SYR1K
SOUEIDV.
Aboii Ishaq Ibralûm ben Mohammed ben Tharhan Âzz / ^^i eddin Essoueidy el Ânsary, dit aussi Eddimachky, naquit en Tannée 600 (120£Q, d*appès le supplément donné par le British muséum aux notices d'Ebn Abi Ossaîbiah. Son surnom Eddimachky vient de Damas sa ville natale.
Le document que nous venons de citer le dit lié d'une étroite amitié avec Ebn Abi Ossal'biah, et c*est àcela que se bornent les renseignements fournis sur son compte. Ses écrits nous apprennent qu'il habita non-seulement Damas et la ^ Sjrrie, mais encore TÉgypte. Il cessa de vivre en Tannée 691 . de Thégire (1291' de notre ère).
Les renseignements que nous trouvons dans Hadji Khalfa sont exclusivement relatifs à ses écrits.
Le principal est la Tedkira, ou Mémorial, dit aussi d'après Hadji Khalfa Tedkirat el Hadya^ Mémorial de direction, y Tel serait le titre donné par l'auteur, à Texclusion des variantes que Ton trouve dans divers documents. L'ouvrage est encore fréquemment cité sous le titre de Tedkirat el Moufridat, ou Mémorial des médicaments simples, parce que l'auteur s'est restreint, dans sa thérapeutique, à l'emploi des simples.
c Ce Mémorial, dit Hadji Khalfa, se compose de trois gros volumes. C'est un livre d'une grande valeur, où il a fait entrer tous les médicaments simples, suivant Tordre des organes et des maladies, tant d'après son expérience que d'après celle des autres, les faisant suivre des noms des auteurs, tant anciens que modernes. Celui qui veut posséder la médecine ne saurait s'en passer. Par le fait de ces citations, son livre s'est trouvé trop volumineux. C'est pourquoi il a été remanié par le Cheikh Bedr eddin Mohammed cl Qoussouny, qui a supprimé les noms des médecins, interverti Tordre de certains passages, et donné en tétc de son œuvre Tétat des médicaments, n* 2,810. >
A ces renseignements que nous avons trouvés exacts, nous
en ajouterons d'autres fournis par Texamen du Mémorial.
Jusqu'à présent le Mémorial de Soueidy avait passé complètement inaperçu (1). Il en existe cependant un exemplaire h Paris, mais incomplet, acéphale et relié & tort et à travers. Il y a plus : des deux volumes qui le constituent le premier porte le n» 1034, et le deuxième le n« 1024.
Nous avons consacré à l'étude de ces deux manuscrits d'autant plus de temps que nous les abordions sans préparation. Les détails dans lesquels nous allons entrer seront justifiés par leur nouveauté.
Comme nous l'avons déjà dit, le Tedkirat eBtnn mémorial de thérapeutique. L'ordonnance du livre est la série des maladies de la tête aux pieds. A la suite des simples recommandés sont les noms des auteurs qui les recommandent.
Avant d'aller plus loin nous parlerons des manuscrits de Paris. Leur ordre est interverti, le n* 1024 faisant suite au n» 1034. Ce dernier n* est acéphale et il ne commence qu'aux affections du foie. Il ne représente donc que la moitié du volume au complet. Il va jusqu'aux coliques et le n* 1024 reprend par les vers intestinaux. Ce dernier volume, qui contient 151 feuilles, est probablement complet, et devrait être suivi d'un dernier et troisième volume. Nous nous sommes du reste assuré par l'étude d'un abrégé que nous avons trouvé à Constantine, qu'il y a concordance dans l'ordre des maladies.
Cet abrégé donne en plus les affections cutanées et traumatiques, les fièvres et les poisons, et tel serait le contenu du troisième et dernier volume. En somme les deux manuscrits de Paris ne représentent que la moitié du Mémorial, dont il manquerait le premier sixième et les deux derniers.
Nous avons fait le dépouillement des auteurs cités, non pas en notant toutes les citations, mais en nous attachant à ne laisser aucun nom de côté. Nous en avons trouvé environ cent cinquante. Pour quelques auteurs seulement, là où nous avons cru y trouver de l'intérêt, nous avons relevé le nombre des citations.
(1) D'Herbclot en parle, mais sans doute cVaprèa Hadji Khalfa.
Les noms grecs abondent, mais il en est quelques-uns qui sont cités probablement de seconde main, ainsi Andromaque, Antillus, Cléopâtre, Diogfène, Erasistrate, Chrysis, etc.
Nous croyons avoir lu le nomd'Aétius. Aristote est souvent cité pour ses livres des Pierres et de l'Afirriculture.
Nous trouvons citées aussi les Apicultures precoue, nabathéenne et persane.
