II. Aphorismes de Maimonide
Il nous dit avoir entrepris ce travail parce que la forme aphoristique permet à la mémoire de conserver plus facilement les principes de l'art. Ses Âphorismes sont méthodiquement distribués en XXV livres. 11 en emprunte nonseulement le fonds, mais aussi la lettre à Hippocrate et à Galien.
Il expose d*abord les principes de la science, puis il en aborde les détails.
Le XXV* et dernier chapitre est une sorte de horsd'œuvrc, sur lequel nous nous arrêterons. Il traite des endroits douteux de Galien. Nous y signalerons un passage curieux sur les langues :
« De même que l'organisme, le langage porte l'empreinte du climat. C'est dans les climats tempérés que l'on trouve les constitutions et les langues les plus parfaites. Ce que Galien dit du grec, on peut rappliquer à l'arabe, à l'hébreu, au syriaque et au persan. Quiconque, dit Maimonide, connaît l'arabe et l'hébreu, sait que ces deux langues n'en sont en réalité qu'une et que le syriaque s'en rapproche intimement.
Le syriaque ne diffère du grec que par trois ou quatre caractères ; le persan s'en écarte davantage. Mais il ne faut
00 HIITOIRE DE LA MÉDECINE AR\DE. — LIVRE CrKQUlÉME.
pas juger ces langues d'après ce que l'on voit aujourd'hui. Des invasions ont eu lieu qui ont altéré le langage, de même que l'on peut entendre parler l'hébreu, soit dans lesclimata du Nord, soit dans ceux du Midi. »
Les Aphorismes ont été traduits en hébreu. Ils le furent aussi en latin et imprimés plusieurs fois.
in. Résumé des écrits de Galieu.
Nous apprenons par le Kitab el hokama que Maimonide fit des résumés des XVI livres de Galien et de V autres livres. C'est par méprise que Casiri dit qu'il réduisit XXI livres en XVI, nous savons déjà ce que sont les XVI livres de Galien réunis par les Arabes et destinés à l'enseignement de la médecine. Abdellatif s'exprime un peu autrement, et dit que Maimonide fit un Recueil de médecine où il fit entrer les XVI livres et cinq autres et qu'il s'attacha h reproduire les propres paroles de Galien.
Quelques-uns de ces résumés existent en arabe et en caractères hébreux sous le n* 1203 du fonds hébreu de la Bibliothèque nationale.