‹ Histoire de la magie en FranceChapitre 1 sur 23 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

h son ne jusqu'ici na entrepris décrire l'histoire de la magie en France. C'est un vide à remplir, dans un moment où la vérité reprend ses droits. Mais, outre les recherches que demande un pareil travail , il y a deux écueils à éviter : celui d'être trop long , et celui d être trop court. J'ai taché de rassembler ici , dans une espace raisonnable, tous les faits qu'il est le plus important de connaître, et qui se trouvent disséminés dans des milliers de volumes insipides.

J'ai dû commencer par un léger examen de l'imagination , considérée dans ses écarts , puisque c'est là que les superstitions et la magie ont pris naissance. J'ai cherché ensuite à faire connaître les différentes natures des démons , et les prouesses qu'on a mises sur leur compte. La description du sabbat, dont il est si souvent question dans cet ouvrage, devait se placer

rj PREFACE.

naturellement a la suite des prouesses du dii ble , et en tête de l'histoire de la magie.

J'ai été obligé de rappeler des détails qui ne peuvent être dangereux pour personne , et qui serviront au moins à expliquer toutes ces hideuses déclarations des sorcières et des possédées, par les vapeurs et les affections histériques. On s'étonnera sans doute de voir des présidons et des parlemens entiers montrer autant d'ignorance, dans ces procès scandaleux, que les plus petits baillis de village. On peut à peine concevoir aujourd'hui que des misérables aient été condamnés, en si grand nombre , à expirer sur le bûcher, pour avoir raconté leurs aventures galantes avec les Incubes , les Succubes , les Boucs , les Dragons enflammés , etc. ; mais, l'empire d'une sage philosophie n'était pas encore commencé , et les plus habiles magistrats étaient dupes des intrigues de certains moines, intéressés à multiplier les exorcismes , qui les faisaient vivre dans l'abondance. La tournure uniforme que présentent tous les procès de magie , et la plupart des possessions démontrent assez clairement qu'il existait une ligue puissante contre les progrès de la raison , et que l'on ne faisait paraître le diable de temps en temps , que pour retenir le peuple dans une profonde ignorance. Quelquefois aussi on se

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servait des confessions de Satan exorcisé , pour affermir la foi chancelante dans des choses incompréhensibles. 11 ne serait pas encore étonnant que des moines , déguisés sous des formes ridicules, aient joué de grands rôles dans les cérémonies du sabbat.

Les bonnes gens ne parlaient que des abominations infernales , dans les veillées de famille; les prêtres recommandaient, au catéchisme et au prône , de ne pas lier commerce avec les démons : que pouvait-on raisonnable ment espérer de semblables discours? La jeune fille, à l'imagination ardente, qui avait entendu parler desT joies du sabbat , en rêvait la nuit ; elle avait vu la grande assemblée ; Satan l'avait initiée à de grands mystères ; les songes étaient pour elle la même chose que la réalité, etc.

L'instant est venu où les fausses doctrines , en religion comme en politique , doivent disparaître , pour faire place à la vérité. Déjà M. Collin de Plancy , dans son Dictionnaire Infernal, ouvrage que recommandent des intentions pures et de longues recherches, a livré une guerre à mort aux superstitions et aux terreurs infernales. Mais, forcé de resserrer dans deux volumes tout ce qui tient au commerce de l'enfer, il n'a traité que sommairement le

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