‹ Histoire de la machine à vapeur (volume 2)Chapitre 13 sur 141 · JACOB BESSON, RAMELLI · texte numérisé non relu

JACOB BESSON, RAMELLI

ments qu'ils donnaient sur les machines. Il en est beaucoup de décrites dans ces livres, qui furent plus tard réinventées et présentées comme nouvelles par d'autres mécaniciens.

Léonard de Vinci, bien connu comme mathématicien, ingénieur, poète et peintre du xvi« siècle, a décrit, paraît-il, un canon à vapeur, qu'il appelle T « architonnerre » et qu'il attribue à Archimède. C'était un engin de cuivre, qui semble avoir possédé une puissance considérable. Il lançait un boulet du poids d'un talent. On obtenait la vapeur en faisant tomber, dans un vase clos, de l'eau sur des surfaces chauffées par un feu de charbon. Il se produisait une expansion soudaine qui projetait le boulet.

En 1825, le surintendant des Archives royales d'Espagne à Simancas a fait connaître un mémoire, qu'il disait y avoir découvert, et où il était rendu compte d'une tentative faite en 1543 par Blasco de Garay, officier de la marine espagnole sous Charles-Quint, pour faire marcher un vaisseau par le moyen de roues à aubes, celles-ci étant mues elles-mêmes, avait-on conclu de la description donnée, par une machine à vapeur.

Il est impossible de dire jusqu'à quel point cette histoire est digne de foi; mais si elle était vraie, ce serait là le premier essai connu d'appliquer la vapeur à produire une force dans un but d'utilité pratique. On ne sait rien de la forme de la machine employée; tout ce qu'il en est dit, c'est qu'un a vase d'eau bouillante » faisait partie de l'appareil.

Toutefois le rapport est, à d'autres points de vue, tellement circonstancié, qu'il a trouvé créance auprès de bien des gens ; mais il est regardé comme apocryphe par le plus grand nombre des écrivains qui se sont occupés de la question. Il fut publié en 1826 par M. de Navarrete, dans la « Correspondance astronomique » de Zach, sous la forme d'une lettre de Thomas Gonzalès, directeur des Archives rovales de Simancas (Espagne).

En 1601, Giovanni Battista délia Porta, dans un ouvrage appelé Spiritali, décrivit un appareil par le moyen

li OIUGINES DE LA MACHINE A VAPEUR.

(îuquol la pression de la vapeur pouvait être utilisée pour l'élever une colonne d'eau. Il comportait l'emploi de la condensation pour produire un vide dans lequel l'eau devait 80 précipiter.

Porta était, dit-on, un gentilhomme riche, mathématicien, chimiste et physicien, adepte enthousiaste de la science. Sa maison de Naples était le rendez-vous des étudiants, dos artistes et des savants distingués dans toutes los branches. H inventa la lanterne magique et la chambre obscure dont il donne la description dans son commentaire sur les (( pneumatica )>. La machine décrite dans son ouvrage» o.st ropré^scntéesur la figure k ; elle ne différait de la divSposition indiquée par Héron que par l'emploi de la vapeur au liou de l'air échauffé pour agir par pression sur lo liquide.

I.a cornue ou chaudière est adaptée à un réservoir d'où un tubo recourbé conduit à rextérieur. Quand le feu est allumé sous cotte cornue, la ^-apeur produite monte à la partie supérioure du n^servoir, et sa pression sur la surface de Tenu chasse colle-ci à travers le tube. On peut alors la faire monter à telle hauteur qu'on le désire. (Test ce que Porta appelait une « fontaine de Héron » perfectionnée, et ce qu'on a nommé sa « fontaine à vapeur ». Il décrivit avec une |>arfaite oj^actitude la manière dont la condensation de la vapeur pouvait être utilisée pour produire un vide, et esquissa uu ap^vareil dans lequel le vide ainsi obtenu était rompli d'eau qu\ chassait la pression atmosphérique ejttérieure. Ses machines ne semblent avoir été appliquées à aucun usage pratique. Xous ne sommes pas encore sortis de la |>ériode des recherches spéculatives, et nous approchons seulement de celle des applications. Porta u>n mérite )>as moins, pour avoir proposé une modification essentieile. une place honorable dans cette série dlnventeurs qui c<>mmence avec Héron et ne finît pas même avec Watt,

5, httfumiOioùrvm Uhri Jtrwf, «<-*, ii»4\ \Ap>«^ !0<^! . — / 7W Uhri

Page 1