CHEM3 EDDIN EDDIMACH^CY
Chems eddin Mohammed ben Ali eddimachky el Hosseiny vécut suivant Hadji Khalfa, n*" 250, jusqu'en Tannée 1363. Son surnom le fait originaire de Damas.
Hadji Khalfa cite de lui un livre intitulé Adab el Ham-mam, ou les Règles des bains, ce que d'Herbelot a cru devoir rendre par : De Thonnêteté qu'il faut garder dans les bains.
EDDAOUALY.
Abou Abdallah Mohammed ben Moussa Eddaoualy vécut jusqu'en Tannée 1388, au dire de Hadji Khalfa, qui cite de lui un livre sur la nature de la fièvre. Il ne nous est pas autrement connu.
Il est auteur d*un ouvragfe de médecine intitulé Charnel Fitthobbi, ou Traité général de médecine, divisé en deux parties. La l'* traite de Thygficne et la 2* des maladies générales et spéciales. Il fut écrit en Tannée 1335i
LES SIÈCLES DE DÉCADENCE. — XIV^ âlÉCLK. 271
AZZ EDDIN BEN DJEMA.
Abou Abdallah Mohammed ben Abi Becr ben Abd el Aziz Azz cddin ben Djema el Kinany, ué en 1358, vivait au Caire où il mourut en 1416.
C'était un polygraphe dont nous ne mentionnerons que les ouvrages relatifs à la médecine.
Sous le n* 1429 Hadji Khalfa lui attribue un ouvrage intitulé Anouar fittkobb. Eclaircissements sur la médecine ; au n* 3985 un corps de médecine, Djami fitthobb, et au n* 1273 un Traité d'hippologie.
EL KUATIB EL COSTANTIIINY.
Ahmed ben Hassen el Khathibel Costanthiny, de Coustantinople, écrivait en Tannée 712 de l'hégire, 1312 de notre ère, au dire de Hadji Khalfa, n* 404, et il écrivit sur la médecine un poème contenant 320 distiques. Cet ouvrage existe à l'ancien fonds arabe de Paris, n' 1093.
SAFADY.
Chihab eddin Ahmed ben Yousef Essafedy, sans doute originaire de Safed, vivait au XIV* siècle de notre ère.
Nous ne le connaissons que par un ouvrage de lui qui existe au n' 1055 de l'ancien fonds, et qui le proclame, sans doute avec l'exagération habituelle en pareil cas, le médecin de son temps et le prince de son époque. Cet ouvrage qui se compose de 62 feuilles est intitulé Ouadjiz ou Résumé. C'est une conversation sur la médecine tenue par dix savants eu présence d'un prince qui les renvoie comblés de présents et satisfait de leurs discours. Cet écrit fut composé en l'année 1341 et le Manuscrit de Paris nous est donné comme un double de l'autographe. Nous n'y avons rien remarqué de saillant.
272 HrSTOïHE DE LA MfjJEClNE ARABK. — LIVIŒ SEPTIÈME.
IMAD EDDID ABDERRAHIM.
Il existe à Leyde de.i closes d'Iinad eddiii sur le coinmentaire des Aphorismes par Izz eddiu Ibrahim el Kicliy, qui les achevait en 1383, d'après H. Khalfa, IV, 438.
MOHAMMED BEN ISMAIL.
Nous ne le connaissons que par un commentaire de VArdjouza d'Avicenne, vulgairement le Cantique, dont il existe un exemplaire autog-raphe à Paris, n° 1022 du supplément arabe, daté de l'an 788 de l'hég-ire, 1380 de notre ère. C'est un volume d'environ 300 feuilles.
L'auteur n'a pas craint de venir après Averroès, qu'il cite parfois .sous la forme Echcharih, le commentateur.
Ses commentaires sont assez copieux et gfénéralement intéressants, mais ce qui les dépare, c'est une citation incessante des hadits ou propos de Mahomet relatifs à la médecine, concurremment avec un bon nombre de médecins éminents. C'est ainsi que nous trouvons un hadits h propos de la question de savoir si la femme a une semence, et la réponse est affirmative. On ajoute même que la prédominance de la semence du maie ou de la femelle dans la conception détermine le sexe. Un autre hadits nous apprend que l'esprit vient habiter le corps quarante jours après la conception. Les auteurs cités sont au nombre d'une trentaine, et ce sont les sommités de la médecine grecque et arabe. A la fin du volume, l'auteur donne sur chacun d'eux une notice sommaire où l'on trouve quelquefois des renseignementsà recueillir, ainsi, à propos d'Ebn Ennefis, le dernier en date. La biographie d'Avicenne est plus longuement traitée. Nous avons observé une erreur h propos de Harets, qu'il dit avoir été l'élève de Massih ben el Hakam. A propos de Galien, il rapporte ce conte reproduit aussi chez Ebn Abi Ossaïbiah, q!io sur la nouvelle des miracles de Jésus, Galien partit pour la Palestine.
