Lettres missives, t. viii, p
Montataire de venir le joindre avec sa compagnie aussitôt qu'il aura conduit le prince de Condé à Saint-Germain-en- Laye et plus tôt si c'est possible.
Le i8 août 1597, ill'invite à venir le trouver au camp, devant Amiens. Le 20 mars 1599, il lui annonce qu'il l'a choisi, ainsi que le sieur de Ris, conseiller d'Etat, pour commissaire de l'exécution de l'Edit de Nantes dans les provinces de Poitou, Angoulême et Lamarche.
Dans une lettre du 24 mai 1582, qui fut portée à M. de Montataire par le chambellan du prince de Condé celui-ci lui confie ses intentions et l'assure qu'il le considère comme un de ses meilleurs amis « du quel il fait très sûr état. » Le 5 juin de la même année, il lui écrit encore et signe : « Votre affectionné « et meilleur ami, Henry de Bourbon. »
VoiU\ l'homme de guerre et les témoignages qui lui sont rendus. On peut s'étonner après ça que Jean de Madaillan avec sa naissance, sa brillante valeur et de si hautes amitiés, ne soit pas arrivé à de plus grands emplois. 11 ne faut point perdre de vue, qu'à l'époque où il a vécu, la question religieuse dominait toutes les autres et qu'à moins d'être prince du sang, ou de s'imposer par les intrigues de cour, un gentilhomme huguenot, même sous Henri IV, malgré l'édit de 1598 et les sympathies personnelles du souverain, était tenu éloigné des charges importantes et des plus hautes dignités. Henri lui-même n'aurait jamais été roi de France s'il n'avait pas abjuré. C'est ce que lui avait prédit Henri III, au moment de mourir. Or, Jean de Madaillan resta inébranlable. 11 lui parut impossible d'embrasser la religion de ceux contre lesquels il avait tant guerroyé.
L'atiachement qu'il avoit pour le parti huguenot empêcha son élévation dans la suite, car Henry IV s'étant converti, il quitta la Cour. ... Et quoique le Roi eut eu la bonté de lui offrir de le faire Chevalier de ses Ordres, et plusieurs autres avan-