‹ Histoire de la machine à vapeurChapitre 73 sur 87 · DE L'ÉNERGIE · texte numérisé non relu

DE L'ÉNERGIE

on la mesure, soit en prenant le produit de la résistance moyenne par l'espace parcouru pendant qu'elle est surmontée, soit en multipliant la masse du corps par la moitié du carré de sa vitesse. L'énergie cinétique est l'énergie réelle d'un corps qui se meut ; l'énergie potentielle est la mesure du travail qu'un corps est capable d'exécuter dans certaines circonstances qui, sans consommer de l'énergie, peuvent exercer sur le corps certaines actions : telles, par exemple, que la rupture d'une corde à laquelle un poids est suspendu, ou ractiond'un corps enflammé s'approchant d'une masse de substance explosive. La mesure anglaise de l'énergie est la livre-pied ; sa mesure métrique est le kilogrammètre.

Cinétique ou potentielle, l'énergie peut être, ou bien observable et résultant du mouvement d'une masse, ou bien invisible et résultant des mouvements moléculaires. L'énergie d'un corps céleste ou d'un boulet de canon d'une part, et d'autre part celle de l'action calorifiqueou électrique sont des exemples rentrant dans ces deux catégories. Dans la nature nous trouvons de l'énergie potentielle utilisable dans le combustible, dans la nourriture, dans les chutes d'eau et les affinités chimiques dont nous pouvons disposer. Nous trouvons de l'énergie cinétique dans le mouvement des vents et des eaux courantes, dans le mouvement calorifique des rayons solaires, dans les courants de chaleur terrestre et dans une foule de mouvements intermittents des corps produits par l'action de forces naturelles ou artificielles qui leur sont appliquées. Nous avons déjà vu que l'énergie potentielle du combustible et de la nourriture a été empruntée jadis à l'énergie cinétique des rayons du soleil, qui s'y est incorporée et emmagasinée. On voit également que le système animal n'est qu'un simple « mécanisme de transmission » de l'énergie, qu'il ne crée pas l'énergie, mais ne fait que la communiquer dans telle direction qu'il désire.

Il est facile de ramener toutes les formes d'énergie utilisables à une origine commune : l'énergie potentielle d'un univers de matière nébuleuse (chaos); cette substance.

d'une densité infiniment faible et infiniment diffusée, possédait une « énergie de position » qui a subi, depuis la création, une transformation graduelle dans les difTéreutes formes d'énergie cinétique et potentielle ci-dessus rappelées, en passant par les modes intermédiaires qui sont encore en partie sous nos yeux : énergie potentielle de Paffinité chimique, énergie cinétique de la radiation solaire, de la rotation et de la chaleur centrale de la terre.

La mesure d'une quantité donnée d'énergie, quelle qu'en soit la forme, est le produit de la résistance R qu'elle est capable de surmonter par le chemin S qu'elle peut parcourir à rencontre de cette résistance, et son expression est R S; ou bien on la mesure par les expressions équivalentes :

- M V* ou — — , dans lesquelles? est le poids, M la « masse »

de la matière en mouvement, V la vitesse et g la mesure dynamique de la gravité, soit 32 1/2 pieds ou 9™,81 par seconde.

Il existe trois grandes lois de l'énergétique :

1° La somme totale d'énergie existant dans l'univers est invariable.

2° Les différentes formes d'énergie peuvent se transformer l'une dans l'autre et possèdent une équivalence quantitative exacte.

3° Toutes les formes d'énergie cinétique tendent continuellement à se réduire à des mouvements moléculaires, et finalement à se répartir uniformément dans l'espace.

Nous avons déjà fait l'histoire des deux premières de ces lois. La troisième fut énoncée pour la première fois par le professeur sir William Thomson en 1853. L'énergie non dissipée est appelée par lui « entrophie ».

La science de la thermodynamiqu e est, comme on l'a dit, une branche de l'énergétique et la seule, dans le domaine du physicien, qui ait été bien étudiée. Cette science, restreinte à la considération des rapports de l'énergie calorifique à l'énergie mécanique, est basée sur le grand fait établi par Rumford et Joule, et traite des modes d'ac-

Page 1