Les .SIK<U4KS DG liKOADRN'CE. 27;^
Lepassap^e relatif au vin n*est pas commenté, mais il figpure dans le texte d'Avicenne, reproduit à part.
L*auteur donne aussi un traité sommaire de.s poids et mesures.
Le commentaire n'est donc pas d' Averroès, comme Ta cru M. Kenau, p. Si.
imUlITM HKN AIÎMKÎ) HEN TARKHAX.
Il nous est connu seulement par un manuscrit du supplément arabe, n* 8T7, petit in-i' de :^00 feuilles, qui parait être un autog'raphe. Il porte le titre de Kitab essimat fi esma ennebat^ moyen <lc connaître le nom des plantes. L'ordonnance est alphabétique.
C'est un traité de synonymies botaniques, non par une simple juxtaposition, mais avec quelques développements. Toutefois, l'exécution est assez médiocre. L'auteur a puisé environ les trois quarts de ses matériaux chez Ebn el Beithâr, soit dans les Simples^ soit dans le Mor'ny^ mais il a plus d'une fois mal lu, et, d'autres fois, il a consacré lesfautes qu'il a rencontrées dans ses manuscrits. Quelques erreurs doivent être aussi de son crA.
Quelques mots sont mal écrits et placés dans une lettre qui leur est étran^^ère. Ainsi le Dioudar, qui a pour synou^mie Sanouber hindy^ pin de l'Inde, est placé à la lettre Dhal, sans doute parce que l'auteur a puisé dans le Mor'ny. Le pouliot, en ^rec Glèchôn peut subir bien des altérations par la faute des copistes. L'auteur le transcrit AlendjaiXy et il a soin de noter les lettres qui entrent dans sa composition. Parfois, il donne à tort des étymolog'ies grecques.
Cet ouvrage n'en a pas moins une certaine utilité parce qu'il donne tous les synonymes. On pourrait dire que c'est tout simplement, du moins en majeure partie, un Index (rKbn el HeithAr, car l'auteur no met rien du sien, pas même la critique.
Les quelques autres cititions étant d'une tlate antérieure a
TOIIt II. IX
Ebn el Beithâr, nous pouvons placer notre auteur au XIV* siècle.
MOHAMMED BEN ABI TIIALEB EL ANSAUY ESSOUFT EDDIMACIIKY
Nous ne le connaissons que par ses œuvres. Il est auteur d*un traité de pliysiognomouie qui existe au supplément arabe, n" 903. Il en existe un autre à Tancien fonds déjà signalé par d'Herbelot, qui nous apprend ailleurs que l'auteur mourut en 13,^ (738 de l'hégire). Le n* 963 ne contient que 44 feuilles, mais il est bien rempli.
L'auteur donne le nom de ses devanciers qu'il a consultés et qu'il désigne dans le cours de l'ouvrage par une lettre de leur nom. Les principaux sont Âristote, Philémon, Razès, Chaféy, Ebn Araby, etc. L'auteur a soin d'avertir que la science de la pliysîognomonîe n*a rien de contraire au Livre ni à la Sounna.
Après des généralités, il aborde l'étude des races et il en donne les caractères physiques et moraux. Il fait le recensement d'une quinzaine de nations asiatiques parmi lesquelles figurent les Chinois.
Viennent ensuite les races de femmes, en moins grand nombre.
Après l'étude des agglomérations humaines, on passe h celle de l'individu. Alors sont exposés les indices fournis par les caractères généraux, tels que la couleur de la peau, lea cheveux, les fonctions natiiroUcs, la croissance, l'état du pouls, etc.; enfin les tempéraments.
Il est ensuite question des organes en particulier, dans leurs rapports avec le tempérament.
Ici se place une étude de la femme, assez longuement étudiée, au point de vue de celui qui l'achète comme esclave ou comme concubine. C'est surtout au point de vue des relations sexuelles que les indications sont données. Nous avons ensuite une description de la femme accomplie. La femme est divisée en huit types* toujours au point de vue des rapports avec l'homme.
LES SIÈCLES DE d£:cadkxck. 275
Nous arrivons à la physiog-nomonic propreiueat dite, c'est-à-dire à Tétude de l'extérieur du corps et des régions depuis la tôto jusqu'aux pieds et et leurs rapports avec le caractère. La tète et la face, et surtout l'œil, occupent une large place.
Après l'analyse, vient la syntliè.se, et nous trouvons exposé l'ensemble des traits appartenant à chaque caractère en particulier. Ainsi on nous décrit riiomme intelligent, le philosophe, l'infidèle ou le traître, Thomme religieux, l'homme courageux, etc.
