ABOU DJAFAR YOUSOUP BEN AHMED BEN KHACHDAÏ
C'était un médecin éminent, adonné à la lecture d'Hippocrate et de Galien. Né en Espagne, il se rendit en Égjrpte à l'époque du Khalife Fathmide El Amr Biahkam Allah et s'y fit un renom.
Il fut attaché à la personne du vizir Mamoun el Amry« tant que dura sa faveur. Arrêté par le Khalife en 519, ce vizir fut mis à mort en 522 (1128). C'était un ami des sciences, qu'il cultivait lui-même, et ce fut sur son invitation qu'Abou Djafar Yousef commenta les écrits d'Hippocrate.
Abou Djafar était aussi en correspondance avec son compatriote Ebn Badja.
Nous ignorons l'époque de sa mort.
Tels sont ses écrits :
Commentaire du Serment d'Hippocrate, dédié au vizir El Mâmoun. Ebn Abi Ossan)iah en fait l'éloge.
Commentaire du l**" livre des Aphorismes.
Extrait des commentaires d'Ali ben Rodhouan sur le livre de Galien à Olaucon.
Discours sur le 1*' livre du petit art de Galien.
Abrégé de logique.
EBN EL AÏN KERBY.^. , XU
Mouaffeq eddin Abou Nasr Adnan ben Nasr était origi^ naire d'Anazarbe, la patrie de DioscorideSi d'où lui vint son surnom d'Ebn el Ain Zerby.
Après avoir étudié la médecine, la philosophie et l'astronomie à Bagdad, il vint terminer ses jours en Egypte, invité par un vizir qui en avait entendu parler comme d'un habile
astronome. Ebn el Aïn Zerby fut parfaitement accueilli par le ministre et le Khalife. Non-seulement il pratiqua la médecine, mais il forma des élèves. Il avait une grande connaissance de la langue arabe et composa des poésies. Il mourut ^ en 542 (1147), laissant plusieurs écrits. / El Kafy Fitthobb. Le livre suffisant en médecine, qui existe à Paris et h Oxford. Il fut composé au Caire en 510. .
Commentaires du petit art de Galien. • ^ '
Observations de médecine.
De la rareté des bons médecins et de Tabondancc des mauvais.
Traité de logique d'après Alfaraby et Aviccnne.
Discours sur la politique.
ABOUL MODHAFFER BEN MOUARREF.
Aboul Modbaflfer Nasr ben Mahmoud ben el Mouarref étudia la médecine et les autres sciences à Técole d*Ebn el Aïn Zerby. C'était un lecteur assidu des ouvrages de philosophie, et il se fît un renom comme médecin, comme moraliste et comme poète. Il s'occupa aussi d'alchimie et il en fréquentait les adeptes. Il composa plusieurs ouvrages sur la médecine, la philosophie et l'alchimie, dont les titres ne nous ont pas été conservés.
Les livres étaient sa passion. Il en avait une grande chambre toute pleine et il y passait la plus grande partie de son temps à les lire et & les annoter et tous ces livres portaient sur les tranches des sentences, des épigraphes ayant trait aux matières qui en faisaient le sujet.
LE CIIEIHK 8EDID, CHEF DES MÉDECINS.
Aboul Mansour Abdallah ben Echcheikh Sedid se nommait proprement Cherf eddin. mais on prit l'habitude de lui donner le nom de son père Sedid, et il est resté connu sous ce nom auquel on adjoint la qualification deReys cl Athibba, chef des médecins, titre qui lui fut conféré par les Khalifes Fathmides.
Son père était aussi médecin et attaché à la personne du Khalife Âmr Biahkam Allah, qui le tenait en grrandc considération et lui payait mag'uifiquement ses services. Le fils assistait aux consultations du père, qui lui faisait pratiquer les saigfnées. En ayant un jour pratiqué une en présence du Khalife, celui-ci fut charmé de sa dextérité et rattacha dè^i lors au service du palais.
II profita aussi des leçons d'Ebn el Âïn Zerby.
Sedid était un médecin savant, connaissant les principes de son art, en cultivant toutes les branches, aussi bon chirurfifien que médecin.
A la mort d'Amr il conserva sa position sous les Khalifes qui lui succédèrent, à savoir El Hafedh, Eddaher, El Faïz et El Adhed. Il était avec eux sur le pied de l'intimité, et il e» reçut, dit-on, des présents plus considérables que n'en reçut aucun médecin de son temps. Il obtint de Saladin la mém* confiance et les mêmes faveurs. Un fait va nous prouver qu*il était dig'ne de sa fortune.
Ebn Ennaqqach se trouvant h Bagdad dans le dénûment, entendit parler de la manière dont les savants étaient accueillis en Eg'ypte. Il y vînt, et d'après ce qu'on lui raconta du Cheikh Sedid, de sa haute position, de son aménité et de sa (grandeur d'ame, il se rendit chez lui. Sedid l'accueillit avec les plus grrands égards et lui offrit une hospitalité plus large qu'il ne la désirait. Il le logea, lui affecta quinze dinars jmr mois et lui envoya une excellente mule et une belle esclave I>ourle servir. Ebn Ennaqqach jouit de cette hospitalité pendant tout le temps qu'il resta au Caire.
