‹ Histoire de la médecine arabe (volume 4)Chapitre 82 sur 241 · ISSA BEN MOHAMMED BEN SADA ELLOUACHY EL R ARNATIIY · texte numérisé non relu

ISSA BEN MOHAMMED BEN SADA ELLOUACHY EL R ARNATIIY

Nous ne le connaissons que par un manuscrit qui nous est tombé sous la main en Algérie. Son dernier surnom le fait originaire ou habitant de Grenade.

Nous avons d'ailleurs un autre témoignage de sa qualité d'Espagnol. Nous apprenons dans son ouvrage qu'il eut pour maître Abou Becr Mohammed ben Assam Errakouthy el Mursy, dont nous avons parlé précédemment, qui vint se fixer à Grenade où il mourut.

L'ouvrage d'Issa ben Mohammed porte ce titre : El qaft ou el Miftah fi aslah eladjesam ou el arouah, Le pêne et la clef pour la santé du corps et de l'âme. Il est divisé en sept parties.

La première traite des organes humains, la deuxième de la santé, la troisième des maladies, la quatrième des signes de la santé et de la maladie, la cinquième des aliments et des médicaments, la sixième de l'hygiène, la septième de la thérapeutique.

L'auteur procède souvent par voie de demandes et de réponses. Les aliments sont longuement traités et classés suivant leurs propriétés.

Ce n'est là du reste qu'un ouvrage médiocre, où l'auteur croit à l'influence des astres.

Parmi les auteurs cités, nous avons remarqué Àverroès et Ebn el Khathib. Les faits que nous avons exposés plus haut prouvent qu'il ne s'agit pas du célèbre Lissan eddin ebn el Khathib, qui ne vint qu'un siècle plus tard.

Nous croyons ne pouvoir mieux placer que dans le siècle d'Aboul Abbas Ennabaty et d'Ebn el Beithâr le médecin qui suit, dont l'époque ne nous est pas connue.

Mohammed ben Ali ben Farah, surnommé El Chafra, do la ville de Corella, fut un bon médecin et un très habile botaniste. Il recherchait les plantes les plus remarquables et les plus rares, là même où elles croissaient, les récoltait de sa main et ne reculait devant aucune difficulté de terrain. Le prince Nasser, qui rég'nait alors àGuadix, l'ayant choisi pour son médecin, il institua dans la résidence royale un jardin botanique parfaitement installé.

Les médecins dont nous allons parler ne nous sont connus que par les extraits de Casiri.

Mohammed ben Baker el Fahri, de Valence, était un médecin et un annaliste distingué. Il mourut à Pourchena en 1221.

Mohammed ben Ali Abou Bekr el Karchy el Bahry, de

Sévilie, était un philosophe très éminent et attaché comme médecin h la personne du roi. Il mourut en 1226, à l'âge de 90 ans.

Abdallah ben Ahmed ben Hafs el Ansary, de Dénia, fut un médecin et un historien distingue. 11 mourut au Caire, en l'année 1217.

Abou Bekr Mohammed ben Ahmed Errakouthy, de Murcie, cultiva avec succès la philosophie, la médecine, les mathématiques, la musique et la littérature. Lors de la prise d<! Murcie, en 1212, le roi des chrétiens en fit tant de cas, qu'il fonda une école où notre savant enseignait publiquement les sciences et les lettres, ayant pour auditeurs

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chrétiens, musulmans et juifs. Le prince voulait lui faire quitter le Christianisme, ce à quoi il répondit: Je ne connais qu'un Dieu et j'ai déjà bien de la peine à le servir; que serait-ce, si je devais en servir plusieurs? Abou Bekr mourut à Grenade.

Abou Mohammed Abdallah ben Ibrahim, vulgairement appelé Ben Zobaïr, était de Grenade. Il ne pratiqua pas seulement l'art médical, mais fut aussi un philologue et un brave guerrier. Né en 1245, il mourut en 1284.

Mohammed ben Abdallah ben îFathis cultiva la médecine et les lettres avec succès. Il mourut en 1311.

Mohammed ben Ibrahim ben Ahmed el Aouassy, vulgairement Abou Abdallah ebn Erraquam, naquit à Murcie. C'était un homme éminent et un médecin hors ligne, en même temps qu'habile mathématicien et astronome. Il professa longtemps la médecine à Grenade. Il publia plusieurs ouvrages, qui eurent un succès durable, dont un livre du Traitement des Maladies, en 12 volumes. Il mourut en 1315.