Il est alors question de la Chiromancie, et l'auteur finît par Texposé des signes de la mort d'après Hippocrate.
Il écrivit aussi un traité des merveilles de la nature.
AHOU BEKR BKN YOCSKK UEN ABt HElvR BEN IIASSEN BEN
MOIFAMMEl) EL CASSEM.
I! existe de lui au supplémeut arabe, n'l>ST, un Traité dWviceptologîe qui ne fournit ancrun renseignement sur Vauteur. 11 contient 188 feuilles et i)ortc le titre de Kitah Eddjaouarik oua oidotnn cl Bczarda, Livre des oiseaux de proie et science des fauconniers.
L'ouvrage se divise en théorie et en pratique.
La deuxième partie est le traitement de ces animaux et nous sommes tout étonnés de rencontrer les noms de certaines maladies, telles que Tasthme, lliépatitc, le rhumatisme, la cataracte, etc. On nous donne, entre autres, la recette d'un électuaire contre l'indigestion. On donne aussi l'art de les engraisser.
L'auteur cite assez fréquemment Krra'thriq, qui dit, entre autres choses, que le meilleur faucon est celui qui tourne au blanc, et que, de tous les oiseaux, le meilleur est celui qui porte le nom de Chahin. Cet Err'athriq est également cité dans un ouvrage du même genre qui existe au Musée britannique, n* \li07, et qui est donné par le catiilogue comme identique avec le n* 808 de l'Escurial. Nous en avons déjà parlé.
27G HISTOIKE Dli LA MÉDECINE ARAI3K. — LIVRE SEKIIÉMK.
Le Eitab el Akoual
ou TRAITÉ DE MÉDECINE VÉTÉRINAIRE.
Il existe au supplément arabe, n* 99G, un Traité anonyme de médecine vétérinaire qui porte le titre de Kitab el Akoual el Kafyàj Livre des discours suffisants. Des six livres qu'il contient, le quatrième est consacré aux maladies des chevaux, les autres à l'hippologie proprement dite et à quelques animaux domestiques autres que le cheval.
Nous en relaterons un passag^e intéressant.
« Récit de la maladie qui sévit sur les chevaux dans l'Iémen en l'année 728 (1327).
c C'était une maladie maligne et aiguë, que les contempo rains voyaient pour la première fois, dont on ne trouvait aucune mention chez les anciens et que l'on ne savait comment traiter. Contrairement aux autres maladies, elle débutait sans prodromes, saisissant le cheval debout et mangeant. Lesuarinessefluxiounaient et jetaient quelque chose comme du mucus, la tète se penchait vers la terre sans pouvoir se relever, l'animal tombait comme mort, puis se débattait et expirait.
Venue de l'Hadramant, elle envahit l'Iémen et sévît sur les chevaux et les mulets, mais surtout sur les chevaux dont il périt un nombre incalculable. »
M. Perron a constaté par la lecture du livre, auquel il a fait plusieurs emprunts, que l'auteur était de la famille régnante, peut-être même souverain de Tlémeu.
Cette hypothèse est appuyée par ce que nous avons déjà vu au siècle précédent. Omar el Achraf, sultan rassoulide do riémeii, est auteur d'un Traité do médecine.
L'auteur du Kitub el Akoual vit l'cpizootie de l:J27. Parmi les souverains de riéineu qui auraient pu composer ce livfe il en est doux El ^loudjahed et El Afdhal. Ce dernier mourut en 778 (1^70).
LES SIJ^:«:LI.S de nf.rADKNOE. 27
ABOULFIIDA.
Imad eddin Isin:iïlJ)ieii connu souslcaiirnonHrAboulfédn, naquit à Damas en 1273, cVune famille qui descendait d*nn frère de Saladin et qui était souveraine de Huma. En 12*iO, ù la mort du prince de Hama, ses états retournèrent à rK^\i)t4*. Aboulféda passa sa jeunesse k guerroyer contre les Croisés et les Monfifols, mais en même temps il s'occupait de science et de littérature. En 1312, Aboulféda fut définitivement investi de la principauté de Hama, reçut mémo plus tard le titre de sultan, et jouit d'un grand crédit à la cour d'Kjrypte. C'est alors qu'il s'occupa de la composition de ses deux g'rands ouvrages, son histoire universelle et sa géographie. M. Reinaud, à qui nous avons emprunté les éléments de cette notice, lui attribue aussi un Traité de médecine en trois volumes, qui ne nous est pas connu d'autre part. AhouUëda mourut en Ki^l.
EBX RD DOREIHIH.
Alx)uirateh AH bcn Mohammed ebn ed Doreihim Tadj eddin el Mously vivait au XIV* siècle de notre ère ; originaire de Mossoul, il mourut k Bagdad en l'année If^l.
