Beaurein, 1. 1, p
L'abbé Benurein en plaçant la mort de Bernard de Lesparre vers l'année 1433 doit être bien près de la vérité. Nous avons eu la bonne fortune de découvrir dans le chartrier du urand séminaire d'Auch, trois exemplaires du testament fait par le sire de la Barde en 1412 ; 1° l'original, en parchemin de grande dimension, très bien conservé ; 2° une copie, vidimée, sur parchemin, faite le 3 janvier 1433 ; 3" une autre copie sur papier, faite en 14 so (n.
Après les formules et invocations d'usage, le testateur demande à être enseveli dans l'église des Frères-Mineurs de Lesparre, au tombeau de ses ancêtres (2). Il institue principale héritière : sa sœur, iiobla comthessa de Lesparra, inolîcr de noble Eymeric de Las Chahanas cavaley ; et, dans le cas où, au jour du décès du testateur, ladite comtesse ne serait pas sous l'obéissance du roi d'Angleterre, il lui substitue le premier fils du seigneur de Biron, son nebot (fils de Sybille Foucher des Chabanes), toujours à la condition que ledit neveu soit sous l'obéissance du roi d'Angleterre au décès du testateur. Si ce premier fils du seigneur de Biron n'a pas d'enfants mâles en légitime mariage, Bernard fait son héritier universel le second fils du seigneur de Biron et lui substitue le troisième sous les mêmes réserves de soumission à l'Angleterre ; si ce troisième neveu ne remplit pas les conditions exigées, l'hérédité se partagera suivant le droit et la coutume entre les plus proches parents.
Il laisse à sa femme, Catherine de Sort, la jouissance de tous ses biens tant qu'elle vivra sans se remarier.
I. Cl- test.-iment ayant une importance capitale, nous avons pensé qu'il serait mieux Si sa place dans un grand recueil, h la portée des travailleurs, que dans un ouvrage spécial comme celui-ci : c'est pourquoi nous lu publions in cxleiiso, dans le xxxivo volume des Archkvs historiques de la Gironde, actuellement sous presse.
5. Celle disposition prouve que les Madaillan avaient depuis longtemps une grande affinité avec la l'aniillc de Lesparre, comme nous l'avons dit dans notre travail préliminaire.
Il veut que les domaines de Cussac et de Listrac (en Médoc) fassent retour au seigneur qui, au décès du testateur, sera sire de Lesparre, selon la forme et manière contenues au testament de Florimond.
Il laisse à Lancelot de Lesparre, son fils natnraii et légitimât (i) la seigneurie de Thouars avec ses appartenances (2) ; la Taula de Correyan (3) ; la seigneurie de Cambes, le château et les terres de Bouglon, etc., sans qu'il puisse réclamer autre chose.
Il assure à Bertrand de Lesparre son autre fils natiiraii, fois SOS aliments tant qu'il vivra ; fait un legs important à noble homme Bernard de Bel-loc (Beaulieu) donzet son filleul et à ses enfants, ainsi que beaucoup d'autres legs pieux, notamment :
A l'église de Carcans, pour tenir alucada la laïupa qui es davant Tautar maior, à charge de faire dire des messes pour lui et ses auteurs ;
A l'hôpital Saint-Léonard de Lesparre ;
Aux Frères-Mineurs du couvent de Bordeaux, ainsi qu'il en a convenu avec eux ;
Aux Frères-Mineurs du couvent de Bergerac, ainsi qu'il en a convenu avec eux, et pour répondre aux volontés de sa
1. Nous nous sommes demandé si légitimât signifiait lètritime ou Jcgitiiité. Légitime nous semblait devoir se traduire en langue romane par légitiman. Le comte de Saint Saud, dont la compétence en ces questions est bien connue, consulté par nous, a donné un avis auquel nous nous rangeons. *; Légitimât veut bien dire aussi légitimé, mais employé après miturait je l'ai très souvent rencontré fr. avec le sens de légitime. Une fois qu'un enfant était lègitiyné on n'en parlait plus et on se gardait * de rappeler le fait par cette expression, yt
2. Thouars; château et seigneurie dans l'ancienne paroisse de Saint-Genès de Talence ; maison de plaisance où les rois d'Angleterre allaient se reposer et chasser ; où logea plus tard Charles IX, en 1565. — Au -XMV siècle cette terre appartenait à la famille d'Agés ; ensuite elle passa aux de Gourgue. — Voir Beaurein, t. il, pp. =95 à 309 et 316 à 331. — Léo Drouyn, t. 11, p. 18 (note).
3. Co/-r^i'a« ou Cor/-o)'iZ«, aujourd'hui Conrrejean ou Couréjearf. seigneurie qui s'étendait sur les paroisses de Villenave, Cadaujac, Saucats et Cambes. — ■ Consulter un arrêt du 3 novembre 1459, ^ "* les registres des Grands Jours de Bordeaux (Arch. Hist,, t. ix, p. 501). — • Le ruisseau de Correyan était la limite de la banlieue de Bordeaux. (Livre des privilèges^ pp. 4, 5.)
LA MAISON DE MADAILl.AN
nière qui avait lait jadis unt- fondation en faveur de ce même couvent ;
A l'église Sainte-Catherine de Lesparre et à beaucoup d'autres églises, à la condition qu'on y chantera, à perpétuité, un certain nombre de messes pour le repos de son âme, etc.
Il nomme ses exécuteurs testamentaires : l'archevêque de Bordeaux qui est ou qui alors sera; le seigneur de Lesparre ; les honorables et discrets hommes Mosseii Pcx Ribeyra, docteur es lois ; Mossen Bertrand Dasfa, docteur en décrets, des églises de Saint-André et Saint-Seurin de Bordeaux ; honorables hommes Jean de Borf (Bourg), chevalier, et Gaillardon de Marabeu, donzet, etc.
Après la lecture de ce testament on peut en toute sûreté nommer les enfants de Bernard de Lesparre.
1° Lancelot de Madaillax-Lesiwrrk, qui suit.
2" Bertrand de Madaili.an-Lesparre, son autre fih nattiran. Ce bâtard est-il le /'('//rij' de Lesparre si connu dans les chroniques? C'est possil-'lc. Favorisés par les troubles incessants qui marquèrent la fin du \i\" siècle et le début du xv, des aventuriers de haute naissance, souvent soutenus et poussés par les grands seigneurs, se rendirent tristement célèbres par des entreprises guerrières, des usurpations violentes, des exactions de toute sorte. La guerre de cent ans qui couvrit la France de ruines serait de prétexte à ces audacieux batailleurs et, au milieu du désarroi général, leurs forfaits restèrent presque toujours impunis.
« Il V eut dans les provinces un véritable débordement
« d'aventuriers et de bâtards, la plupart gascons d'origine, qui " mirent h feu et à sang les campagnes, s'emparèrent des châ- « teaux isolés et osèrent même parfois s'attaquer aux grandes « villes. Perducas d'Albret. le Bourg de Lesparre, le Bourg de " Caupène, le Bourg de Périgord, le Bourg .\nglais, le Bascot de « Mauléon, Olim Barbe, Perret le Béarnais...... etc., parcoururent
" ainsi le royaume. » (i).
I. Rib.idieu. Hisl. ./<■ ht conqiiflf de la (iiiifiinc, cli. m, p. -,;. — Dclomlc. Les guerres des Anglais en Giiienne. Toulouse, 1868, gr. in-S".