DES NATURISTES - DU PNEUMATISME — ARÉTÉE
les représentants d'un système. — Aux plus illustres et aux plus méritants! telle est ma devise. — Voulant faire connaître les idées qui ont régné sur la science, je dois surtout en montrer l'origine et le développement pour faire comprendre ce qu'elles ont de juste ou d'inexact; et quant aux hommes qui s'en sont faits les défenseurs, quelques mots sur la personne des plus célèbres et l'analyse critique de leurs œuvres me paraissent devoir suffire.
Le pneumatisme, dont on n'a jamais entendu reparler depuis sa fin au 11e siècle, ce qui n'est que justice, revivra-t-il? Non, s'il reste appuyé sur l'idée d'un éther formant un cinquième élément matériel à côté de l'air atmosphérique, ou sur l'idée d'une force immatérielle; mais en prenant pour base l'air atmosphérique altéré, il peut reparaître avec des apparences scientifiques sérieuses. — Ce ne pourra jamais être la base d'une doctrine médicale universelle, expliquant les fonctions et les désordres de la vie, mais ce pourra être un côté important de la science.
Ainsi, en faisant du pneuma un élément synonyme de l'air atmosphérique, il est certain que le pneuma est le principe de la vie, et en même temps le point de départ d"un grand nombre de maladies.
Sans air atmosphérique pur, il n'y a pas d'hématose ni de santé; sa raréfaction fait cracher le sang; son altération par l'acide carbonique ou des gaz délétères amène l'asphyxie ou l'empoisonnement ; sa chaleur, son refroidissement, sa sécheresse et son humidité sont nuisibles. S'il n'arrive pas en assez grande quantité par la respiration, par encombrement ou par obstacle au larynx et aux bronches, il en résulte de l'anesthésie cutanée et de l'asphyxie. Il doit être mêlé à l'eau que nous buvons, car, sans lui, elle n'est pas potable; aux aliments, qui, par lui, sont plus digestibles. Enfin, c'est à la présence des spores et des poussières invisibles qu'il renferme (corpuscules végétaux putréfiés, corpuscules animaux décompr:^, débris microscopiques de chairs empoisonnées, de pus virulent et autres) qu'il faut rapporter toutes les endémies, toutes les épidémies et la plupart des contagions qui déciment l'homme et les animaux. Gomme on le voit, c'est là un champ très vaste, et qui voudrait le parcourir, pourrait restaurer un pneumatisme du xixe siècle, qui ne serait pas sans avoir wne certaine importance.
Mais ce ne sont là que des vues de l'esprit suggérées par les progrès de la science moderne. Revenons au pneumatisme antique, qui s'éteignit peu de temps après la mort d'Arétée.
A partir de cet instant, la médecine cessa momentanément de grandir. Elle se dégrada même de jour en jour; l'anarchie était au
comble de sa force, l'empirisme individuel triomphait sur le méthodisme abattu, et il ne fallut pas moins qu'un retour aux idées d'Hippocrate sur le naturisme pour redonner à la science tout son éclat. Ce retour et celte restauration s'accomplirent sous l'influence de Galien, qui dut à cette circonstance l'avantage de partager avec son maître, pendant près de quatorze siècles, le gouvernement de l'opinion médicale.