De tous ses ouvrages le plus intéressant pour nous est celui qui porte le titre Utilités des Animaux, Manafi el hayouan. Il se trouve à TEscurial sous le n* 803. Casiri en a donné quelques échantillons qui semblent prouver que l'auteur s'est abstenu des divagations de Damiry . L'ouvrage est divisé en quatre parties : quadrupèdes, oiseaux, poissons et insectes. Nous ignorons à quel mot arabe correspond le mot insecte : il serait possible que Casiri ait écrit insecte où il fallait reptile.
Parmi les autres ouvrages cités par Hadji Khalfa, noua signalerons un Traité sur le Nil et un autre sur les carrés magiques, ce qui accuse un esprit superstitieux.
yr\^^
278 HfSTOIRK DE I.A MKDECJNE ^IIABE. — LIVRE SEPTIÈME.
yu'
DAMIRY.
Mohammed ben Moussa ben Issa ben Ali el Kemal Âboulbuka, vulgairement connu sous le nom de Damiry^ naquit au Caire en Tannée 742 de Thégrire» 1341 de notre ère. Il étudia sous des maîtres nombreux et excella dans la science des traditions, la jurisprudence, la langue, les humanités, etc. Il ^composa divers écrits et commentaires, professa au Caire et y mourut en 808 (ou 1405 de J.-C).
Ce qui Ta rendu célèbre c*est son ouvrage qui porte le titre de Hayet el Haiouan, ou Vie des animaux.
Damiry est le plus grand zoologiste qu'aient produit les Arabes ; c'est du moins celui qui a parlé le plus longuement des animaux. Il faut dire cependant qu*il en a parlé en littérateur autant et plus qu'en naturaliste. S'il est supérieur à Kazouiny comme étendue de renseignements, il lui est incontestablement inférieur comme méthode. L'ordonnance de son livre est alphabétique, ce qui exclut les groupements et les vues d'ensemble. Mais il y a d'autres défauts !
Damiry a bien sa méthode, et tous ses articles sont trai« tés sur le même plan, mais cette méthode est vicieuse.
Après avoir énuméré les noms sous lesquels tel animal est connu, sea espèces, ses mœurs, enfin son histoire plus ou moins complète, il ajoute constamment ses propriétés, généralement fabuleuses, sa légalité comme aliment, la signification des songes où il intervient et les proverbes auxquels il a donné lieu. Puis sous le moindre prétexte il se lance dans des digressions h perte de vue. A propos d'une monture de Mahomet et encore d'une monture fabuleuse, il nous donne la série chronologique des événements qui ont marqué son existence. A propos d'une citation de Djahidh, il nous retracera tout au long l'histoire de sa maladie. A propos de l'Ane, il nous parlera de Jésus; à propos de l'oie, il fera une longue digression sur Abou Naouas qui l'a bien décrite.
Ce qui met le comble à ces défectuo.^îtés, c'est qu'il est
usa 8IÊCLEI DE* DBCADKNCB. 270
aussi traité d*animaux ou d*àtres fabuieux, ou fantastiques, tels que la jumcut Boraq, qui porta le prophète dans les cieux, les nasnas, les fées, les génies, etc.
On doit ainsi naturellement s'attendre à beaucoup de crédulité et h des fables. C'est ainsi que nous trouvons rapporté que Thyène, aussi bien que le lièvre, est mâle une année et femelle l'autre, que Téléphant porte sept ans, etc.
Les autorités les plus sérieuses sur lesquelles s'appuie Damiry sont Aristote, Kazouiny, Ebn el Beith&r, Bakhtichou, Abou Hamid qui ne dédaigne pas le merveilleux, Avenzoar aussi crédule que Pline, etc.
A propos des songes, nous voyous fréquemment le nom d'Artémidore, et parfois celui d'Bbn Sirin.
En dépouillant Damiry de ses fables, de ses contes, de ses anecdotes, de ses renseignements biographiques, etc., on pourrait encore constituer un ensemble intéressant de faits relatifs à Thistoire des animaux.
Le fonds arabe de Paris possède plusieurs copies complè** tes on abrégées de Damiry. Nous donnerons une idée de rétendue de son œuvre en disant que de deux volumes qui en contiennent chacun une moitié, l'un le n* 870 du supplément a 932 feuilles (1) iurt^ à 20 lignes à la page, Tautre en a 487 à 10 lignes.
On sait le parti que Itochart a tiré de Damiry pour son Hierozolcon. M. Perron en a tiré parti pour le Nacery. La Yiedes animaux aéti^ remaniée etdépouilléodeseslongneurs: il y a aussi la moyenne et la petite.
Ha^ji Klialfa juge bien l'œuvre de Damiry qu'il dit inégale. L'auteur était jurisconsulte et pas plus homme du métier que Djahidh. Son œuvre n'est autre cho^^c qu'une œuvre de compilateur.
