CHAPITRE DEUXIEME
au Montcanisy, un autre domaine qui lui venait de sa mère, situé sur la côte normande non loin de Pont-l'Evêque '< dans '< un site d'une beauté surprenante, où je me promène '< (disait-il) sur les plus belles pelouses du monde et d'où l'on '< voit l'univers ».
Après la vente de Montataire, il obtint l'érection en comté de Madaillan de cette terre de Montcanis}^ et y fit bâtir un château. Ce château qui est près de Deauville « s'appelle « aujourd'hui Lassaj. Le peu qui en reste ne peut être démoli « parce qu'il se trouve heureusement être un à nier, c'est-à- ^. dire un point signalé aux navigateurs. » (i). C'est là qu'Armand résidait de préférence avec Marianne. Son bonheur fut bien court, car moins de deux ans après leur mariage, sa femme mourut lui laissant un fils, Léon de Madaillan. Ce fut un coup terrible, il faillit en devenir fou.
« Il se crut dévot, se fit une retraite charmante joignant les « Incurables, et y mena, quelques années, une vie fort édi- « fiante. A la fin il s'en ennuya; il s'aperçut qu'il n'étoit
« qu'affligé et que la dévotion passoit avec la douleur » (2)
On a de lui des lettres touchantes écrites au milieu de son désespoir. Résumons les en quelques phrases extraites de ses longs gémissements : « Dieu a rompu la seule chaîne qui « m'attachoit au monde.... je n'ai d'espérance qu'en la mort... « Il n'y a plus de lieu où j'aie envie d'aller, tout m'est égal ; « ma chère Marianne donnoit de la vie à tout... Je découvrois « tous les jours en elle de nouveaux sujets de l'aimer, sans '< jamais en découvrir aucun de ne la pas aimer. » A M. de
1. Note fournie par M. le Baron Pichon k M. Clément de Ris, conservateur du musée de Versailles, pour son ouvrage Les Amateurs d'autrefois, dont nous aurons à reparler.