‹ Histoire de la maison de Madaillan, 1076-1900Chapitre 8 sur 327 · DISTINCTION QU'IL FAUT ETABLIR ENTRE LES MADAILLAN ET LES DU FOSSAT · texte numérisé non relu

DISTINCTION QU'IL FAUT ETABLIR ENTRE LES MADAILLAN ET LES DU FOSSAT

ous voilà en présence de quatre seigneuries du même nom, dont trois ont appartenu aux Madaillan. Vouloir aussi leur l[ attribuer la quatrième, en les confondant avec les du Fossat, et faire une seule et même famille de ces deux familles illustres est une présomption trop généreuse. Elle peut paraître séduisante, au point de vue héraldique, et tenter les fervents du blason, mais le souci de la vérité exige que cette hypothèse soit repoussée. 11 importe de dire pour quels motifs principaux et péremptoires.

Si l'obscurité la plus complète couvre le berceau des Madaillan, celui des du Fossat est loin d'être en pleine lumière. D'ailleurs l'oi'igine des familles aussi anciennes que celles-là est toujours ténébreuse. Cependant, il paraît vraisemblable que les du Fossat ont tiré leur nom et leur point de départ du bourg de Fossat à Aiguillon '< Burgo seti Castro de Fossato » ainsi désigné dans les lettres d'Edouard III au sénéchal d'Aquitaine (i).

Toute précision étant impossible, il faut les suivre à Madaillan dont ils fondent le château vers le milieu du xiii" siècle. Leurs prétentions sur certaines paroisses de la juridiction d'Agen, leurs usurpations (2) soulèvent de graves conflits avec les consuls de cette ville. Ce fut là le point de départ d'une longue lutte et la source du grand procès engagé, au commencement du siècle dernier, entre les tenanciers de

1. Bertrandy^ Elude sur les Chroniques de Frolssart, guerre de Guiennej d'après Mss Bréquigny, 28, f» 2(55.

2. Arch, hist. de la Gironde, t. vin, p. 267. Enquête des usurpations commises sur Je domaine du roi en Agenais communiqué par M. Tamizey de Larroque.

LA MAISON- Dt MAUAILLAN

Madaillan et le duc dAiguillcn d). Au cours de ce procès, qui dura trente-cinq ans, les d'Albert de Laval eurent à défendre leur baronnie de Madaillan revendiquée par le duc et même saisie réellement à sa requête en 1712 (2).

C"est seulement en 12S5 que le titre de seigneur de Madaillan est attribué aux du Fossat (3). En 1318, Amanieu du Fossat affirmait que les paroisses litigieuses avaient appartenu de temps immémorial à ses auteurs: que son Madaillan était la plus vieille baronnie de l'Agenais. Les consuls, au contraire, dans une requête à Edouard II, roi d'An- K gleterre «r par la plus sanglante dérision, prétendaient que le château « de Madaillan était d'origine moderne. D'après eux, la tradition » encore vivante disait assez que ce n'était, il n'y a pas longtemps, -r qu'une pauvre maison couverte de chaume : qiiod dictuni castcllum f. de Madalhûiw non consucvit esse castrnm, sed adhuc existit nie- " maria qiiod non erat ibi nisi qucdam doniinicnla paliaris » (4).

A l'époque où les du Fossat disputaient ainsi avec les consuls d'Agen et se voyaient contester l'ancienneté de leur baronnie, les Madaillan étaient, depuis longtemps déjà, les véritables barons de Madaillan. Leurs droits sur la Sauvetat et Sainte-Livrade étaient incontestés et ces deux baronnies furent alors dénommées l'une et l'autre Madaillan- Vieux eu égard au nouveau provenant de l'usurpation des du Fossat.

En 1271, au moment de la prise de possession de l'Agenais au nom du roi de France, les du Fossat étaient co-seigneurs d'une partie de Sainte-Livrade avec les Madaillan ; mais sans être confondus avec eux, ainsi que le constate l'hommage des consuls de cette ville : » De castro « de Sancta-Liberata. — Xoverint universi qiiod consnles de Scincta >(. Liberata, diocesis Agenensis in bajiilia Villenove prope Isses... » jitravenint ftdelitatem domino régi... rocognovernnt etiam, quod " quarta pars domina dicte ville pro indiviso est proprietas doniini " régis et alia qiiarta pars est doniini Amancvi de Fossat is et domini

I. Nous n'avons pas à nous occuper .spcci.ilemcnt de ce procès célèbre dont on peut suivre, avec intérêt, toutes les péripéties, dans l'ouvrage de M. G. Tolin : Ville lihre ri h-trons, où il en donne une remarquable analyse.

t. Mémoire déjà cité. La baronnie de Madaillan de la Sauvetat était encore fort importante au début du xviii' siècle. Elle comprenait douze paroisses dont nous donnerons ailleurs la nomenclature

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