BB:I EL OOAKUY.
Zein cddiu Abou Uafs Omar ben el Moudhaffèri vulgairement connu sous le nom d'£bn el Ouardy, étudia d'abord
(1) Le n* 873 complet en un volume, est un in folio d'environ 500 faulùes à 33 lignes.
280 UISTOIUE DE .LA MÉDKCINB AKABK. — UVRK 8EFTIÉMB.
la jurisprudence à Hama, sous Cherf eddin el Barizy. Il fut ensuite substitut du Cadhy Ghems eddiu ebn Ennaked, à Alep, où il mourut en 1348, à l'âge de soixante ans.
Ebn el Ouardy écrivit plusieurs ouvrages sur la jurisprudence, la grammaire, l'histoire et l'interprétation des songes. Il laissa aussi des poésies et même des traités en vers.
Un seul de ces ouvrages, qui lui a fait quelque temps chez nous une certaine notoriété, présente un certain intérêt. Nous voulons parler de la Perle des merveilles, Kkarridat el iidjatb.G'est un traité sommaire de géographie et d'histoire naturelle, d'une médiocre valeur, produit d'un esprit crédule, et qui n'est lu, dit Hadji Khalfa, que par les gens d'école, d'un esprit borné. Il rappelle les Merveilles de la création de Kazouiny, sous des proportions plus restreintes. Les matières sont aussi traitées dans un ordre différent. Il commence par la géographie et termine par l'histoire naturelle. Ce qu'il rapporte des minéraux, des végétaux et des animaux et de leurs propriétés est très sommaire. La citation de nombreux liadits relatifs aux vertus des simples montre assez l'esprit dans lequel est conçu ce livre.
Depuis un siècle, on lui a fait de nombreux emprunts, on en a même imprimé des fragments, alors sans doute que les éditeurs n'avaient rien de mieux sous la main. Cet ouvrage se trouve assez communément dans nos bibliothèques. Nous en possédons un.
De Guignes a consacré une notice à Ebn el Ouardy et à ses ouvrages dans le II* volume des Notices et extraits.
X l V DJELDEKY.
Azz eddin Ëidemir ben Ali ben Abdallah Ëidemir Eldjeldeky est, dans ces derniers temps, le plus notable représentant de la science hermétique. Nous en dirons quelques mots d'après une notice de de Sacy, dans le IV* volume des Notices et extraits.
Tout ce qu'il a pu recueillir de renseignements se réduit
LB8 dl&CLBB DE D&CADBNCE. 381
à peu de choses. Quelques-uns de ses ouvrages ont été composés au Caire et à Damas, de Tannée 740 de l'hégire (1389) à l'année 743 (1342). Il n'est donc pas mort en l'année 740, ainsi que l'avance le catalogue de la Bibliothèque Bodléienne.
Après avoir observé que d'Herbelot fait mal à propos deux personnages différents de Djeldeky, de Sacy donne la liste de ses ou\Tages, d'après Hadji Khalfa.
Trois traités intitulés Bedr el Mounir, lune brillante ; Derr el Mentour, perles répandues ; Kechf esaotour, écartement des voiles, ne sontque des commentaires d'un ouvrage d'Âli ben Moussa el Andaloussy, intitulé Chodhour, qui paraît être un traité d'histoire naturelle et d'alchimie. Le Derr el Mentour fut composé en 743.
Viennent ensuite des Traités de la pierre philosophale : le Boughiat el Khabir, désir de l'habile ; le Chems el Mou-nir, soleil éclatant, qui ont le même objet.
Le Nehatat el Mathleb, terme de la question» est un commentaire d'un Traité d'alchimie d'Aboulcassem El Iraquy intitulé Modaaëéb eddehebya (existe à Vienne, 1495).
Ce sont ensuite des traités du même genre : le Tacrib fi Asrar el Kimia, introduction aux secrets de l'alchimie ; le R'ayat esêorour, l'excellence des secrets; le Kenz el ikhtisêos, le trésor propre ; le Misbah fi ilm el Miftah, flambeau de la science ou la clef ; le Borhan fi ibn el Mizân, démonstration de la science de la balance. Ce dernier titre est celui d'un livre de Géber, le maître de la science hermétique.
Dans la préface du Misbah, Djeldeky rapporte que Géber a composé 3,000 volumes, desquels il a recueilli la matière de cinq volumes dont le Misbah est le résumé.
L'Alborhan fl Asrar ilm el Mizan, dit de Sacy, est un ouvrage très étendu, divisé en quatre parties, dans lequel Fauteur a réuni un grand nombre de matières d'histoire naturelle et de théologie. Il consiste en préfaces, traités élémentaires de divers auteurs et commentaires. Un y trouve le livre de Bolinas (Apollonius de Tyane) sur les sept corps et le livre des corpe de Oéber. Il y a fait entrer aussi la plus grande partie des livres des Balances de Géber.