Sedid fit aussi des élèves. Il mourut au Caire en 502 (1105) à un Age avancé. Le Cheik Sedid n'est pas différent de Daoud ben Aly mentionné par Essafady (traduction de M. Sanguinetti. Journal asiatique, 1837), bien que ces noms de Daoud semblent l'identifier avec Sedid eddin ben Abil Bayan.
EBX EL DJAMI.
A))Oul Achaïr Ilibat Allah ben Zein eddin Mouaffoq oddin Chcms crriasat (le soleil û^s Clicûkhs), vulgairement connu
Xu
54 HISTOIBE DE LA MÉDECINE ABABB. — LIVBB CINQUIÈME.
souB le nom (TEhn Eddjami l'Israélite, naquit à Fostath.
Il étudia la médecine bTécole d'Ebn el Aïn Zerby et devint lui-même un médecin éminentetun bon praticien. Il forma plusieurs élèves parmi lesquels Sedid ben Abil Beyan. Saladin le prit k son service et Thonora de son intimité. Ebn el Djami n'était pas seulement à l'étude et à la pratique de son art, il s'occupait aussi beaucoup de la langue arabe, et ne lisait jamais, dit-on, que le lexique de Djouhary & la main.
On rapporte de lui l'anecdote suivante : Étant un jour assis devant son officine, il vit passer un brancard sur lequel on transportait un homme au cimetière. L'ayant regardé, il cria aux porteurs qu'ils allaient enterrer un homme vivant. Les gens s'arrêtèrent stupéfaits et l'un d'eux se disant qu'il wfen coûtait rien de l'entendre, lui demanda ce qu'il y avait à faire. Ebn el Djami leur dit de porter le corps dans un établissement de bains, de l'arroser d'eau chaude et de le frictionner. Lui-même lui administra un sternutatoire. Le sujet fit un mouvement, et Ebn Eddjami leur dit : il est sauvé. Ce fait parut miraculeux et on lui demanda comment il avait pu reconnaître que cet homme n'était pas mort» ne l'ayant vu que recouvert. J'ai vu seulement ses pieds, répondit-il, et ils étaient dressés : chez un mort ils sont affaissés.
Ebn Eddjami laissa plusieurs écrits.
Le livre de la Direction pour le salut de l'âme et du corps, qui existe h Paris et en plusieurs exemplaires à Oxford. Le catalogue de la Bibliothèque Bodléienne en donne le contenu. Il se divise en quatre chapitres : Introduction h la médecine, généralités, anatomie et physiologie ; Médicaments et aliments ; Traitement des maladies ; Formulaire.
Commentaires sur le Canon d'Avicenne.
Ce qu'il faut faire quand on n'a pas do médecin.
Traité du limon. Ce travail se trouve inséré dans le Traité des simples d'Ebn Beithar, d'où il a été tiré pour être traduit en latin et imprimé. Mais au lieu de l'éditer sous le nom d'Ebn Eddjami on l'a édité sous celui d'Ebn el Beithar.
Traité de la rhubarbe. Cet opuscule plus considérable que le précédent se trouve aussi reproduit in extenso dans le Traité des simples, et de tous les emprunts qu'Ebn el
Beitliar a faits à se3 devancîera : celui-ci est de beaucoup le plus considérable. Nous avons eu oecasion de rappnVier dans la traduction que nous avons faite du Traité des simples, et nous estimons qu'il mériterait les honneurs de l'impression à plus juste titre que le Traité du limon. Il y a là des renseignements sur la provenance de la rhubarbe, qui seraient encore bons à consulter aujourd'hui.
De la gibbosité.
Do la colique.
Des médicaments royaux.
Description d'Alexandrie: son air, &es eaux, ses habitants, etc.
ADOUL BEYAN ESSEDID EBN EL MOUDAOUAR.
Aboul Beyan était juif, et passait pour un médecin expé* rimenté. Il servit d'abord les Khalifes Fathmides, puis Saladin, qui lui continua ses honneurs et sa position. Dans les vingt dernières années de sa vie, affaibli par T&ge, il n'eu conserva pas moins sa pension. Cependant il continuait h pratiquer la médecine et à l'enseigner. Il mourut au Caire en 580 (1184), h Vàge de 83 ans.
Il écrivit des Expériences de médecine, plus un Formulaire, Destour el Marestany, souvent cité par Cohen el Atthar.
ABOUL VADHAIL BEX NAQCED.
Aboul Fadhaïl était un médecin juif, savant ot bon praticien, adonné particulièrement à Tuculistiquc. Il mourut au Caire en 584 (1188).
Il laissa des Observations de médecine.
ABOULFARADJ, SON FILS.
Aboulfaradj fils d* Aboul Fadhaïl fut comme son père nu*decin et spécialement oculiste. Il embrassa la religion mu- .sulranne.
oO HISTOIRE DE L\ Ml^:r>EriN'E ARAP-R. — LIVRK CINQUIÈME,
ERREIS HIBAT ALLAH.
C'était un médecin juif renommé pour sa pratique. Il servit les derniera Khalifes, auprès desquels il était richement pen,5ionné. Il mourut en 580 (1184).