On a dit qu'Averroès n'était pas connu en Orient. Nous en avons relevé une cinquantaine de citations. Abulcasis et Avenzoar ne sont pas moins fréquemment cités.
Il est quelques noms qui nous ont apparu pour la première fois. Ainsi Amr ben Khathelba, Ascof Basry une trentaine de fois, lahya ben Corra el Harrany, louhanna ben SaTd, liaouas, etc. Nous avons rencontré quelques autres noms andalous, tels que Ebn Badja, et Ebn Erroumya. Ebn el Beithâr fig^ure généralement sous le nom d'El Malaky. El Birouny figure souvent pour l'emploi des gemmes. Quant aux grands noms de la médecine arabe, ils reviennent constamment.
Les citations des médicaments sont généralement très sèches. Parfois on donne une synonymie, une appellation locale, la provenance.
Ajoutons qu*& la suite des divers témoignages l'auteur place fréquemment le »ieii.
On voit que l'ordonnance et l'exécution du livre ju.stifleQt son titre de Tedkirat ou Mémorial.
Nous savons déjà, d'après Iladji Khalfa, qu'un abrégé du Mémorial a été exécuté par El Qoussouny; qui en a retranché les noms des auteurs cités^ pour en diminuer le volume et le rendre plus accessible à tous.
D'autres abrégés ont été faits par d'autres médecins.
Le supplément arabe de Paris en possède deux.
Le n* 1045, dit Abrégé des simples de Soueidy, a été fait par un certain Abd el Ouahhab, et le deuxième, le n* 1054, porte h la fin le nom d'El Charany.
Nous n'avons pas trouvé le nom de l'ubréviateur dans le manuscrit do Constantine.
Il est un fait que nous avons trouvé dans ce dernier ma-
202 HISTOIRE DE L\ MÉOEGINS A.VLKBE, — LIVRE SIXIÈME.
nuscrit et dans un abrégé de Paris, mais qui fait défaut dans les manuscrits 1024 et 1034, sans doute parce qu'ils sont tronqués, c'est l'affirmation que l'auteur a extrait son livre J de plus de quatre cents auteurs. Nous n'en avons rencontré g'uère plus d'une centaine, et dans le nombre beaucoup de noms méconnaiâsables ; car on nous donne la liste de ces auteurs. Parmi eux nous en trouvons qui nous avaient échappé dans le Tedkirat, ainsi ceux de Samuel, d'Arthamides, d'Astéphan, de Platon, etc.
Sous le n* 5588, Hadji Khalfa cite un autre ouvrage de Soueidy , la Dekhirat el Kafya Fitthebb, ou le Trésor suffisant en médecine.
MOUAFFEQ EDDIN EBN EL MENPAH.
MouaflPeq eddin Aboul Fadl Sad eben Halouan, dit Ebn el Menfah, médecin syrien, mourut en 642 de l'hégire, 1244 de notre ère. Il est probablement le père du suivjint. (Suppl. du British muséum).
NEDJEM EDDIN EBN EL MENFAH.
Nedjem eddin Ahmed ebn el Menfah Aboul Abbas ben Asad ebn el Menfah, né à Damas en 1106, vécut jusqu'en 1254. Il existe de lui à Paris, n® 1000 du supplément arabe, un commentaire des Aphorismes d'Hippocrate, où il s'attaque seulement aux passages douteux, répondant aux objections qu'ils soulèvent.
£bn el Koff, qui commenta plus tard les Aphorismes, cite parmi ses devanciers Ebn el Menfah comme un homme d'un esprit pénétrant.
Le même manuscrit contient aussi un commentaire sur les questions dé^Honein par Nedjem eddin Ahmed ben Asad ben Halouan el Mary, que nous considérons comme iden* tique avec Nedjem eddin ebn el Menfah. Nous croyons encore h l'identité de Nedjem eddin Aboul Abbas ben Asad Kddimachky surnommé Ebn Alima, qui mourut h la même
date, 1254, et qui fig'ure chez Hadji Khalfa, n* 2770 pour un ouvrage intitulé Tedkik où il est question de diagfnostic différentiel, et pour un Traité sur les simples, dit£'{ Acharat el Morchedyat, au n* 747 de la Bodléienne.
EBN EL KOPP.
