EBN EL DJAMI
Aboul Achaïr Hibat Allah ben Zein eddin Mouaffeq eddin Chems erriasat (le soleil des Cheikhs), vulgairement connu
ôi HISTOIRE DE LA MÉDECINE ARABE. — LIVRE CINQUIÈME.
sous le nom d'Ebn Eddjami l'israélite, naquit à Fostath.
Il étudia la médecine à l'école d'Ebn el Aïn Zerby et devint lui-môme un médecin éminentetun bon praticien. II forma plusieurs élèves parmi lesquels Sedid ben Abil Beyan. Saladin le prit à son service et l'honora de son intimité. Ebn el Djami n'était pas seulement à l'étude et à la pratique de son art, il s'occupait aussi beaucoup de la lang-ue arabe, et ne lisait jamais, dit-on, que le lexique de Djouliary à la main.
On rapporte de lui l'anecdote suivante : Étant un jour assis devant son officine, il vit passer un brancard sur lequel on transportait un homme au cimetière. L'ayant reg-ardé, il cria aux porteurs qu'ils allaient enterrer un homme vivant. Les g-ens s'arrêtèrent stupéfaits et l'un d'eux se disant qu'il n'en coûtait rien de l'entendre, lui demanda ce qu'il y avait à faire. Ebn el Djami leur dit de porter le corps dans un établissement de bains, de l'arroser d'eau chaude et de le frictionner. Lui-même lui administra un sternutatoire. Le sujet fit un mouvement, et Ebn Eddjami leur dit : il est sauvé. Ce fait parut miraculeux et on lui demanda comment il avait pu reconnaître que cet homme n'était pas mort, ne l'ayant vu que recouvert. J'ai vu seulement ses pieds, répondit-il, et ils étaient dressés: chez un mort ils sont affaissés.
Ebn Eddjami laissa plusieurs écrits.
Le livre de la Direction pour le salut de l'âme et du corps, qui existe à Paris et en plusieurs exemplaires à Oxford. Le catalogue de la Bibliothèque Bodléienne en donne le contenu. Il se divise en quatre chapitres : Introduction à la médecine, généralités, anatomie et physiologie ; Médicaments et aliments ; Traitement des maladies; Formulaire.
Commentaires sur le Canon d'Avicenne.
Ce qu'il faut faire quand on n'a pas de médecin.
Traité du limon. Ce travail se trouve inséré dans le Traita des simples d'Ebn Beithar, d'où il a été tiré pour être tradufl en latin et imprimé. Mais au lieu de l'éditer sous le nom d'Ebn Eddjami on l'a édité sous celui d'Ebn el Beithar.
Traité de La rhubarbe- Cet opuscule plus considérable M111' Le précédent .se trouve aussi reproduit in extenso dans Le Traité del simples, el 'le tous les emprunts qu'Ebn el
Beitliar a faits à ses devanciers : celui-ci est de beaucoup le plus considérable. Nous avons eu occasion de l'apprécier dans la traduction que nous avons faite du Traité des simples, et nous estimons qu'il mériterait les honneurs de l'impression à plus juste titre que le Traité du limon. Il y a là des renseignements sur la provenance de la rhubarbe, qui seraient encore bons à consulter aujourd'hui.
De la gibbosité.
De la colique.
Des médicaments royaux.
Description d'Alexandrie: son air, ses eaux, ses habitants, etc.
ABOUL BEYAN E3SEDID EBN EL MOUDAOUAR.
Aboul Beyan était juif, et passait pour un médecin expérimenté. Il servit d'abord les Khalifes Fathmides, puis Saladin, qui lui continua ses honneurs et sa position. Dans les vingt dernières années de sa vie, affaibli par l'âge, il n'en conserva pas moins sa pension. Cependant il continuait à pratiquer la médecine et à l'enseigner. Il mourut au Caire en 580 (1184), à l'âge de 83 ans.
Il écrivit des Expériences de médecine, plus un Formulaire, Destour el Marestany, souvent cité par Cohen el Attliar.
ABOUL FADHAÏL BEN NAQUED.
Aboul Fadhaïl était un médecin juif, savant et bon praticien, adonné particulièrement à l'oculistique. Il mourut au Caire en 584 (1188).
Il laissa des Observations de médecine.
ABOULFAEADJ, SON FILS.
Aboulfaradj fils d' Aboul Fadhaïl fut comme son père médecin et spécialement oculiste. Il embrassa la religion musulmane.
iO HISTOIRE DE LA. MÉDECINS ARABE. — LIVRE CINQUIEME,
ERREIS HIBAT ALLAH,
C'était un médecin juif renommé pour sa pratique. Il servit les derniers Khalifes, auprès desquels il était richement pensionné. Il mourut en 580 (1184).
EL MOUAFFEQ BEN CIIAOUA.
Celui-ci était encore un médecin juif, cultivant spécialement la chirurgie et l'oculistique. Il servit Saladin lors de son séjour en Egypte et fut en faveur auprès de lui. Il mourut en 579 (1183).