‹ Histoire de la maison de Madaillan, 1076-1900Chapitre 297 sur 327 · LOMÉNIE · texte numérisé non relu

LOMÉNIE

2. — Lettres de réhabilitation, accordées à Elie et à Pierre de Madaillan

Louis par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre à noz amez et féaux conseillers les gens tenans nostre Cour des Aydes de Guienne scéant à Bordeaux salut. Nos chers et bien aymez Elie de Madaillan s' du Cauze et Pierre de Madaillan frères nous ont fait remontrer qu'ils sont issus de l'une des nobles et anciennes familles de nostre province de Guienne qui a toujours vescu noblement depuis plus de deux siècles sans que leurs descendans de degré en degré ayent fait aucun acte desrogeant à noblesse, sinon Pierre de Madaillan aycul des Exposants qui pour réparer des pertes notables qu'il avait faites pendant les guerres de son temps avoit esté obligé de prandre part en quelques traffic et négoce de peu de considération et d'autant qu'on pourroit opposer aux dits Exposans ce commerce comme un acte desrogeans à leur noblesse (quoy qu'il n'aye pas passé la personne dudit Pierre de Madaillan leur ayeul fils d'un autre Pierre de Madaillan qui avoit toujours vescu noblement ainsy que Jaques de Madaillan son père, Gilbert de Madaillan son ayeul et Amanieu de Madaillan son bisayeul), duquel commerce Isaac de Madaillan, qui a exercé pendant trente années avec intégrité la charge de nostre conseiller et advocat en la sénéchaussée de notre ville de Bergerac, n'ayant jamais eu connoissance pas plus que Pierre de Madaillan son frère l'un de nos conseillers d'estat n'auroit pas obtenu relief de la susdite desrogeance, si bien que

les Exposans en ayant esté informez et craignans qu'on la leur puisse objecter dans la suitte ou à leurs descendans, Ils desireroient soubz nostre bon plaisir jouyr des honneurs et privilèges que leurs prédécesseurs leur ont acquis, Et à cette fin nous ont très humblement fait supplier leur accorder nos lettres nécessaires en considération des bons et agréables services qu'ils nous ont rendu ; Scavoir ledit Elie de Madaillan au siège de Salces ou il servit avantageusement notre Estât en qualité de Capitaine pendant sa jeunesse, du depuis s'estant retiré en sa maison et ayant embrassé les lettres il a aquis un mérite extraordinaire en la profession d'advocat en notre parlement de Guyenne qu'il a exercée comme il fait aprésent avec honneur et suffisance pendant vingt cinq années, lequel ayant eu deux enfans scavoir Jean de Madaillan s' de Montatere et Henry Cezar s"' de la Carbonnière son cadet, ledit Jean estant actuellement à nostre service en qualité de nostre féal conseiller et secrétaire Maison et Couronne de France de nos finances et advocat en nos conseils d'Estat ; ledit Henry Cezar ayant porté les armes pendant trois campagnes consécutives il s'y seroit si valeureusement comporté qu'il auroit receu plusieurs blessures mortelles tant au siège d'Ardre que Montmédy ; Ensuite de quoy ayant esté récompensé de la charge de lieutenant de la première compagnie au régiment de nostre très cher et bien amé cousin le mareschal de Turenne, il auroit donné des marques de son courage au siège de Dunkerque et en particulier à l'attaque de la contrescarpe ou il commandait les trouppes qui y, furent envoyées, et comme on l'emportoit il fut atteint d'une mousquetade qui le porta a terre roide mort le xviii" du mois de juin de l'année dernière 1658 n'ayant pas encore attaint sa vingt uniesme année ; Et ledit Pierre de Madaillan l'un des Exposans ayant porté les armes depuis une longue suite d'années, mesme souffrit en Espagne les rigueurs d'une prison oii il a esté détenu pendant vingt cinq mois pour avoir été pris par les Espagnols en Catalogne a la prise de [un blanc] Et notamment en considération des notables services qui ont esté rendus au feu Roy nostre très honoré seigneur et père et nous ont esté continués pendant vingt cinq années par nostre amé Jean de Madaillan fils dudit Pierre de Madaillan frère du père des dits Exposants en qualité d'ayde de camp en nos armées de capitaine d'une compagnie franche et de commandant dans nostre ville d'Oudenarde comme major de la dite ville qui a esté remise soubz nostre obéissance en ladite année dernière.

