JEAN DE BRESCIA ET PROFATIUS
Nous les connaissons par une traduction du traité de l'astrolabe d'Azarchel, qui existe au n° 7195 sous ce titre : Liber tabulsB qusB nominatursapheapatrisIsaac(AbouLshaq) Arzachelis, translatus de arabico in latinum Anno D. N. J. C. 1263, profatio gentis. hebreorum vulgarisante, et Johanne brisciensi in latinum reducente.
Voilà encore un exemple de traductions à deux.
Quant à Profatius, nous le connaissons par Pits, qui lui consacre seulement deux lignes. C'était un juif, né en Angleterre, qui florissait vers l'année 1260, et qui laissa un traité sur le mouvement de la VHP sphère.
Un n" de la Bodléienne, 1026, porte ceci : Tractatus de novo quadrante M. Profacii judei Marsiliensis sapienti Aaroni in monte pessulano dedicatus, anno 1293.
RAYMOND DE MOXCADE.
Il en est question dans la Bibliothèque espagnole du père Antonio, qui le place auXIIP siècle. Il traduisit un fragment du Coran, qui se trouve au n" 3671.
Cette traduction est dédiée à Frédéric duc d'Urbin, qui la lui avait demandée, est-il dit dans le prologue, et sous la recommandation du cardinal de Melii.
Ce qui est étrange, c'est que la sourate du pèlerinage est annoncée, Surathil Hagi Machumeti traductio, et que noud trouvons la sourate qui la précède, celle des prophètes.
Tel est un spécimen de cette traduction :
In nomine Dei démentis et misericordis.
PATAVINU8 RT LE TRIS8IR d'aVRNZOAR. 473
Propinquum est hominibus judicium eoruiii. Ipsienim in iram cecideruDt. Nihil perveuit ad eos recordationis Dei eorum, etc.
Nous rencontrons ensuite: Kt quod dedimus Moysi et Aaron, etc.
Moncade est qualifié de gruerrier et de docteur ès-arts.
PATAVINUS ET LE TEISSIR D*AVENZ0AR.
Le nom de ce traducteur n*a pas toujours été donné sous cette forme. On a écrit Pataviciua etParavicini. Selon toute probabilité, ce nom n*est qu'un surnom du traducteur, né sans doute à Padoue, qui fut un centre d'études arabes.
Gomme tant d'autres de ses émules il ne nous est connu que par ses écrits. Il fut aidé dans son œuvre par un juif du nom de Jacob, nom qui futporté par bien des juifs du moyen âge, écrivains ou traducteurs de l'arabe. Malgré que la mention n'en soit pas faite, il ressort de l'inspection de cette traduction qu'elle fut faite d'après l'hébreu. Jacob traduisait en langue vulgaire, sans doute en italien, et Patavinus rendait en latin, collaboration dont nous avons h signaler tant d'exemples.
Tel est du reste l'explicit de l'édition donnée par les Juntes, à Venise, en 15r>l.
Completus est Liber Thcyscir el mudanar (l), editus in arabico a discreto viro Abymeron..., translatus venetiis ab hebraico in latinum a Magistro Patavino physico, ipso sibi vulgarisante Magistro Jacob hebreo in medicina et aliis scieutiis plurimum erudito, currente Anno D. J. C. 1281, 21 Augusti, Ducante Joanne Dandolo, sui ducatus anno secundo, Anno Arabum 070.
Nous avons une légère erreur dans le chiffre de l'année. Il faut évidemment écrire 1280, année qui concorde tant avec le dogat de Dandolo, qu'avec l'année arabe. Du reste la date 1280 se produit ailleurs.
(1) Le titre doane: Liber Theizir dahalmodana va haltadabir cu- JuB 681 interpr«tatio rtctiAcatio medicationis et regiminis, editus in arabico a perfecto viro Abimeron Abvn Zoaliar.
474 HISTOIRE DE tk MÉDRCIKE AKABR. — LXVRR HUITIÈME
DanB Tarticle Ayenzoar nous avons déjà fait remarquer des inexactitudes dans <sette traduction. Il ne faut pas s'en étonner, puisqu'elle n'est que de deuxième main.
On a imprimé à la suite du Teissir un traité des fièvres qui nous semble tout bonnement faire partie du Teissir lui» même. Il se peut qu'on l'ait regardé comme indépendant, le n*" 1028 du fonds arabe de Paris contient le Teissir, qui se termine par les fièvres. Nous en dirons autant de l'opuscule intitulé De curatione lapidis, que les Juntes ont cru devoir imprimer parmi les Spurii de Galien.
Quant à l'Ântidotarium, il se trouve dans le texte arabe du n" 1028, après les fièvres. C'est, du reste, un usage assez répandu parmi les traités de pathologie arabe de se terminer par un formulaire.