Il existe, aussi dau» nos blMiotliëques un commentaire do • n Djeldeky sur des ouvra^pes d'alchimie de Mohammed beu
r^'^' "^çf : AliEttemimy.
i ^ '^ Unepartie des ouvrages de Djeldeki nous ont été conservés.
Djeldeki n'a pas été inconnu de nos chimistes du moyon* âge et son nom figure dans la Bibliothèque hermétique de Langlet Dufresnoy.
EBEN BATOUTAH.
Nous devons un mot à cet illustre voyageur, qui n'a pas seulement enrichi la géographie, mais fourni des renseignements à l'histoire naturelle.
Né à Tanger, en 1304, il partit en 1325 pour le pèlerinage, mais son humeur l'emporta en Arabie, en Syrie, en Mésopotamie, en Perse, au Zanguebar, en Asie mineure, à Constantinople, en Russie, en Boukharie, dans l'Afganistan, rinde, la Chine, Tarchipel indien etl'ile de Ceylan.
En 1340, à peine rentré dans sa patrie, il partit pour Grenade, puis pour le Soudan et atteignît Tombouctou.
Le récit de ce voyage a été publié récemment par la Société asiastique, texte et traduction de MM. Defrémery et Sanguinetti, 4 volumes et un Index. On peut voir dans cet index combien se trouvent de renseignements sur l'histoire naturelle. Déjà en 1847, M. Dulaurier a publié, dans le Journal asiatique^ un fragment sur l'Archipel indien, avec des notes concernant les produits naturels de ces contrées.
2* Espagne.
IssA BKN MoHAKMSD EL AjiouRT fut attaché oommc méda* cin à la personne du roi. Il publia un excellent ouvrage de médecine en plusieurs tomes, intitulé la Clef du traitement, et mourut à Grenade en 1327.
MOHAIIMBO BEK IbRAHUI BEN AbDALLAH BSN ROUBIL, dit
Ebn Esserradj, naquit à Grenade en 12B0.
LES SIÈCLES DE DÉCADENCE. 2
C'était un homme d*uue grande érudition et même un poète, en même temps qu'un médecin habile.
Il s'acquit une telle réputation par sa pratique et ses écrits que le roi Mohammed ben Mohammed le choisit pour son médecin. Non-seulement il avait du plaisir à soigner les pauvres, mais il subvenait à leurs besoins et leur abandonnait le tiers de son revenu. Il apprit la médecine à l'école d'Abou DJafar Errakouty de Murcie, médecin très renommé de son temps.
La mort du roi fut pour Ebn Esserradj l'occasion d'une grave mésaventure. Le prince était à l'article de la mort, quand le médecin fut interrogé sur Talimentation qu'il avait prescrite. La réponse fut ironique, Ebn Esserradj se doutant que les serviteurs du prince lui avaient administré des aliments empoisonnée, avec la connivence de son successeur. Là-dessus le médecin fut jeté en prison et, au bout de trois ans, il n'en sortit qu'avec l'exil et la confiscation de ses biens. Il put cependant plus tard rentrer dans sa patrie, où il mourut en Tannée 1339. Il avait publié plusieurs ouvrages relutifs à la médecine et à la botanique.
Mohammed den Aumeo ben Faradi ben Chokral, philosophe, jurisconsulte et médecin, après avoir été libraire et pharmacien, fut chargé de la bibliothèque du roi à Grenade. Il mourut disgracié à B6ne en 1331.
Mohammed ben Ahmed, dit El Marakchy, d'Alméria, jeune homme d'une grande beauté et de grandes espérances, déjà médecin habile en même temps que passionné pour l'alchimie, mourut en 1330.
Galbb BSN Ali ben Mohammed kl Ascoury, dit aussi Abou Temam, né à Grenade, se rendit, jeune encore, au Caire où il a^adonna tout entier à l'étude de la médecine. De retour dans sa patrie, il fut nommé chef des médecins. Plus tard il fut chargé par le roi de Fea du prélèvement des impOts. Il mourut à Ceuta, en 1330, après avoir laissé plusieurs ouvrages de médecine très eatimés.
284 IIISTOIRIC DB LA MÊOUCINB AHADR. — LIVRE SEPTIÈME.
Othman bem Iahya EL Caisy naquit à Malagfa d'une faraillo illustre, origrinaire de SévîUe. C'était, dit son biographe, un liomme incomparable et de f^rrandes connaissances. 11 professa la philosophie, la jurisprudence et la médecine à Malagra et mourut en 1334.
