‹ Histoire de la médecine arabe (volume 4)Chapitre 66 sur 241 · ABOU BEOR EL FARSV · texte numérisé non relu

ABOU BEOR EL FARSV

Abou Becr el Farsy est l'auteur d'un opuscule qui porte le titre ElDorrat cl MountcJdieba fil adouïatcl moudjarrïbat, la Perle choisie des remèdes expérimentés. 11 existe à l'ancien fonds arabe de Paris sous le n° 1085.

Il est divisé en XII sections, et relate les médicaments qui conviennent à chaque maladie, en suivant l'ordre habituel de ces résumés. C'est un écrit sans portée dont le XI0 chapitre est consacré aux talismans. Il est dédié à Malek el Modhaffer, fils du sultan alors régnant, Moulana, Malek el Mansour.

(1) lludji kh;i]f:i. n" 186, lui attribue un livre intitulé Ahlcam cl Ahkam, jugements des jugements. Nous ignorons s'il s'agit de médecine ou d'astrologie^

La Perle choisie est aussi mentionnée par Hadji Klialfa, sons le n° 4795. Ce livre, dit-il, traite de la médecine corporelle et de la médecine spirituelle, et il est divisé en XII parties. Nous trouvons, toutefois, dans Hadji Klialfa deux différences. La première porte sur le nom de l'auteur, qui est appelée Nasr ben Nasr. Cet ouvrage existe aussi dans la bibliothèque de Copenhague, et le catalog'ue observe que le copiste donne à l'auteur le nom d'Aboubecr elFarsy, contrairement à ce qu'on lit dans Hadji Klialfa. L'autre différence porte sur le nom du prince, appelé par Hadji Klialfa Daoud fils du sultan Malek el Mansour. Cette double difficulté est du reste facile à résoudre.

Les noms du prince et de l'auteur dans notre Manuscrit ne sont en définitive que des surnoms, et le vrai nom se trouve départ et d'autre absent. À défaut de document plus explicite nous n'hésitons pas à considérer Nasr comme le nom d'Abou Becr el Farsy, et Daoud comme celui de Malek el Modhaffer.

Il reste cependant une autre difficulté : les documents actuellement à notre disposition relativement à Malek el Modhaffer se trouvant en discordance, nous croyons que l'erreur est du côté de d'Herbelot.

Malek el Mansour, descendant de Rassoul et chef de la dynastie Rassoulide, laissait en l'année G47 de l'hégire, 1249 de notre ère, le trône de l'Yémen à son fils Modhaffer. Nous trouvons dans d'Herbelot et ailleurs, notamment dans le Nacery de M. Perron, que le nom de Modhaffer était Yousouf et non pas Daoud.

Si nous ne pouvons expliquer cette contradiction, il n'en reste pas moins établi que, dans le courant du XIII9 siècle, Abou Becr elFarsy dédiait son ouvrage à un prince rassoulide. Nous aurons plus d'une occasion de constater les encouragements donnés par ces petits souverains à la science, qu'ils cultivaient eux-mêmes.

DJEMAL EDDIN MOHAMMED BEN ABI BECIt EL FARS?;

La Bibliothèque bodléienne possède sous ce nom, n° CIO, un ouvrage intitulé Madat elHaïa, la Substance de la vie. Il est évident pour nous que ce personnage n'est autre chose qu'un fils du précédent. Nous allons, du reste, fournir une nouvelle preuve à l'appui.

Nous lisons dans d'Herbelot que Mohammed ben Abi Becr el Farsy dédiait un Zidj ou tables astronomiques à Malek el Modhaffer Abou Mansour Yousouf ben Omar, souverain de l'Iémen.

Il y a donc une concordance parfaite, à part ce nom d'Abou Mansour, qu'il faut évidemment remplacer par Ebn Mansour. Il y a aussi une autre erreur à relever chez d'Herbelot. Il dit que cet auteur cite plusieurs tables astronomiques antérieures, c'est-à-dire antérieures à l'année 541. Nous croyons qu'il faut lire 041.

Nous allons voir un prince rassoulide, un fils de Modhaffer, composer un ouvrage de médecine.

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