‹ Histoire de la maison de Madaillan, 1076-1900Chapitre 183 sur 327 · Fonds Périgord, t. 132, fo · texte numérisé non relu

Fonds Périgord, t. 132, fo

Jean qui fait des legs à ses neveux, Amalric de Curzai et Jean de Caumont seigneur de Lauzun, ce qui paraît prouver que Jeanne et Marie avaient épousé, l'une un Curzai, l'autre un Caumont- Lauzun. L'analyse de ce testament donnée plus loin justifiera nos conjectures. Nous verrons aussi que Jean de Caumont fut tuteur de son cousin Geoffroy dlistissac, fils de Jean.

XI. — Je.\x de M.\daii.l.\n d'Estiss.\c, investi du nom, des armes et des biens de son oncle Amaurj, vit s'ajouter toutes les seigneuries que nous avons énumérées plus haut à celles déjà très importantes qui lui venaient de la maison de Madaillan-Lesparre. Aussi les titres à'egregitis, altiis et pofeiis qu'il prend dans son testament sont bien justifiés.

Il fut chambellan du duc de Guienne frère de Louis XI (i), et rendit de grands services " tant en paix comme en guerre ».

Le 19 septembre 1467, procuration est donnée par noble Jean d'Estissac, seigneur baron de Cahuzac à Pierre Beylin, Jacques Chemiron, Simon Goumely, nobles de Bideran et Pierre de Brossac " pour leur bailler pouvoir de se transpor- '< ter au chasteau de Caheuzac sis en Agenois devers le Dropt, '< que nostre syre le roy luy a naguères octroyé en don comme ", récompense de ses bons et loyaux services tant en paix '< comme en guerre ainsi qu'il est plus a plain déclaré aux '< lettres de donation sur ce passé en la ville et cité de Tours, " qu'il a exibées devers nous et les témoings soubsignés pour " la estant prendre possession et se saisir audit nom qu'ils " agissent du chasteau dudit Calieuzac avec ses apparte- « nances // (21.

1. Chroniiiics de Louis XII, par Jean d'Auton, cJ. R. de MauKIe La Clavière, t. i, p. 4q, note a. C'est par erreur que suivant cette note le savant éditeur f.iit de Jean d'i-stissac le mari de Catherine de Chanipdenier. Il s'appuie sur le texte mal interprété d'un mandement tiré des Artli. seigiirurialfs du Poitou [c/i,'ili:tn </.• La Barre) par M. .\. Richard, t. Il, p. 44. Catherine de Chanipdenier était 1» femme d'un conseiller au Parlement de Bordeaux nommé Tudert.

2. Pièce authentique en parchemin, écrite en latin et traduite en français, trouvée aux Arch. de Cahuzac, copiée dans les papiers légués à M. A. Magen par M Bouyssi, versés aux Anii. Dèp. de Lot-et-Garonne. — Dossier non encore classé, communiqué par M. Ci. Tholin.

L'inventaire du château de la Barre cite plusieurs actes concernant Jean d'Estissac. Le 5 août 1465, par mandement, adressé à son sénéchal du Bois-Pouvreau, il constate que Louis Rousseau, écuyer, seigneur de la Boissière, procureur de noble et puissant homme et seigneur M. Jean Tudert lui a fait les trois hommages qui lui sont dus. Le 8 août 1475, par mandement signé de lui, donné à Bordeai;x et adressé à son sénéchal du Bois-Pouvreau, il reconnaît que M. Jean Tùdert, conseiller au parlement de Bordeaux, lui a fait quatre hommages, deux liges et deux plains, au nom de Catherine de Champdenier, sa mère, etc. (i).

Sa fidélité au duc de Guienne avait entraîné, pendant quelque temps, la confiscation de ses domaines du Poitou. « En -r 1473, restitution faite par Louis roi de France à Jeand'Estis- « sac de toutes les terres qu'il avait en Poitou qui lui avaient « été confisquées pour avoir suivi le parti du duc de Guienne, '< frère du Roi. (Arch. de Cahusac) » (2).

En novembre 1478, Louis XI accordait à Jean d'Estissac des lettres de légitimation. Du texte de ce document nous donnerons seulement la partie qui démontre, d'après nous et les autorités auxquelles nous avons eu recours, que cette légitimation avait été demandée pour faciliter le testament de Jean d'Estissac et le règlement de sa sucession. Lancelot de Madaillan et Jeanne d'Estissac ont-ils cohabité illégitimement ? Est-il croyable que le dernier descendant mâle de la famille d'Estissac, ait, par une donation entre vifs, transmis tous ses immenses biens, son nom, son blason, à un enfant naturel, et confié le soin de perpétuer l'honneur et la grandeur de sa

1. Arch. seigneuriales au Poitou, ihid., t. il, p. 55 à 35. B. 56 et B, 61.

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