‹ Histoire de la médecine arabe (volume 4)Chapitre 32 sur 241 · Livre VIIe. Du traitement des maladies · texte numérisé non relu

Livre VIIe. Du traitement des maladies

Nous allons en dire quelques mots.

Ier Livre. Averroès dit qu'il aura souvent à exposer ce qu'il croit la vérité, contradictoirement aux opinions des anciens. Ce qu'il se propose, c'est donner une introduction à ceux qui veulent étudier la médecine et un aide mémoire à tous. La pratique d'un art, dit-il, comporte la connaissance de trois choses : le sujet, le but et les moyens.

11° Livre. Ce livre n'est autre chose que de la physiologie ou l'exposé des fonctions des organes.

A propos de la génération, il nous dit qu'après avoir lu les ouvrages d'Aristote il a pris des informations multiples auprès des femmes et que l'une d'elles lui a juré qu'elle avait conçu par le fait de s'être trouvée dans un bain où des hommes avaient éjaculé.

Ce qu'il dit du cerveau tient autant de la psychologie que de la physiologie. Il y place quatre propriétés : l'imagination, la réflexion, la mémoire et la conservation, cette dernière différant de la précédente en ce que son action est continue tandis que celle de l'autre est intermittente. L'imagination réside dans la partie antérieure du cerveau, la pensée dans le ventricule moyen, la mémoire dans la partie postérieure. Bien que ces facultés n'aient pas d'organe spécial dit-il, elles n'en sont pas moins localisées : quam vis non habeant menïbra vel instrumenta, ipsa tamen habent propria loca in cerebro.

IIIe Livre. Il y est question des causes et des symptômes considérés d'une façon générale au point de vue des propriétés lésées, des org*anes et appareils.

IVÛ Livre. Des signes de la santé et des maladies.

Il est d'abord question des signes généraux, ainsi des signes de la pléthore, des signes tirés du pouls, de l'urine, des jours critiques, des signes favorables et des signes défavorables, enfin des signes tirés de chaque org-ane en particulier. Il ne croit pas à la fatalité des jours critiques et il oppose à Hippocrate et Galien, Razès et Avenzoar.

Ve Livre. Il a été imprimé à part, à la suite de Sérapion.

Au chapitre XI il est question d'un de ses amis du nom à'Ahiiberti Avensufu, où l'on pourrait voir Abou Bekr ebn Badja autrement dit Avenpace.

Au chapitre XXXI il proclame Avenzoar, l'auteur du Teissir, comme le plus grand médecin depuis Galien.

Au chapitre XXXVIII il dit que les eaux du fleuve sont meilleures à Cordoue qu'à Séville où le flux se fait sentir.

Le chapitre XLII est consacré aux médicaments simples dont le?, noms sont étrangement défigurés.

Il serait à désirer que l'on retrouvât le texte orig'inal du Colliget. Il y a là quelques synonymies données comme latines, d'un certain intérêt, mais on ne sait si elles proviennent du texte ou du traducteur.

Nous trouvons le fer désigné sous le nom de Veffaf.

Ne pourrait-on pas y voir une altération du mot Ouzzal, le fer, en berbère. Ce serait une des rares épaves que le berbère aurait laissées en Espagne.

Au chapitre LVIII il combat les opinions d'El Kendy sur les degrés des médicaments et leurs combinaisons.

VIe Livre. Ce livre est consacré à l'hygiène.

Il y parle d'une bière, cerevisia, que Ton ne buvait qu'après six mois et quand elle avait acquis la couleur du vin.

YJ.I0 Livre. C'est une sorte de traité de thérapeutique générale au point de vue des affections et des moyens de traitement.

A propos des évacuations sanguines il en cite une d'Avenzoar sur son fils âgé do trois ans.

A propos des fièvres putrides, il dit que l'on dépayse les malades, àemême qu'on envoie Lespneumoniquesen Ethiopie

ci en Arabie.

Il recommande le vin dans la syncope et en excuse l'emploi.

Dans le choléra, où se produisent des vomissements et des évacuations, il recommande les astringents, la ligature des membres et le bain.

Le passage relatif au Teissir, dont nous avons parlé, se trouve écourté dans la traduction latine.

M. Renan dit qu'il n'a trouvé aucun renseignement sur la traduction du Colliget : il la croit du milieu du XIIIe siècle. Nous pensons qu'elle a été faite en Espagne, vu la présence répétée du G intercalaire. On la donne généralement comme d'Armengand et elle fut revue par Alpagus.