I \ MAISON l)l; MADAILLAN

A ces causes désirant favorablement traiter les dits Exposants, nous vous mandons et enjoignons par ces présentes signées de nostre main que nostre procureur général ou son substitut en ladite Cour appelé, s'il vous appert par titres vallables qu'ils soyent issus de père, ayeul et bisaveul nobles qui ayent toujours vescu noblement sans avoir fait aucun acte desrogeant a noblesse sincMi ledit Pierre de Madaillan non a autre fin que pour trafic et négoce ou avoir pris part dans iceluy vous avez a faire jouyr plainement paysiblement et perpectuellement lesdits Exposants et leurs successeurs légitimes vivans noblement des honneurs, privilèges, exemptions, immunités appartenant a Noblesse tout ainsv qu'en jouissent les autres nobles de nostre Royaume et ne souffrir leur estre fait ou donné aucun trouble ou empêchement. Au contraire nonobstant la susdite djrogeance de nostre desclaration du XXX décembre 1650 à laquelle nous avons desrogé et desrogeons a ce qui regarde les dits exposants seulement et sans tirer a conséquence, lesquels nous avons en tant que de besoin seroit annoblis et annoblissons par ces présentes sans que pour raison de ce ils soyent tenus a nous paver ny a nos successeurs Roys aucune finance ny indemnité dont a quelque somme qu'elle puisse monter nous les avons deschargés et deschargeons en tant que de besoin seroit, fait don et remise par ces mêmes présentes à la charge toutefois de vivre noblement. — Car tel est nostre bon plaisir.

Donné à Fontainebleau le xxo" jour de juillet lan de grâce mil six cens cinquante neuf de nostre règne le xvii°.

Louis.

Par le Roy, Lcwienie.

Registre en la Cour des Aydes et finances de Guyenne pour jouir par les impétrans a l'effect contenu en icelles et suivant l'arrest de ce jourd'huy.

Fait a Bourdeaux en la dite Cour des Aydes le xxviii'^ mars mil six cens soixante un et collationné.

Barret Dumas.

-. — Extrait de Tinventaire fait par devant Monsieur Dupuy commissaire subdélégué par monseigneur de Pellot Intendant en Guyenne.

L'an mil six cens soixante sept, le onzième du mois d'octobre est compareu par devant nous Pierre Dupuy conseiller et procureur du Roy au Prézidial de Condom, commissaire subdélégué par monseigneur

de Pellot pour la vérification des titres de noblesse es élections

d'Agen, Condom et séneschaussée de Marsan — Scavoir Hellie de Madaillan escuyer s' du Cauze advocat en Parlement et Pierre de Madaillan aussy escuver s"' de Cazaux frères, habitans : scavoir ledit Hellie de la ville de Bourdeaux et Pierre delà paroisse et jurisdiction de Verteuil élection d'Agen, assistés de maître Pierre de Lescun leur procureur en la maison et personne duquel ils ont élu leur domicile — Lesquels pour satisfaire à l'assignation qui leur a été donnée à la requête de M'' Nicollas Catel (n chargé par sa Majesté de la recherche des usurpations des titres de noblesse, nous ont représenté qu'ils sont issus d'extraction et de race noble et ont tousjours vécu nobles sans avoir fait aucun acte desrogeant a noblesse que celluy qui sera marqué cy après dont les [illisible] par grâce spéciale de sa Majesté ont esté restablis. — ■ Lesdits produisans portans pour armes: taillé d'or et de gueules, escartellé d'azur au Lyon d'or, armé et lampassé de gueules, couronne perlée. — Lesquels pour prouver leur noblesse produisent les titres que s'ensuvvent. (Suit la production des titres qui sont tous parafés par le sieur Dupuy.)

Les titres mantionnés et la production cy dessus ont été veus examinez et par nous paraffés, de la pi'ésentation desquels nous avons donné acte aux dits Hellie de Madaillan escuyer sieur du Cauze advocat en Parlement et Pierre de Madaillan escuyer sieur de Cazaux frères pour y avoir égard lors de la confection du cathalogue suivant l'arrest du conseil du xxm- mars ibùo, s'il y a lieu.

Fait à Agence XI" octobre 1607, ainsy signé : Dupuy.

Suit une généalogie : Des nobles Hellie et Pierre de Madaillan frères escuvers.

Prouvé par le contrat de in;iriage dudit sieur Ilellic du 15 janvier 1632.

Prouvé par son contrat de mariage avecq ladite Martin du 20 aoust

Prouvé par le testament de Pierre de Madaillan escuycr s' du Cauze (son père) du 9" septembre 1556.

PIÈCES JUSTIFICATIVES ^-j-j

Prouvé par son contrat de mariage en date du 2" février 1528.

4. — Lettres de décharge en faveur de Jean-Baptiste de Madaillan

Louis par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre à nos amez et féaux conseillers les gens tenans nos Cours de Parlement et des Aydes a Bordeaux, Présidents Trésoriers de France et généraux de nos finances audit lieu, Salut.

