‹ Histoire de la maison de Madaillan, 1076-1900Chapitre 192 sur 327 · Ihid,f t. m, pp. 39 et · texte numérisé non relu

Ihid,f t. m, pp. 39 et

a^O LA MAISON DE MADAILLAN

(jcolïroy d'Estissac, prélat l'oit savant et d'un esprit raffiné, s'entoura de lettrés et se fit une petite cour d'hommes choisis qui bénéficièrent de ses largesses. Dans les beaux jardins de l'Hermenault et de Ligugé où il cultivait avec délices les fleurs rares et des légumes de choix, souvent la lecture des auteurs profanes rempla»;ait celle des pères de l'Eglise.

il fut le protecteur de Rabelais. Celui-ci étant novice au couvent de la Baumette près d'Angers « y aurait connu » les frères du Bellay et Geoffroy d'Estissac (i). Il passa ensuite au couvent des Cordeliers de Fontenay-lc-Comte où il reçut la prêtrise en 1520.

« Il s'était formé dans ce couvent un petit noyau d'érudits il se

'< composait de Pierre Amy ou Lamy, de Rabelais et d'un autre " moine qu'on nommait en grec :i;v£To; mais dont nous ne savons « pas le nom français... [Us avaient] pourappuis dans leurs travaux « divers personnages notables de la ville, entre autres Jean Bris- ", son, avocat, et André Tiraqueau, juge puis lieutenant au bail- '< liage (2). Ils faisaient cause commune avec Geoffroy d'Estissac « et les savants que ce jeune évêque se plaisait à réunir autour de « lui. Ils lui procuraient des livres ». (3) Ils étaient en correspondance avec le célèbre helléniste Guillaume Budée qui jouissait d'une grosse fortune et d'un grand crédit (4).

Lorsqu'il fut sorti du couvent de Fontena}', Rabelais vécut pendant quelque temps auprès de son bienfaiteur qui résidait de préférence à Ligugé comme nous l'avons dit. Une tour, l'ancien donjon aujourd'hui en ruine, reçut son nom « Ttirrim qtioqiie

I. Louis Molaiid. François Rabelais, tout ce qui existe de ses truvres. Paris, (jarnier frères, 1881, pp. 10, II. — Sur Rabelais consulter l'ouvrage de M. Paul Stapfcr, Paris, 1889. Et celui de MM. Rathery et Burgaud des Marets, qui s'occupent aussi de l'évcquc de Maillezais.

ï. < André Tiraqueau fut conseiller au Parlement de Bordeaux puis au Parlement de Paris (il ne

» buvait que de l'eauU C'est ce fécond jurisconsulte dont on a dit Aquom bibendo vigenti libéras

« siiseepiit vigenli libres edidit. Si iiienim bibissef, tofttni orbem imfi/ivissef,

' S'il n'eut point noyé dans les eaux « Une semence aussy féconde "• II eut enfin rempli le monde ' De livres et de Tiraqueau ».

(Arch, Hist. de la Saintonge et de lAunis, t. xvii, p. i)o, note).

}. « M. B. Hillon (cité par M. Moland, iHd.) dans ses Lettres écrites Je la Vendée, a reproduit une » quittance d'un des voyageurs en librairie de Henri Estienne, O. Ferrare, qui déclare avoir reçu, par « les mains de frère Pierre Lamy, la somme de sept ccus au soleil : a cause des livres tendus ce jourw d'Iiui il Dionseigneur l'éiesque de Mile^ois ; c'est jssaroyr, la Chronique de Nuremberg, Aristoleles, * Querela pacis d'Erasme, Ilomerus, Cicero, Carrara, la Voye céleste et le Triumfhe de Manluene. » Fait à Fonteniiy-le-Comte, ce dernier Jour de juing, mil cinq cent dix et neuf >. 4, Louis Moland, ibid., p. 11.

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