‹ Histoire de la maison de Madaillan, 1076-1900Chapitre 304 sur 327 · Fumay · texte numérisé non relu

Fumay

^8S I A MAISON ni: madaim.an

aussy à \'. A. S. que- le bruit estoit qu'ils alloient à Mouzon, et un des hommes que je tiens à Dinan pour me donner advis de tout, m'escrit qu'un commissaire s'enquestoit fort du chemin de Fumay. l.cs Impériaux ont pris douze guides à Dinant.

Je receus hier au soir celle que V. A. S. m'a fait l'honneur de m'escrire du dixiesme juillet. J'ay l'honneur d'escrire tous les jours à S. A. S. je ne scay si mes lettres luy sont rendues. Je me servirai des deux voyees qu'elle m'ordonne pour luy faire tenir mes lettres.

Fhilippeville, 12 juillet i(>74.

4 lieures aprijs midi.

Monseigneur, j'envoye à V. A. S. la coppie d'une lettre qui vient de m'estre escrite du costé de Givet. Je ne scay pas monseigneur sy la chose sera véritable, mais j'a\'me beaucoup mieux manquer de cette façon qu'en n'informant pas V. A. S. de tout ce que j'apprendray.

Je suis surpris de n'avoir aucunes nouvelles de Dinan parce que je suis assuré que les gens que j'ay dans ce lieu là n'ont pas manqué de m'escrire comme ils faisoient tous les jours et il faut que les messagers aycnt esté pris et cela me faisoit croire que les ennemis ne veulent pas qu'on sçache qu'ils passent sur la Meuse et qu'ainsy ils auroient dessein d'y revenir; mais nous le pourrons sçavoir par différens partis que nous envoverons.

Philippeville, i: juillet 1(174.

minuit.

Monseigneur, j'av eu l'honneur d'escrire à V. A. S. que l'on m'avoit donné advis que l'on menoit du pain par batteaux à Givé et que l'on y devoit cuire du pain ; j'ay fait du depuis toutte dilligcnce pour sçavoir si cella estoit, et cclla m'a esté confirmé par des gens bien affidez et assurez pour avoir veu monter les batteaux ; mais le pain qu'on mène est cellui qu'on fait à Namur et comme j'ay voulu sçavoir à quel desseing on menoit le pain à Givc ; on m'a dit que c'estoit la difficulté qu'il y a pour le charroy de Dinant à l'armée et que de CAvc il estoit facile et que mesmes aujourd'hui les charriots qui tstoient partys de

Dinant pour l'armée n'y avoient peu arriver, et qu'il avoit fallu que la cavalerie soient venue prendre le pain en chemin. On m'a confirmé aussy l'ordre qu'il y avoit de cuire du pain à Givè, je ne scay si la difficulté de la voyture est la seulle raison qui leur fait mener le pain à Givè.

L'homme que j'avois hier à l'armée m'escrit de Dinant que le prince Pio dit hier que les rebelles de Hongrie ont assiégé la ville capitalle du Royaume et que les mauvais accueil du comte de Monterey seroit la cause de quelque mauvais service ; ce sont ces propres termes. Il m'escrit aussy que l'on croit que l'armée restera quelque temps où elle est.

Philippeville, 13 juillet 1674.

10 heures du soir.

Monseigneur, j'an eu l'honneur de faire sçavoir aujourd'huy à V. A. S. que les Impériaux estoient encor dans les quartiers qu'ils ont pris sur la rivière de Lèches et qu'on leur menoit du pain à Givè par batteaux et qu'à Givè on y cuisoit aussy du pain. On leur a mené ce matin de Givè cent cinquante charriots chargez de pain.

Il y a eu quelques partys des leurs qui ont passé aujourd'hui en deçà. Un païsan vient de me dire tout présentement qu'ils ont marché aujourd'hui et sont allés à Miroir du costé de Saint-Hubert; mais je ne crois pas cella et je ne dis cecy à V. A. S. que pour luy rendre compte de tout. J'en sçauray bientost des nouvelles as^eurées par des gens que j'ay qui les observent et je ne manqueray d'en donner advis à V. A. S. en toutte dilligence.

P. S. — Comme j'allois fermer ma lettre le mesme homme m'a escrit que l'on avoit détaché de l'armée 17 hommes par compagnie pour faire des courses et qu'il croit que c'est pour aller, partie du costé de Sedan, et l'autre entre Sambre et Muze ; et d'un autre costé on vient de m'escrire qu'il y a desjà cinq ou six cens chevaux à Givé. J'ay donné advis de tout à M. le marquis de Rochefort et à M. de la Hilière.

Philippeville, 16 juillet 1674.

Monseigneur, j'envoye à V. A. S. la coppie de trois lettres... [chiffre]... m'escrit aujourd'hui, que j'ay veues pourtant toutes à la

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fois... [chiffre]... 53- la chose estoit comme il le dit dans sa troisiesme. Je supplie très humblerhcnt V. A. S. de me faire l'honneur... [chiffre]... V. A. S... [chiffre]... assurant V. A. S... [chiffre]... mon devoir.

P. S. — Depuis que ma lettre est partie et dans le temps que j'allois faire partir ce duplicata, on m'a envoyé un billet dont en voici la coppie ; et par un autre endroict on m'a envoyé un exprès pour me donner advis du descampement et de la marche des Impériaux.

19 juillet 1674.

0 heures ilu soir.

Monseigneur, je viens de recevoir un advis asseuré que les Impériaux ont décampé de Dinan et se sont reformés vers Givet ayant pris la mesmc route qu'ils ont tenu quand ils sont venus des environs de Givé à Dinan. J'en aurois esté adverty plutôt sans que l'home qui m'est venu advcrtir a voulu marcher avec eus quelque temps pour estre asseuré de quel costé ils tournoit. Je l'ay renvoyé ausitot sur leur marche pour savoir ce qu'ils fairont demain. Ils ont laissé seulement cent vint homes dans le chasteau de Dinan et le gouverneur qui y estoit y reste tousjours avec sa garnison; mais on y a laissé un capitaine avec ordre de comander les Alemans et c'est par ordre de M. l'Electeur de Cologne que le gouverneur a receu cette garnison : on n'en a point mis dans la ville. On dit qu'ils en fairont autant à Bouillon. J'ny donc advis de tout cecy à M. le duc de Luxembourg.

P. -S. — Depuis ma lètre escrite on vient de me dire que les ennemis doivent mètre garnison dans le château de Hierge qui est à une lieue de Charlemont en dessa de la Meuse.

21 juillet 1674.

t heures après midi.

Monseigneur, je viens d'avoir advis que les Impériaux ont décampé ce matin a cis heures, qu'ils ont marché droit à Chyney (i) et qu'ils ^ ont aujourd'huy à Perwez et Havelangc tirant vers lluy où on dit

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