‹ Histoire de la médecine arabe (volume 3)Chapitre 10 sur 165 · ABOU NASR EL MESSIHY · texte numérisé non relu

ABOU NASR EL MESSIHY

Abou Nasr Saïd ben Abilkheir ben Issa ben el Messihy, ain.si nommé dans Ebn Abi Ossaïbiali, porte les noms suivants dans Djemal eddin: Aboulkheir ben Baka ben Ibrahim Ennily el Bagdady el Messihy, dit Ebn el Atthar. Cette dernière nomenclature se retrouve dans Aboulfaragpe. C'était un médecin chrétien, habile et renommé, jouissant de la confiance générale, et, particulièrement, de celle du Khalife Nasser lidin Allah, qui lui confiait la santé de ses femmes et de ses concubines.

Le Khalife Nasser avait la gravelle. En l'année 508 de rhégrire, 1201 de notre ère, un calcul se forma dans sa vessie, et, de guerre lasse, il se décida à subir l'opération de la taille, et s'enquit d'un chirurgien capable de la pratiquer. On lui désigna un certain Ben Akâcha. Celui-ci se prononça pour l'opération, mais, auparavant, il voulut avoir l'avis d'El Messihy, qu'il appelait son maître, et qui était déjà vieux. Après s'être bien informé de la maladie et du malade, Abou Nasr el Messihy, auquel le Khalife s'abandonna complètement, voulut, préalablement, essayer d'un traitement par les boissons et les huiles émoUientes, avant de recourir à l'opération de la taille. Le Khalife rendit un calcul do la grosseur d'un noyau d'olive et se trouva délivré. Aussitôt, les cadeaux plurent sur Abou Nasr el Messihy, tant de la part du Khalife que de la part de sa mère, de ses enfants et de tout son entourage. L'argent qui lui fut adressé se montait & vingt mille dinars, soit une somme de trois cent mille francs, sans compter les autres présents.

Abou Nasr el Messihy mourut plein de jours, eu l'année 008 de l'hégire, 1211 de l'ère chrétienne.

Il laissa un livre intitulé El Iqtidhab, par demandes et par réponses.

TOMF II. :i

34 HISTOIRE DE LA MÉD£CIK£ ABABE. — LIVRE CIKQUIÈMC.

ABOD ALI BEN ABILKHEIR EL MESSIUY.

Abou Ali, fils d'Abou Nasr, suivit aussi la carrière paternelle, mais avec beaucoup moins d'ardeur. Tant que vécut son père, il fut en faveur, et même on lui confia la direction de l'hôpital, probablement El Adhedy. Quand son père mourut, son crédit baissa et ses désordres achevèrent sa ruine. Enfant prodigue, il dépensait son héritage avec des femmes. Une aventure qui lui arriva fit beaucoup de bruit, car on noua en a donné la date précise. Le vendredi 11 du mois de Raby !«% qui nous paraît répondre au 16 mai, en l'année 1220, on trouva chez lui une maîtresse musulmane du nom de Setti Charaf. On l'arrêta, et il ne craignit pas de dire qu'il avait reçu chez lui beaucoup d'autres musulmanes attirce;^ par ses richesses, entre autres, la femme de l'intendant du trésor. Les deux femmes furent conduites à la prison des prostituées, et Abou Ali fut condamné à une amende de six mille dinars, soit quatre-vingt-dix mille francs.

MAHFOUTH EL MESSIHT.

Nous trouvons dans le Kitab el hokama le nom de Mahfoudh ben Issa Aboul 01a ben el Messihy, médecin chrétien, vivant en l'année 559 de l'hégire, 1163 de l'ère chrétienne. C'est tout ce que nous en savons» si ce n'est qu'il habitait l'Irak.

EBN SEDID.

Aboul Hasscn Ali ben (Mohammed ben Abdallah dit Ebu Sedid (ou Sedir), d'un sobriquet de son père, était de Madaïu, où il mourut subitement eu GOO (1200). C'était un bon médeeiu et un poète.

iuâk. 35

EBN EL MOUAMMIL.