B. Champier a publié à part les livres II, VI et VII sous le titre Très colleclaneorwn Averrhoi sectiones, et il se donne comme traducteur : Latinitate donavit.

Commentaire de Y Ardjouza (Canticumid'Àvicenne).

Cet abrég'é de médecine en vers est dit Ardjouza, du mètre employé, le mètre Redjez. On lui donne aussi le nom de Mendhouma, poème, composition rythmée. C'est ce que les traductions latines ont rendu par Canticwn. Cette double appellation a été la cause d'erreurs : d'un ouvrage on en a fait deux. C'est ainsi que Wustenfeld s'est laissé tromper par Casiri ; ce qu'il indique au n° 4 est identique avec le n° 2.

Le n° 858 de l'Escurial, aujourd'hui 863, n'est pas autre chose que l' Ardjouza d'Avicenne, commenté par Averroès. Ce Ms. d'une belle exécution, mais fatigué, porte des traces du fanatisme : on a biffé le Bismillah et couvert d'encre le nom de Mahomet. C'est du reste une profanation commune dans la Bibliothèque de l'Escurial, ainsi que nous l'avons dit dans le Récit de notre excursion. L'ouvrage est suivi d'un supplément relatif aux fièvres et aux tumeurs, qui se laissent désirer dans V Ardjouza, et cela, est-il dit, à titre de complément, ala djihet ettetmim ou ettekmil. Ce supplément, exécuté dans la forme de l' Ardjouza, est l'œuvre du Cheikh Haroun ben Ishaq l'Israélite, revue par Mohammed ben Abdessalem. Un double de cet ouvrage existe au ne 826 et Casiri a pris le supplément pour un autre poème d'Avicenne, et les auteurs de ce supplément il les a pris pour des commentateurs.

L'Ardjouza commenté par Averroès existe dans plusieurs bibliothèques européennes. Nous en avons rencontré deux exemplaires en Algérie.

La Bibliothèque de Paris en possède un exemplaire incomplet, de quarante-huit feuilles, sous le n° 1056, ancien fonds. Le texte va jusqu'aux crachats nummulaires. C'est le sixième n° du Recueil et il va de la feuille 106 à la feuille 154 inclusivement.

Le commentaire du n° 1022, supplément, n'est pas d'Averroès, comme nous l'avons déjà dit. Nous lisons à la iin qu'Abou Merouan Ebn Zohr faisait grand cas de l'Ardjouza et disait qu'il valait mieux que plusieurs livres. On sait qu'il n'avait pas une telle estime pour le Canon.

Nous nous bornerons à citer un passage du commentaire qui atteste l'esprit observateur d'Averroès.

Avicenne parle de l'influence des vents sur la constitution de l'air et il dit : L'air sera épais si le vent souffle de l'Ouest, et il sera subtil si le vent souffle de l'Est.

Averroès fait cette observation : « Il en est autrement en diverses contrées. C'est ainsi que dans notre presqu'île andalouse, dans la moitié occidentale, il pleut par un vent d'Ouest et il fait beau par un vent d'Est, tandis que dans la moitié orientale c'est le contraire, il pleut par un vent d'Est et il fait beau par un vent d'Ouest. »

En 1284 Armeng-and, médecin de Montpellier, traduisit, ou plutôt fit traduire, dit M. Renan, le commentaire sur le poème médical d'Avicenne. On voit cependant des éditions données comme d'Armengand et corrigées par Aipagus. Nous reviendrons sur cette question quand nous aurons à parler des traductions arabes latines au moyen âge.

Traité du tempérament.

Traité des fièvres périodiques.

Traité des fièvres putrides.

Traité de la thériaque.

Du tempérament pondéré.

Le traité des fièvres et celui delà thériaque ont été traduits en latin et imprimés.

Commentaires sur les ouvrages suivants de Galien :

Les Eléments.

Les Tempéraments.

Les Facultés naturelles.

Les Causes et les symptômes.

Les Lieux affectés.

Le Livre des fièvres.

Le Livre des simples.

L'Art de guérir.

Citons enfin les Règles pour l'administration des médicaments laxatifs, traduits d'abord en hébreu, puis en latin à Toulouse, en 1304, sous le titre CanonesAverroys quœdebent observari in dandis medicinis laxativis, ainsi que nous l'apprenons par une curieuse annotation du n° 6949 du fonds latin de Paris.

Nous aurons à revenir plus tard sur les questions que soulèvent les traductions latines d'Averroès.

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