‹ Histoire de la médecine arabe (volume 4)Chapitre 240 sur 241 · ALI BEN RA.DJEL · texte numérisé non relu

ALI BEN RA.DJEL

Aboul Hassen Ali ben Abi Erradjel, vulgairement dit Ali ben Radjel, vivait dans le courant du XIe siècle, originaire de Cordoue. Il composa un traité d'astrologie, qui fut traduit, à l'invitation d'Alfonse, par Juda fils de Moyse et Egidius de Tebaldis. On l'imprima plusieurs fois, sous divers titres. Nous trouvons une édition de Bàle indiquée par Delalande, 1551, avec cette indication: Interprète Antonio Stupa.

Nous trouvons à la même source : De cometarum sig-nificationibus, Norimberg- 1503, et De revolutionibus nativitatum, 1534.

Il existe (le lui, à L'Esourial, un poème astrologique.

COUP -D ŒIL SUR LES TRADUCTIONS LATINES. o2o

Coup-d'œil sur les Traductions Latines.

Nous avons fait le recensement des traductions de l'arabe en latin, et nous n'en avons pas trouvé moins de trois cents, et encore avons-nous laissé de côté celles des alchimistes de profession.

Une masse aussi prodigieuse de documents nouveaux, répandus à travers l'Europe dans le courant du XIP et du XIIP siècles, dut combler bien des vides et provoquer une recrudescence dans les études. Il ne faut donc pas s'étonner de la ferveur scientifique du XIIIe sièle où se produisirent tant d'hommes éminents, qui s'empressèrent de mettre à profit la science des Arabes. Que serait-il arrivé si Gérard de Crémone, né un siècle plus tôt, avait livré ses 80 traductions à l'illustre Abélard ?

La majorité de ces traductions reproduisent les œuvres des savants les plus éminents d'entre les Grecs et les Arabes, philosophes, mathématiciens, astronomes et médecins.

Parlons d'abord des Grecs. Sur le terrain de la philosophie, dans laquelle nous ferons entrer les travaux relatifs aux sciences physiques et naturelles, nous voyons d'abord Aristote, représenté par une trentaine de traductions. Sur celui des sciences mathématiques et astronomiques, nous rencontrons Euclide, Archimède, Apollonius de Perge, Théodose, Menelaiis, Hypsiclès et Ptolémée.

La médecine grecque est représentée par quatre ouvrages d'Hippocrate et vingt-cinq de Galien.

La Grèce en somme est représentée par une centaine de traductions portant sur l'élite de ses savants.

Nous comptons également des noms illustres chez les Arabes. Ainsi parmi les philosophes Alkendy, Costa ben Luca, Alfaraby, Avicenne, Gazzaly, Averroès et Avicebron , parmi les mathématiciens et astronomes Tsabet ben Corra, les fils de Moussa ben Chaker, El Khouarezmy, Eben el Heitsam (Alhacen), Alfargany, Albatany, Géber ben Aflah, Albitroudjy, etc., enfin parmi les médecins les Sérapion, les

Mésué, Razès, Isaac, Ebn Eddjezzàr, Abulcasis, Aliben Abbas, Avicenne, Avenzoar, etc. Ajoutons que plusieurs comptent parmi toutes ces catégories, et que les plus éminents comptent une masse considérable de traductions.

Si nous divisons l'ensemble des traductions par catégories, nous en trouvons 90 pour les sciences philosophiques, physiques et naturelles, 70 pour les sciences mathématiques et astronomiques, 90 pour la médecine, et une quarantaine pour l'astrologie et l'alchimie, ne comptant parmi cette dernière catégorie que celles qui proviennent de Razès, d'Alfaraby et d' Avicenne.

En présence de ces faits on peut comprendre quelle agitation intellectuelle suscitèrent en Occident le travail des traductions de l'arabe en latin et leur mise à profit par les savants.

On a parlé des traductions ayant passé par l'hébreu. Nous n'en avons compté qu'une dizaine sur trois cents !

Pour un peu moins d'un tiers des traductions, nous ignorons les noms des traducteurs.

Les traductions dont nous venons de retracer l'histoire forment un groupe naturel et sont rattachées par un lien commun, la, pénurie latine au moyen âge. Quant à celles qui leur ont succédé, et qui se continuent de nos jours dans toutes les langues, elles n'ont plus le même but, mais procèdent de la curiosité scientifique. Elles n'ont plus guère qu'une importance historique, tandis que les premières étaient essentiellement un instrument de progrès, une expansion de la science arabe, encore vivace, du côté de l'Occident. Les traductions contemporaines, quel que soit leur intérêt, ne rentraient pas dans le plan que nous nous sommes tracé. Maintenant, si l'on jette un regard en arrière, et que l'on parcoure la période de plusieurs siècles dont les traductions de Bagdad sont le- premier terme et celles de Tolède le second, on verra que les Arabes ont joué dans les annales des progrès scientifiques un rôle plus important que celui qui leur est communément assigné.

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