Aboul Hassan Saad ben Hibat Allah beii ol Mouammil el Hadhiry n'a pas de place dans certaines copies d'Ebn Abi Ossaïbîah. Aboulfaragpe a reproduit la notice donnée par Djemal eddin dans le Kltab el hokama.

C*était un chrétien de Bagdad, qui fut attaché au service du Khalife Nasser, auprès duquel il jouissait d'une grande considération. Il passait pour un médecin accompli. Il composa un traité théorique et pratique dont le titre, Essafoua^ indique un choix dans les doctrines et les faits de médecine. On fait observer qu'il y traite de la circoncision pratiquée à Bagdad par les médecins, et que cela parut une nouveauté. Il mourut en 591 de l'hégire, 1195 de notre ère.

ABOULKUKIR L*ARCIIIDIACRE.

Aboulkheir, l'archidiacre, était le frère du précédent, et ces deux frères en avaient un troisième, connu sous le nom d'Ëbn el Messihy, qui fut Catholicos^ c'est-à-dire patriarche de la communion nestorienne. Aboulkheir étudia la médecine sous Amin Eddoula, auquel son père vint le présenter, dès sa première jeunesse. Il devint lui-même un médecin émincnt, et composa sous le titre El Iktidhab^ une sorte de paraphrase des généralités du canon d'Avicenne, dont il donna plus tard un abrégé.

EBN KL MARESTANYA.

Abou Bekr Abd Allah ben Abilfaradj Ali ben Nacer bon Hamza, dit Ebn el Marestanya, ou le fils de l'hospitalière, fut attaché à l'hôpital El Adhedy, dont il composa l'histoire. 11 mourut en 509 de l'hégire, 1202 de notre ère, et passait pour un savant médecin et un bon praticien. Cependant, un fait dont nous allons parler ne plaide pas en sa faveur*

30 HISTOIRE DU LA MÉDECINK ARABE. — LIVRU ClNl^UIÉME.

ABDESSAL^M.

Abdessalem ben Abdelkader ben Abi Saleh ben Djengfuidoust ben Abi Abdallah Eddjîly, connu sous le nom d'Errokn, n'a pas été mentionné par Ebn Abi Ossaibiali. La notice que lui a consacrée Djemal eddin a été reproduite en partie par Aboulfarape/Celui-ci lui donne le titre deflafcfm, que nous n'avons même pas trouvé dans Djemal eddin, ce qui laisse des doutes sur sa qualité de médecin. Toutefois, on nous dit qu'il était profondément versé dans les sciences des anciens. Son crédit et sa renommée lui suscitèrent des envieux.

L'un d'eux l'accusa d'impiété et de partager les opinions des philosophes. Sur un arrêt du Khalife Nasser, on le mit en prison, et on saisit ses livres pour les brûler sur une place de Bagdad. Ebn el Marestanya le médecin, dont nous venons de parler, présidait à l'exécution. Alors se trouvait à Bagdad lousef Essebty, qui fut témoin de l'auto-da-fé, et le raconta plus tard à son ami Djemal eddin. Ebn el Marestanya prononçait l'anathème sur les philosophes, sur Abdessalem et sur ses livres, les prenant un à un et les livrant aux exécuteurs pour être jetés dans les flammes.

Etant tombé sur un livre d'astronomie d'Ebn el Heitsam, il renouvela ses anathèmes, le déchira et le donna pour être jeté au feu. Je vis là, dit lousef, sa sottise et son ignorance, car l'astronomie, loin de conduire à l'incrédulité, conduit à la foi. Abdessalem fut élargi en 589 (1193), et vécut encore longtemps après.

EBN EDDJOUZY.

Aboulfaradj Abderrahman ben Ali Djemal eddin ebn ed Djouzy naquit en l'année 508 (1114) ou 510 (1116) et mourut 0^597 (1200). Il habitait Bagdad. C'était un homme passionné pour toutes les sciences, sur lesquelles il écrivit de nombreux ouvrages. Il était versé dans la connaissance des tra-

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