Il est encore une traduction du Teissir, dont nous parlerons ici.
Elle est de Campanus, à qui l'on attribue à tort d'autres traductions notamment celle d'Euclide. Le n*6048 eu contient un exemplaire.
Dans son prologue le traducteur expose comment il quitta les ténèbres du judaïsme pour les splendeurs sereines duca«tholicisme, comment il se livra à Tétude des littératures hébraïque et latine, et comment il s'est décidé à traduire le Taysir, d'après la recommandation d'un archevêque dont nous n'avons pu restituer le nom (Bruchancuûs). Nous lisons à la fin : Explicit liber taysir medicinarum sapientis Habenzoar, translatus ex lingua hebraica in latinam, ad honorem catholice fidei et ad vite augmentum honorabilis patris et archiepiscopis brachancuûs (suit un mot obscur) Johannes humilis servus christi de campana, qui per Dei gratiam in utraque lingua peritus exstitit.
JAMROLINUS DE CRÉMONE.
Il ne nous est connu que par une traduction donnée .sous son nom au n** 0328. Tel en est l'explicit :
Explicit liber de fercuiis et condimentis, translatus in venetiî» n Magistro Jambolino(ou .lambobino) eremoncnsi ex
JAMnOtlNOS DE CRÉIfONIÏ. 4*ïï>
arabico iii latinmn, extractus ex libro GegeiiUi Alerazael, in* tituluto de cibis et mediciui» simplicibus et de potibus.
Nous n*avoDs pu jusqu'à présent reconstituer le nom de Tauteur arabe. Dans Gage on pourrait bien voir lahya, si toutefois ce nom n*est pas autrement altéré que par Tinter* calation du g qui, dans toutes les traductions faites sous rinfluence espagfnole, s'interpose entre deux voyelles. Quant & Gâ%ael nous Tigrnorons complètement. Ce travail est cependant curieux, d'autant plus que c*est le seul de ce genre que nous connaissions. Il y a bien le livre des Correct ifs de Razès, mais il traite la question des aliments en général et ne donne que rarement des renseignements sommaires sur les préparations alimentaires. On trouve encore dans le Mala iesa, le Menhadj eddokkan, etc, quelques détails mais seulement sur certains aliments et condiments.
Il est à regretter que le traducteur n'ait pas transcrit bien correctement le nom des préparations. Quelques-uns de ces noms sont très difficiles à restituer.
Nous donnerons quelques-unes de ces recettes.
Maginomaf Incide carnes in frusta, et incide melongias et accipe de adipe caudœ arietis, et pone in oUam de super modicum aceticum mûri et coque et misce cum eis modicum de croco dissoluto cum brodio ejus, deinde obtura orificium oUœ cum pasta et permitte coqui, et propina.
Rotamia (Hachis) sic fit: fac farinam de rizo et super illam in olla projice tune de lacté quantum sufficit de carnibus gailinœ minutissime incisis, et modico olei amydalarum vel nucis et coque et propina.
Sihenc (sihna) Melius ex eo est qui magis redolet, et fit sic. Incide pinguen pisces in partes minutas, et omitte eas sic tribus diehus sine saie et aliis rébus, deinde pouc eas in catino et sallias eos, et cum pistilio misceantur siugulis diebus et contundantur et quousque spinse a carne perfecte scparatm sint, deinde fortiter exprimendo permitte liumiditatem aggregari in fundo catini, quam in vase mundo repone et usu réserva. Générât autem malas liumorcs et .scabiem et sitim, et ejus nocumontum removet lac lactuce.
M. de Sary, dans Abdellatif, s'était ornipé de la silina.
mais n'en avait pas recueilli une description aussi complète.
On voit que l'auteur a soin de relater les inconvénients et les correctifs des diverses préparations. C'est ainsi qu'à propos de la chair salée et séchée, nemchesicth, il dit qu'elle ne convient qu'aux individus robustes, qu'elle nourrit peu, qu'elle engendre la colique et qu'on la corrigée par l'huile de Sésame.
Sironaf (boulettes) sic fît : Âccipe carnes et incide eas mimitissime et pasta eas cum farina et fac inde magaleones et frige eos, et propina.
Parmi les autres préparations nous citerons les cataïf^ nouilles, la keskasia (Khechkhechya) préparation de pavot ; les noix confîtes, le riz au lait, la rommanya, préparation de grenades, la sumachia^ préparation de sumac, la bière foca, la berberisia^ préparation de berberis.
Une note finale annonce que ce livre contient 83 chapitres, dont 78 consacrés aux préparations alimentaires, trois aux condiments, et deux à des doubles emplois.
Nous ne désespérons pas de découvrir Tauteur de cet écrit.