Mohammed ben Ibrahim ben Mohammed ei. Ansari, dit Elsenna, de la secte des Soufis, s'adonna passionnément a l'alchimie et mourut en 1348.
Mohammed ben Ali ben Iousef EssEKOUNY,ditEBN el Loulou, de Comarès, fut poète et médecin et succomba h la poste en 1349.
Abou Zakarya Iahya ben Ahmed ben HAZiL,de Grenade et d'une illustre famille, se distinguait comme poète, orateur, philosophe, astronome, médecin et jurisconsulte.
Parmi ses écrits on cite : Du choix des médicaments, De la crise des maladies, Observations de médecine. Il mourut en
Mohammed ben Cassem el Karchy, de Malaga, vint habiter Grenade, puis se rendit à Fez où il exerça la médecine et devint directeur de l'hôpital de cette ville. G*était un homme éloquent et un poète. Né en 1303, il mourut à Fez en 1350.
Abou Amrou Mohammed ben Abdallah bbn Ibrahim Ennemahiry, vulgairement dit Ebn el Hjedjadj, naquit h Grenade. C'était un orateur, un poète, un médecin et un mathématicien distingué. Il s'acquitta avantageusement de missions auprès des souverains de Tunis et de l'Egypte. Il vivait encore en 1358.
Aboul Cassbm Mohammed ben Iahta el Arfy de Ceuta, dont il fut gouverneur, vint habiter Grenade. C'était un homme versé dans la littérature et la médt^cine, ainsi que l'attestent ses écrits. Il florissait en 1963.
LKS SIKCUSti DR PÉCADBNCK. L'S5
MoilAMMRD BICN Au BEN ASDALLAH Ël.LARHMY dit ECHCJiK-
GouRY, (le Seg-ora sa patrie, naquit eu ï'S^ij^ d'uue famille opulente. Il s'adonna à Tétude de la médecine avec tant de succès que le roi do Grenade le choisit pour son médecin.
Il publia plusieurs ouvragées, parmi lesquels : un traité de médecine, intitulé Présent fait aux postulants; un traité d'expériences, intitulé Le grand nouci ; un traité très savant sur les erreurs des médecins, intitulé le Juif dompte.
EBN EL KHATIB. v>V
ilohammed ben Abdallah bon Saïd Lessan eddiii ebii ri Khatib naquit k Grenade, en 1313. Sa famille, orij^inairc de Syrie, s'était en dernier lieu fixée à Grenade. Elle produisit plusieurs hommes distingués dans les lettres, ainsi que dans les emplois civils et militaires. Son aïeul commandait la cavalerie, et son père fut gouverneur de Grenade, où il mourut, regretté de ses concitoyens, en l'année 1340.
Ebn el Khatib gagna la faveur du roi de Grenade Ebu el Haddjadj, et devint son secrétaire intime et l'intendant de sa maison.
Sa jeunesse fut studieuse et plusieurs maîtres lui enseignèrent la philosophie, les mathématiques, la médecine et la jurisprudence. Il excella dans toutes ces sciences, mais particulièrement dans la connaissance de l'histoire.
Son crédit se maintint sous plusieurs princes de Grenade et il fut investi des pins hauts emplois, mais sur la fin de sa carrière il connut l'infortune.
Accusé de trahison par le prince Ebn el Ahmar^ il fut jet(3 en prit-on où il no tarda pas à subir la peine capitale, en l'annOi- 1374.
Les fonctions d'Ebn el Khatib no Tempéchèrcnt pas d«î cons.u*rer ses veilles à IVtude et à la composition. Il écrivit une quarantaine d'ouvrages, sur toutes sortes fie matières. Nous citerons les principaux, réservant pour la fin les ouvrages relatifs a la médecine.
28C HISTOIRE DE LX MÉDECINS ARABE. — lIyRE SKPTlilUE.
Ouvrages historiques.
Histoire des rois de Grenade.
Des sultans et des rois de l'Espagne.
Des hommes de l'Espagne célèbres par leur science et leur piété.
Histoire de Grenade.
Histoire encyclopédique de Grenade. C'est cet ouvrage désigné par Casiri sous le titre de Bibliotkcca Arabico^ hispana, duquel il a tiré de nombreuses notices biographiques (1).
De l'utilité de l'iiistoire. De la monarchie. Philosophie et belles-lettres.
Divers recueils de poésie.
Du vizirat.
De Texcellence des lois. J
De l'art militaire.
De la musique, etc.
Ouvrages de médecine.
V De la peste.
Questions de médecine.
De la confection de la thériaque.
Traité de médecine dit El lousefy.
Des graines.
^ De l'art vétérinaire et de l'excellence des chevaux.
De la génération du fœtus.
Des moyens de conserver la santé, suivant les saison;f de l'année.
^ Poème sur la médecine.
^ Poème sur les aliments.
(Casiri, II, 72).