Nostre cher et bien amé Jean de Madaillan chevalier de Tordre militaire de Saint-Louis, capitaine de grenadiers au régiment d'infanterie de Nivernais nous a fait remonstrer que par nostre édit du mois de décembre mil six cent quatre vingt douze nous aurions confirmé les lettres de réhabilitation enregistrées dans les Cours des Aydes depuis l'an mil six cens en payant par ceux qui les ont obtenues les sommes pour lesquelles ils seront taxés par les rolles de nostre Conseil. Que l'exposant et Henry Cœsar de Madaillan son neveu ont en exécution de nostre dit édit esté taxés chacun à la somme de mil livres pour confirmation des lettres de réhabilitation accordées le vingt six juillet mil six cens cinquante neuf à Pierre et Hélie de Madaillan frères leurs père et ayeul enregistrées a la Cour des Aydes de Guyenne le vingt huit mars mil six cens soixante un. Laquelle taxe a esté payée pour ledit Henry Cœsar de Madaillan par Marguerite de Laguehay veuve de Jean de Madaillan sa mère et tutrice ez mains de Jean de Lespinasse chargé du recouvrement desdites taxes qui luy en a fourni une quittance des

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revenus casuels du \ingt juin loys pour en conséquence jcniir de ladite confirmation conformément a nostre dit édit. Mais comme IKxposant est hors d'estat de satisfaire pour sa part a ladite taxe par les dépenses qu'il a esté obligé de faire depuis plus de vingt sept ans pour s'entretenir a nostre service, Il nous auroit fait supplier le vouloir descharger de ladite taxe et des deux sols pour livres d'ycelle en considération de ses services et ordonner que luy et ledit Henry Cœsar de Madaillan son neveu leurs enfants et postérité demeureront contirmez dans leur noblesse conformément aux dites lettres de réhabilitation accordées a leurs auteurs en mil six cens cinquante neuf. A quoy ayant égard nous l'aurions par arrest de nostre Conseil du vingt troisiesme jour du mois de juin dernier deschargé de la taxe pour laquelle il a esté compris ez roUes arrestez en nostre dit Conseil pour confirmation des lettres de rehabilitation ensemble des deux sols pour livres de ladite taxe, ^•oulant que ledit Exposant et Henry Cœsar de Madaillan son neuveu soient tenus et reconnus pour confirmez en leur noblesse conformément aux dites lettres en vertu dudit arrest pour l'exécution duquel nous aurions ordonné que toutes les lettres nécessaires seroient expédiées lesquelles ledit Exposant nous a très humblement fait supplier luy vouloir accorder.

A ces causes de l'advis de nostre Conseil qui a veu ledit arrest du vingt trois juin dernier cy attaché sous le scel de nostre chancellerie, mettant en considération les longs services dudit exposant dans nos armées durant vingt sept ans tant en qualité d'ingénieur que de capitaine des grenadiers du régiment de Nivernais ou il a l'ait parroistre beaucoup de valeur, de courage et de conduite ayant reçeu au siège de Namur un coup de mousquet au travers le corps et plusieurs autres blessures, comme aussy les services de ses prédécesseurs et notamment de deffunt Jean de Madaillan son oncle marcschal de nos camps et armées et gouverneur de Philippeville, Nous l'avon.s deschargé par ces présentes signées de nostre main et deschargeons Je la taxe pour laquelle il a esté compris ez roUes arrestez en nostre Conseil pour confirmation dosdites lettres de réhabilitation ensemble des deux sols par livres de ladite taxe, ^'oulons que ledit Exposant et Henry Cœsar de Madaillan son neveu soient tenus et reconnus pour confirmez en leur noblesse conformément aux dites lettres en vertu dudit arrest. Sy vous mandons que ces présentes vous ayez a faire registrer et du contenu en ycelles jouir et user ledit sieur Exposant et Henry Cœsar de .\ladaillan

son neveu plainement et paisiblement cessans et faisans cesser tous troubles et empeschements au contraire, car tel est nostre plaisir.

Donné à Marly le vingtiesme jour d'aoust l'an de grâce mil sept cens cinq et de nostre règne le soixante troisiesnie.

Louis.

Par le Roy, Chamillart.

Registrées ez registres de la Cour des Aydes et finances de Guyenne en conséquence de l'arrest d'ycelle du xx"]" mars 1706 pour jouir par l'Impétrant et son Nepveu du contenu desdites lettres conformément à la volonté de Sa Majesté.

Moy greffier en chef soubsigné a Bordeaux ledit jour.

Pasrade (i).

Lettres et bulletins adressés au grand Condé, pendant les campagnes de 1673-1674, par Jean-Baptiste de Madaillan, gouverneur de Philippe ville. Copies transmises au nom de Mgr le duc d'Aumale, par M. G. Maçon, archiviste de Chantilly (2).

Philippeville, 21 août 1673.

Monseigneur, je m'appliqueray très soigneusement à ce que V. A. S. me fait l'honneur de m'ordoner, et j'aurois desjà satisfait au premier ordre qu'elle m'a doné, si pour la seureté je n'atandois la voye de M. de Montai. Je m'estimerois heureux, monseigneur, si je pouvais tesmoigner à V. A. S. que je veus avoir l'honneur d'estre toute ma vie avec la dernière soumission, son très humble et très obéissant serviteur.

1. Les originaux de tous les documents relatifs à la réhabilitation, dont nous avons transcrit les plus importants, se trouvent aux archives de la famille de Madaillan.

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