Âboulfaradj Iakoub ben Isliaq Amin eddiu (variante: Amin eddoula), el Messihy el Karaky est plus connu sous le surnom d'£bn el Koff. Il naquit vers le commencement du XIII* siècle. Les surnoms de Messihy et de Karaky attesrtent d'une part sa qualité de chrétien et de Tautre son séjour à Karak. On lui donne aussi le titre de philosophe. Avec la date de sa mort, arrivée en 1286 de notre ère, voilà ce que nous avons pu tirer de Hadji Khalfa et d'une courte notice annexée à l'exemplaire d'Ebn Abi Ossalbiah du Musée bri* tannique. Les copies où il est inscrit le rangent à la fin des médecins syriens, c'est-à-dire qu'il ferme le livre. Reisko ajoute qu'il était le disciple d'Ebn Abi Ossaïbiah, etil avance une erreur, déjà mise en avant par d'Herbelot, à savoir qu'il doit être identique avec Aboulfarage l'auteur des Dynasties.
Hadji Khalfa nous donne en revanche des détails assez étendus sur ses œuvres. On en trouve aussi la liste dans l'exemplaire précité d'Ebn Abi Ossaïbiah. Nous allons les passer en revue.
1* Djami errauadh ou la Somme des désirs, pour la conservation de la santé. H. Khalfa n' 3025. Cet ouvrage se trouve peut-être répété au n* 7873 sous le titre Maquala, ou Discours sur la conservation de la santé.
2* El Omda fiSanaat€ddjerraha,\e Pilier de la chirurgie.
:!• Echchafy Fitthobb^ ce qui guérit en médecine, œuvre faite en collaboration d'un certain Eben Malek. ^ 4* Commentaire des Aphorismes d'Hîppocrate.
5* Commentaire des généralités ou du premier livre du '^ Canon.
0» Notes sur le III» livre du Canon.
yV Commentaire de VAcharat d'Avicenne.
8* Recueil de discussions.
204 inSTOIRR DB LA MÉDIXINB ARABB. — LIVRE BIXIÉMfi.
De ces écrits deux nous sont parvenus, et. tous deux existent h Paris. Ce sont la chirurg'ie et le commentaire des Aphorismes. La chirurgie se trouve aussi au British muséum.
Le commentaire existe sous le n« 2348 du supplément arabe. C*est un bel in-folio qui ne contient pas moins de 300 feuilles. Les commentaires du texte sont copieux. Les devanciers et les grands noms de la médecine sont mis ci contribution.
Certaines digressions sont remarquables et accusent une grande connaissance de la médecine grecque (1).
La chirurgie se trouve sous le n* 1033 du même fonds,
in-8' asse'z volumineux. Elle est divisée en deux parties,
théorique et pratique, et chaque partie contient dix cha-*
pitres.
La !'• partie traite d'abord de l'anatomie qui n'occupe pas
moins de 200 pages, puis de la pathologie, qui classe les
affections suivant les quatre humeurs, classification qui se
reproduit dans la 2* partie, du chapitre 12 au chapitre 15.
Le chapitre 11 traite des simples. Le 10* traite des affections qui ne sont pas le produit exclusif d'une humeur, et là nous trouvons le spina ventosa, l'alopécie, les dartres, le squirrhe, etc.
Le 17* traite des affections traumatiques, et comprend 39 paragraphes. Le 18* a trait à la cautérisation.
Il est question dans le 19* des opérations chirurgicales.
Nous dirons un mot de la circoncision. L'auteur admet quatre procédés et il en est un que nous n'avons pas rencontré ailleurs. Il consiste à introduire dans la cavité préputiale une sorte de corps cylindrique, à repousser le gland, tirer la peau du prépuce et inciser sur le mandrin.
Les accouchements tiennent en cinq pages.
Ce que nous avons vu traiter avec le plus de détails c'est au chapitre 17, le traitement des plaies produites par les flèches. Nous citerons encore certaines fractures et luxations.
Le chapitre 20 est un formulaire.
(1) L'auteur déposa son livra dans la Bibliothèque de Mansour Mohammed ben Kalaoun.
SALAH EDDIN BEN YOUSEF. . . y,î»
Sulah cddin ben Yousef el Kalihal, de Huma, ne nous est counu que par une mention de Hadji Khalfa, au n"" 14,040, qui parle sommairement de son ouvrage, et par cet ouvragée lui*mcme qui existe au supplément arabe sous le n^ 1042. Hadji Khalfa ne nous a pas donné la date de sa mort, mais nous rencontrons dans^on œuvre deux faits de sa pratique datés l'un de Tannée 088ue l'héffire, et l'autre de Tannée 606. Il vivait donc encore à cette dernière date, c'est-à-dire en 1296' de notre ère.
L'ouvrage de Salah eddin est un traité d'oculistiquc intitulé Nour el Ouyoun^ ou la lumière des yeux.
Le manuscrit de Paris, le seul que nous connaissions jusqu'à présent, est un in-folio de 178 feuilles à 27 lignes.
C'est un des traités les plus complets que les Arabes nous aient laissés sur Tophthalmologie.
Il est divisé en dix livres :