REQUÊTE
Votre plus grand bonheur, c'est d'encourager l'art, D'offrir au débutant à son point de départ
Une main pure et franche, Lui permettant d'aller franchement de l'avant, Confiant en sa foi, croyant en son talent
Vers la colline blanche !
Le sculpteur inspiré trouve un sujet nouveau Et le marbre renaît, sous son jeune ciseau.
Serait-ce un Michel-Ange ?
Pourquoi pas ? Le génie, un don du ciel tombé, Révèle à l'univers un enfant ignoré
Qui grossit la phalange. . .
Le peintre s'enflammant veut l'avenir réel,
Il rêve aux grands anciens : Murillo, Raphaël...
Puis aux riches modernes.
Mais qu'ils sont loin, ceux-là, des anciens si puissants ! Les vieux faisaient de l'art, eux sont des commerçants.
Les affreuses badernes !
C'est encore un rêveur que ce gentil blondin. Qui paraît écouter quelque rythme lointain,
Un fervent de musique ; Meyerbeer et Schumann, voilà ses professeurs.. . Et ses productions n'auront pas tant d'honneurs.
La gloire est tyrannique !
Mais que veut celui-ci ? ce dément, ce rêveur ?
Quels mots murmure-t-il ? Amour. . . beauté. .. mon cœur !
Dieu que cet être est bête !
Halte-là, taisez-vous ! Et mettez chapeau bas. Ce rêveur, ce dément, on ne l'insulte pas :
Saluez le Poète !
Et par vos bons conseils vous guidez ces esprits, Ces gloires de demain ne réclament pour prix,
De leur belle vaillance Qu'un souvenir aimant, fidèle, indéfini.
C'est ainsi qu'on devient. Prince, le grand ami
Des artistes de France !. . .
Cheminadour.
Février 1893.
— yo — Voici un curieux acrostiche qui est dédié au prince Guy