‹ Histoire de la médecine arabe (volume 2)Chapitre 202 sur 239 · ARMENGAUD · texte numérisé non relu

ARMENGAUD

Armengaud, dit aussi Ermengard, en latin Armengandus était un médecin de Montpellier, qui fut attaché à Philippele-Bel, et vécut sur la fin du XIIIe siècle. Ce fut probablement à Montpellier, auprès des Juifs, qu’il put apprendre l’arabe, car ses traductions nous sont données comme procédant de cette langue. Nous en connaissons trois, celle du Colliget, des Cantica ou Ardjouza d’Avicenne, et les commentaires d’Averroès sur ce dernier ouvrage.

M. Renan dit qu’il n’a aucun renseignement sur la traduction du Colliget. Il fait remarquer, ce qUe nous avons observé aussi, que le Ms. de l’Arsenal porte : translatus de arabico, et il conclut des mots arabes conservés dans le texte que cette traduction fut faite de l’arabe et non de -l'hébreu.

Cette traduction se trouve dans certaines éditions avec le Cantique d’Avicenne et les Commentaires d’Avèrroès sous l’attribution collective à Armengaud, ce qui nous semble attester une commune origine.

Nous reviendrons ici sür un lapsus de l’article Averroès. Il faut lire : L’absence du G intercalaire atteste qu’elle n’a pas été faite en Espagne. Du reste, les termes techniques sont étrangement défigurés, mais il faut avouer que beaucoùp d’altérations doivent être mises sur le compte des copistes. Bien des noms sont donnés en arabe, avec l’article al. Parfois on trouve la lettre Et en tète du mot, ce qui semblerait annoncer une provenance de l’hébreu, ou plutôt une influence de l'hébreu. Il est probable que le traducteur se fit aider à Montpellier par des Juifs.

Quant aux traductions du Cantique et de son commentaire, par Averroès, leur attribution à Armengaud ne comporte aucune difficulté.

Ajoutons qu’on lit Armeügando Blasii et non Blaeio,

comme on le trouve maintes fois chez les modernes, ce qui nous donne le nom de son père. (Huet écrit aussi Blasii).

Enfin Armengand traduisit De sanitaie de Maimonide (B. Bodl. n° 974).

ARNAÛLD DE VILLENEUVE.

Il naquit vers le milieu du XIII8 siècle, dans une de ces nombreuses localités du nom de Villeneuve, sur laquelle on n’a pu, jusqu’à présent, s’accorder. (1) Après avoir longtemps séjourné à Paris, il habita Montpellier, où il apprit la médecine, dans laquelle il se fit une réputation européenne. Il visita ensuite l’Italie et l’Espagne, où il apprit l’arabe. En 1285, il était appelé par le roi d’Aragon. En 1308 il était à Avignon chez le Pape Clément V.

La hardiesse de ses opinions lui suscita des poursuites. Il dut quitter Paris et alla trouver un asile en Sicile chez le roi Frédéric II d’Aragon. Appelé par le Pape en 1309 ou selon d’autres en 1313, il mourut eu route.

Arnauld écrivit beaucoup, mais des ouvrages peu étendus. On connaît son goût pour l’alchimie et l’astrologie.

Nous nous occuperons seulement ici de ses traductions de l’arabe.

De rigore, jecticatione et spasmo, de Galien.

De viribus cordis, d’Avicenne. Cet ouvrage, ainsi que le précédent, sont datés de Barcelone.

De ligaturis physicis, de Costa ben Luca.

Cet ouvrage a été attribué à Galien, et les Juntes l’ont inséré dans leur Ve volume. Nous croyons qu’il faut le restituer à Costa ben Luca, et même nous croyons le voir dans le dernier n° de la liste d’Ebn Abi Ossaïbiah. On pourrait bien traduire, d’après le Ms. de Paris : Livre des Définitions, suivant l’avis des philosophes. Mais nous croyons qu’il faut lire Djadoül, au lieu de Houdoud, noms qui se ressemblent dans l’écriture arabe, et traduire : Des Amulettes. Dans cet opuscule adressé à un de ses amis, Costa expose les réactions

(1) Le qualificatif Catalamus se lit cependant dans les Mss.

GRÜMER DE PLAISANCE ET ABRAHAM, .TEAN DE MONTROYAL. 469

réciproques du physique et du moral, qui semblent autoriser le port des amulettes, et mentionne les opinions favorables à cette, opinion de plusieurs philosophes et médecins.

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