REVUE SOMMAIRE DU XV SIÈCLE
La dîffuâioû des Hcîences et leur culture par toutes les parties de l'empire musulman, fondée au X* siècle, se maintint et s^affermit pendant le XI' malgré les révolutions qui ragitaient et déplaçaient le pouvoir.
Sans entrer dans le détail des événements nous devons en signaler cependant les traita les plus saillants.
A Bagfdad, les Khalifes continuent à subir la tutèle des étrangers, A celle des Boui'deSj succéda celle des Seldjoucidea : Alp Arslan entrait à Bagdad en Tannée 1055,
Cependant les sciences trouvèrent encore des protecteurs chez ces nouveaux maîtres, Alp Arslan eut l'heureuse idée de prendre pour ministre Nizam el Moulk, et ce fut encore celui de sou successeur Malek Chah, le plus grand prince de la dynastie. Nizam el Moulk était non -seulement le protecteur des savants, mais il occupait parmi eux une des premières places. Il fonda des écoles dans les villes de Hérat, dlapahan et de Bassora. Mais sa fondation la plus célèbre est la fameuse école de Bagdad, comme sous le nom de Medressat ennizamia. Cette belle existence» de près d'un siècle, fut tranchée par le fer d'un assassin,
A rOrieut, l'empire était dé membre par les Gaznévides. Mahmoud, qui résidait à Gazua, se plaisait dans la compa^ gnie d*El Birouny et de Firdoussy, Il avait m^me invité Avicenne, qui préféra son indépendance.
L'Egypte maintint son autonomie, mais elle eut ses calamités. Nous voyons d'abord l'imbécile Hakem protégeant aussi les savants, mais persécutant les dissidente. Le long règne de Mostaucer est marqué par les discordes civiles, la peste, la famine et le pillage de riches bibliothèques. Ce ne
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fut que vers la fin que le visir Bedr Eddjemaly rendit à l'Eg'ypte son ancienne prospérité.
L'Espagpne fut pareillement éprouvée. La dynastie des Ommiades s'éteig'nit au milieu des troubles civils, l'Espagne se morcela et dans ces agitations nous avons encore à déplorer des sinistres pour les livres.
En dépit des circonstances, nous voyons cependant les sciences poursuivre leur cours tant en Orient qu'en Occident.
Si nous enregistrons un nombre un peu moins considérable de savants, nous comptons autant d'hommes supérieurs, dominant la foule et laissant après eux une trace de leur passage.
Les productions médicales continuent à prendre une allure indépendante et déjà un certain cachet d'originalité. Les Arabes se sentent déjà riches de leur propre fonds. Nous voyons apparaître certains écrits non moins remarquables par la nouveauté de la forme que par la valeur du fonds.
Au premier rang de tous les médecins du XI* siècle se place Avicenne. Avec un génie différent de celui de Razès, il pesa d'un poids encore plus grand sur les destinées de la médecine. Le Canon d' Avicenne, conçu suivant un plan plus large que le Continent, avec une méthode plus rigoureuse, embrassant toutes les parties de la science, eut une influence capitale sur les destinées de la médecine, non-seulement dans les limites du monde musulman, mais en dehors de ces limites chez les nations chrétiennes. L'Orient ne cessa de l'étudier et de le commenter en tout ou en partie : l'Occident le prit, pendant des siècles, pour base de son enseignement, après l'avoir traduit en latin.
C'est encore au XP siècle qu'appartient un homme peutêtre d'origine arabe et converti au christianisme, qui le premier importa dans l'Occident non-seulement les œuvres des médecins arabes, mais celles d'Hippocrate et de Galien, qu'il traduisit en latin, et fit sortir l'Europe barbare de sa longue torpeur. Nous voulons parler de Constantin l'Africain.
En même temps que les attaches avec les anciens se laissent de moins en moins apercevoir, nous voyons le chiffire
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àm médecins cbrétieas diminuer et û*apparaître poui' ainsi dire que dans Tlrak. Dans les sciences étrangères à la médecine et relevant des mathématiqueSp nous ne voyons que des noms arabes.
En même temps les Juifs se montrent plus nombreux sur la scène*
Si nous jetons un coup d'ceil rapide sur les diverses contrées de rislamisme, nous voyons d* abord en Perse Avicennc, presque toujours en voyage, rencontrer dans toutes les parties de la haute Asie des aliments pour ses travaux» former des élèves et compter El Birouny parmi ses amis et ses correspondants.
A Bagdad, ce sont Eben Botlao, Ebeu Djezla et Aboulfa* radj ben Tbayeb^ les deux premiers donnant à la médecine et à rhygiène une forme d'exposition plus commode pour renseignement, etledernlerj familiarisé avec les Grecs, commenter leurs philosophes aussi bien que leurs médecins. A cette époque nous croyons aussi devoir rattacher le célèbre oculiste Aly ben Issa*
La Syrie commence à se réveiller, et se prépare au rûle qu'elle doit jouer dans les deux siècles suivants.
En Egypte, las sciences sont cultivées avec ferveur en dépit des troubles politiques. Ce qui caractérise TÉgypte à cette époque, c'est la quantité prodigieuse de livres qu'elle recueille, l'importance presque fabuleuse de ses bibliothèques publiques et privées.
La mosquée El Azhar est toujours une pépinièi*e de savants, où se forme le grand mathématicien Ebn el Heitsam, dont la fécondité nous étonne. En même temps apparaissent Toculiste Omar ben Aly» et le grand médecin Aly ben Rodhouau, qui fut nommé chef des médecins en Egypte.
En Espagne, les élèves sortis de l'école de Moslema cultivent la médecine aussi bien que les sciences mathématiques* Parmi les médecins et naturalistes nous citerons Ebn Ouafed qui fut traduit en latin sous le nom d'Eben Guefîth, le géographe El Bécry, ragriculteur Ebn el Hedjadj, enfin le premier médecin de la famille des Avenzoar,
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Parallèlement à la médecine marchaient les autressciences.
Dans l'extrême Orient, El Birouny, polygrraphe éminent, étudiait llnde et traduisait les ouvragées sanscrits, écrivait le Canoun el Massoudy, traité de géographie mathématique dédié à Massoud fils de Mahmoud, en même temps qu*il s'occupait de physique et d'histoire.
A Bagdad, Omar ben el Kheyam cultivait les mathématiques, réformait le calendrier persan, réformation connue sous le nom d'ère Djélaléenne^ d'un surnom de Malek Ghah^ et dirigeait l'observatoire fondé par Nidham el Moulk» dont nous avons déjà signalé les fondations scientifiques.
En Egypte, alors que s'éteignait Ebn el Younis florissait Ebn el Heitsam, peut-être le plus profond et le plus fécond des mathématiciens arabes.
En Espagne, les mathématiques et l'astronomie étaient cultivées par les disciples de Moslemah et par Ârzakel, et Bécry composait un remarquable traité de géographie.
Ajoutons qu'en Orient la philosophie était représentée par le célèbre Gazzaly, qui finit par se retourner contre sa nourrice et s'éteindre dans le mysticisme. 11 fut à la tête de la Medressa Nidhamia.
Nous devons enfin ajouter ici le nom d'Avicenne, qui ne cultiva pas exclusivement la médecine, mais les autres sciences, et jusqu'à l'alchimie. On sait que son ouvrage dit El Chefa se trouve imprimé avec le Canon.