Abd el Aziz ben Abdallah el Araky, né à Guadix, fut un médecin et un poète remarquable. Il mourut en 1315.

Abou Abdallah Mohammed ben Abd el Aziz ben Salem ben Kalef, de Munecar, fut un médecin très distingué et un bon poète. La renommée de ses succès le fit choisir par le roi de Grenade pour son premier médecin. Dans le manuscrit qui contient sa notice, on trouve plusieurs pièces de vers de sa façon, composées à la louang'e de médecins distingués, qui tous étaient au service de la famille royale. De ce nombre étaient Fares ben Ibrahim, vulgairement dit ben Zerzour, israélite ; Abou Djafar el Kazny, de Séville; Aboul Asbag ben Sada, de Valence ; Abou Temam Galeb, de Segora. Il mourut à Grenade en 1317, après avoir rempli les fonctions de trésorier du roi.

Les Médecins de Bougie.

La médecine qui, au Xe siècle, avait brillé malheureusement d'un éclat passager à Caïrouan, refleurit un moment à Bougie, dans le courant du XIIIe.

C'est à M. Cherbonneau que nous devons cette révélation, et c'est à lui que nous allons emprunter tous nos renseignements sur une pléiade de savants. Si nous n'avons pas d'hommes éminents à signaler, le grand nombre des noms mis en lumière accuse un certain mouvement scientifique que nous ne saurions passer sous silence, d'autant plus que, de tous les états musulmans, le Magreb est celui qui nous a fourni le plus faible contingent. Il faut bien que ces hommes aient eu quelque mérite, pour que l'on nous ait transmis sur leur compte quelques renseignements, si modestes qu'ils soient. Laissant de côté les littérateurs et les jurisconsultes qui figurent en grand nombre, nous ne voulons nous occuper que des médecins.

Mohammed ben el Hassan ben Mimoun Ettemimy, grammairien, jurisconsulte et historien, écrivit aussi sur la médecine. Il mourut en 1274.

Ahmed ben Khaled, originaire de Malaga, jurisconsulte et médecin, mourut à Bougie, en 1261.

Mohammed ben Ahmed el Omaoui dit Ebn Eddares, jurisconsulte et médecin, enseigna la médecine à Bougie. C'était un homme prudent, qui ne s'engageait dans le traitement des malades qu'après avoir mûrement réfléchi. Il était médecin de la cour depuis quelque temps quand El Mostancer l'appela à Tunis, où il mourut en 1271. On cite de lui deux traités en vers, l'un sur la thérapeutique, et l'autre sur la pharmaceutique.

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Aboulcasem ben Zeitoun, qui cultivait le droit et la médecine, mourut en 1201.

Ces savants et d'autres, au nombre de vingt, avaient été les maîtres de R'obriny, l'auteur du livre exhumé par M. Cherbonneau.

Aboul Abbas Ahmed, médecin d'Ispalian, se fixa quelque temps à Bougie et alla terminer sa carrière au Maroc. Il en fut de même de Taky eddin, que nous croyons être le même que celui dont il est question au chapitre de l'Irak.

Ali ben Amran ben Assatir, de Miliana, s'établit à Bougie, où il mourut en 1271.

Abd el Hak ben Ibrahim ben Sebaïn, médecin de Murcie, habita Bougie, où il mourut en 1270.

Ahmed ben Aboulcassem Ettemimy, cadi de Bougie, cultivait aussi la médecine.

Ajoutons qu'à la même époque, le saint homme Abou Medin, en vénération à Tlemcen, enseignait le droit à Bougie.

Bougie dépendait alors des Hafsides de Tunis, qui la faisaient gouverner par un prince du sang. Ce qui accrut encore son importance, c'est que plusieurs fois des gouverneurs se déclarèrent indépendants et reconstituèrent un état qui s'étendait au-delà de Constantine. En 1304, une intrigue fut fatale au cadi de Bougie Aboul Abbas Errobriny. M. Cherbonneau fait mourir son auteur, également cadi de Bougie, de mort naturelle en 1314. Y a-t-il une erreur?

Quant aux souverains de Tunis, ils protégeaient alors les lettres et les sciences. Abou Zakaria, mort en 1240, laissa une bibliothèque de 30,000 volumes, d'après El Keirouany. Un de ses succeseeurs, Abou Fares, mort en 1433, institua une bibliothèque ouverte au public. D'autres hafsides construisirent de pareils établissements.

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