armer quatre cents hommes, tant
français qu’espagnols, pour s'opposer à tout acte de vio-
lence. Cette démonstration de sa part fut provoquée
par un arrêt du conseil supérieur qui confirmait ce-
Fe | lui rendu précédemment, le 14 décembre, relativement guette au renvoi de la frégate.
On observera qu’au 28 octobre, au début de la révolution, Aubry n’avait qu’une centaine d’hommes à opposer aux conjurés, et que maintenant il en avait quatre fois autant. Evideniment, il y avait réaction.
Cependant, ceux des colons qui restaient fidèles à la cause de la révolution, adressèrent, le 20 mars, au duc de Praslin, une supplique ainsi conçue :
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“MonsEIGNEUR,
“Votre grandeur aura appris par M. de St.-Lette, député de’notre colonie, le départ de M. Ulloa, officier du roi d’Espagne, et nous avons l’honneur d'informer
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CILAP. XXV.] 273
aujourd’hui votre grandeur que tous les individus de cette nation sont embarqués à bord de la frégate de Sa Majesté Catholique, qui doit faire voile, le 80 de ce mois, pour la Havane. Le retour de la paix intérieure dans cette province et le rétablissement de l'harmonie interrompue ne pouvaient s’opérer que par l'éloignement de tout ce qui portait le caractère d’une domination, dont le simulacre effrayant avait porté l'alarme et la dévastation dans tous les cœurs.
“Les citoyens dela Louisiane, Monseigneur, ne cessent d’implorer votre protection et votre appui auprès de leur bien aimé monarque. Epuisée par les prêts considérables qu’elle a faits à Sa Majesté depuis 1759, la colonie vient d'être mise à deux doigts de sa perte par trente et un mois de séjour d’un officier soi-disant gouverneur de Sa Majesté Catholique; et malgré ces violentes secousses, elle a fait encore usage de toutes les forces qui lui restent pour fournir à Messieurs Aubry et Foucault les moyens d'entretenir les postes et de faire subsister la troupe.
“Au milieu de tous ces malheurs, nous sommes dans une résolution inébranlable de réclamer constamment notre souverain naturel, de conserver le doux et inviolable titre de citoyen français, au plus grand hasard de nos vies et de nos biens, et nous sommes dans une entière et raisonnable confiance que jamais aucun dessein formé par les ennemis de notre liberté ne réussirait.
“Cette province, Monseigneur, ne demande, pour devenir florissante, qu’un regard favorable de votre grandeur. La salubrité de l'air qu’on y respire présente à l'état la perspective d’une population immense. Le courage et la fidélité des habitants lui offrent un rempart contre les tentatives et les vues ambitieuses des Anglais. Sa position favorable pour le commerce, la culture de l’indigo, du coton, du sucre, du tabac, la traite
des pelleteries, tous ces objets, disons nous, assurent à