‹ Histoire de la maison de Madaillan, 1076-1900Chapitre 89 sur 327 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

de la Maugendrière, à nous deubz et escheuz. à cause de nostre dicte barronnye de Craon, par le décès du feu sieur de Chauvigny duquel ils sont héritiers par bénéfice d'inventaire, réservé le droict de nos fermiers. Lesquels droictz et

debvoirs, pour ce qui nous en peult appartenir nous avons remis et quittés

et d'iceux faisons don aux dicts sisur et dame de Montataire, deschargeant

comme nous deschargeons les dictes terres des saisies et arretz faicts d'icelles;

dont du tout nous vous mandons et très expressément enjoignons leur bailler plaine et entière main levée, car telle est nostre intention. Donné à Paris le quinziesme jour de mars mil six cens quatre.

Signé : C. de La Trémoille.

Par Madame la Princesse, signé : Guilleminet et scellé en placard de cire rouge (i).

En 1610, après la mort du roi, le prince de Condé se trouvant dans une situation délicate et ayant une grande confiance dans la loyauté et l'expérience de M. de Montataire lui demanda de le mettre en rapport avec Sully (2).

Par deux brevets de 161 1 et 1614, le jeune Louis XIII, « de « l'avis de Madame sa mère » et en mémoire des services rendus à son père, peut-être aussi pour acheter sa neutralité, lui donna huit milles livres de pension (3).

Mais Jean de Madaillan n'allait plus à la Cour. 11 s'était retiré à Montataire et n'en bougeait plus. Comme Sully, comme Bassompière, comme tous ces vieux types d'un autre règne, restés habillés de cuir et de fer quand on ne se vêtissait plus que de soie et de velours^ loin d'oublier son vieux roi assassiné, il se sentait pris pour lui d'une affection toujours croissante et qui finissait par devenir une sorte de culte. Ce sentiment pieux, exclusif, passionné, partagé, à cette époque par une partie de la noblesse française, était augmenté et par la mémoire des aventures de guerre, des dangers courus ensemble, et par le contraste absolu que présentait avec la cordialité pleine de rondeur de ce bon roi, le caractère de son fils, ce mélancolique jeune homme, à la figure impassible, à l'humeur défiante et aux manières glacées (4).

1. Coiniiiuniqué par M. G, Maçon, archiviste de Chantilly. Sur Jean de Madaillan et Judith de Chauvigny, consulter, B. N. Madaillan, Pièces originales, ibid., 20, 21, 24, 28, 30, 32, 53.

2. Baron de Condé, ihid., p. 317. — Et Mémoires de Sully, t. vni, p. 82.

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