On trouve aussi notre auteur désigné sous les noms de Lessan eddin el Gorthoby, la ville de Cordoue ayant été une des stations de sa famille, avant qu'elle se fixât définitive-» ment h Grenade.
(1) Cet ouvrage est divisé en onze parties. La bibliothèque.de l^Escurial ne possède que les VII, VIII, IX, X et XI" parties» L'ordre est alphabétique et les Mss. commencent à la rubrique Mohammed,
* LES SIÈCLES DE DÉCADENCE. 2S7
On peut lire de longs détails sur la vie publique d'Ebn el Khatib, notamment dans l'histoire des Berbères d'Ebn Khaldoun traduite par M. de Slane, IV, 300, et dans Makkary.
Wdstenfeld n'a pas reconnu Ebn el Khatib, au n* 257.
Dans la liste bibliogrraphique donnée par Casiri nous n'avons pas nettement disting^ué un ouvrage d'Ebn cl Khatib qui existe à la Bibliothèque nationale, n* 1070 de l'ancien fonds. Il n'y aurait guère que le Traité de médecine qui put lui correspondre : un médecin l'eftt sans doute désigné plus catégoriquement, mais la liste de Casiri est empruntée à un historien.
Quoi qu'il en soit le Ms. n* 1070 mérite d'être signalé.
L'ouvrage qu'il contient porte le titre : Amcl ctthobb limcn Ahabb, Traité de la médecine à ceux qui l'aiment.
Cet ouvrage ne contient pas moins de 103 feuilles. Il est dédié à un prince mérinide et fut composé en 1359.
Il se divise en deux parties.
Dans la première nous trouvons de la pathologie générale et spéciale. Chaque énoncé de maladie est suivi de sa définition» des distinctions ou diagnostic différentiel, des causes, des symptômes, du traitement^ des médicaments et des aliments ; le tout sommaire et concis, mais méthodique et complet dans son cadre.
La deuxième partie contient les fièvres, la chirurgie, la cosmétique, les aphrodisiaques et ce qui a trait aux fonction^ génitales et à l'enfance.
Le dernier chapitre s'occupe des questions délicates de la médecine, des choses défendues par la loi et de celles que la pudeur ne permet guère de traiter librement.
Quant au vin, l'auteur s^cxcuse d*en traiter par la raison que l*on peut avoir a sou ser\'ice des juifs ou des chrétiens* Les abortifs lui paraissent permis en certains cas où Tétroitesse des parties petit entraîner la mort chez les femmes enceintes. Quant aux aphrodisiaques, il s'excuse en ce que ce sont des moyens dn rapprocher les sexes et de multiplier le genre humain.
En somme cet ouvrage accuse un bon esprit et des connais*
'J^ llJSTOtRC DE L^ MÉDBGINB ARAUE. — LIVRE SEPTiÉMIfi.
sauces étendues, telles que les lui attribue Thistorieu cité par Casiri. Nous signalerons sa riche nomenclature des affections de l'œil.
ISHÀQ HEN UAROUN CHELMOUX.
Il existe de lui à TE^curial, n* 865, un Mémorial des propriétés des aliments* Le manuscrit date de 1425.
DJEMAL EDDIN EL r'aRNATHY.
Djemal eddin lousef ben Ahmed de Grenade est donné par Hadji Khalfa, n' 1520, comme auteur d'un résumé de médecine intitulé El Idjaz Fittkobb.
Il peut être identique avec un Djemal eddin Aboul Maliassen de Grenade mentionné par Casiri sous le n« 975, et qui vivait au VIII» siècle de l'hégire. Il existe de lui à l'Escurial un traité de médecine en grande partie superstitieuse, sous le titre Kabas cl Anouary Foyer de lumières. Il est aussi question dans ce livre, de charmes, de sortilèges et d'alchimie.
MOHAMMED BEN KUALDOUN.
Abou Abdallah Mohammed ben Khaldoun était peut-être le frère du célèbre historien, qui avait un frère du nom de Mohammed. Voilîi pourquoi nous le plaçons au XIV* siècle. 11 nous est connu par un manuscrit que nous avons rencontré en Algérie, contenant un petit écrit adressé à son frère et sur sa demande.
La médecine^ dit Mohammed, comprend deux parties, la conservation de la santé et le traitement des maladies, (^uant h la deuxième partie, comme elle exige le concours
LES SIÈCLES DE DÉCADENCE. — XIV* SIÈCLE. 280
d*un méd^ia, il neis'occuperaque de la première. L'ouvrage est divisé en cinq chapitres : 1® De la science de la nature, en forme d'introduction ; 2^ De la conservation desorgp9iueâ ; 3* De Thygriône en général ; 4* De Thygiène des saisons ; 5« Du régime alimentaire.
tÙMM II. [1^