‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2Chapitre 55 sur 162 · ABOU BECR EL FARSY · texte numérisé non relu

ABOU BECR EL FARSY

Abou Becr el Farsy est Tauteur d'un opuscule qui porte le titre ElDorrat el Mountekheba fil adouïatel moudjarrîbat, la Perle choisie des remèdes expérimentés. Il existe à Tancien fonds arabe de Paris sous le n* 1085.

Il est divisé en XII sections, et relate les médicaments qui conviennent à chaque maladie, eu suivant Tordre habituel de ces résumés. C'est un écrit sans portée dont le XI« chapitre est consacré aux talismans. Il est dédié à Malek el Modhaffer, fils du sultan alors régnant, Moulana, Malek el Mansour.

(1) Hadji Khalfû, n° 136, lui attribue un livre intitulé Âhkam el Ahkam, jugements des jugements. Nous ignorons s'il s'agit de médecine ou d'astrologie.

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1,;l Perle cUoiatc est aua.-ii laeiitioiuiiiu par Hadji Klmlta, suua le 11* 1705. Co livre, dit-il, traite de U médecine corporelle et de lu médecine spirituelle, et il est divisé eu XII parties. Noua trouvouri, toutefois, dans Hadji Kbalfa deux différences. La première porte sur le nom de l'auteur, qui est appelée Nasr ben Naar. Cet ouvrage existe aufiai dans la bibliotlièqiic de Copeuliaffue, et le catalogue observe que le copiste donne à l'auteur le nom d'Aboubecr el Farsy, contrairement à ce qu'on lit dans Hadji Klialfa. L'autre différente jiorte sur le nom du prince, appelé par Hadji Klialfa Daoud Hls du sultan Malek el Manaour. Cette double difficulté est du reste facile à résoudre.

Les noms du prince et de l'auteur dans notre Manuscrit ne sont eu définitive que des surnoms, et le vrai nom se trouve de part et d'autre abusent. A défaut de document plus explicite nous n'hésitons pan a considérer Nasr comme le nom d'Abou Becr ol I''ar.^y, et Daoud comme celui de Malek el Modhaffer.

Il rciite cepeudaut une autre difiioultii: les documenta iictuellement ii notre disposition relativement k Malek el Modhaffer se trouvant eu discordance, nous croyons que l'erreur est du cûté de d'Herbelot.

Malek et Mansour, descendant du lîassoul et chef do la dynastie liassoulide, laissait eu l'année 047 du l'hégire, 1340 de notre ère, le trûne de l'Yémen à son fils Modhaffer. Nous trouvons dans d'Herbelot et ailleurs, notamment dans le Nacery de M. Perron, que le nom de Modhaffer était Yousoof et non pas Daoud.

Si nous ne pouvons expliquer cette contradiction, il n'en reste pas moins établi que, dans le courant du XIII* siècle, Abou lîecr el Farsy dédiait son ouvrage i\ un prince rassoulide. Nous aurons plus d'une occasion de constater les encouragements donnés pur ces petits souverains t la science, qu'Us cultivaient eux-mêmes.

512 UISTOIIŒ DE LA MÉDECINE AUABE. — UVliE SIXIÈME.

DJEMAL ËDDIN MOHAMMED BEN ABI BECR EL FARSY.

La Bibliothèque bodléienne possède sous ce nom, n* 616, un ouvrage intitulé Madat cl Haîa, la Substance de la vie. Il est évident pour nous que ce personnagpe n*est autre chose qu'un fils du précédent. Nous allons, du reste, fournir une nouvelle preuve à l'appui.

Nous lisons dans d'Herbelot que Mohammed ben Abi Becr el Farsy dédiait un Zidj ou tables astronomiques à Malek el Modhaffer Abou Mansour Yousouf ben Omar, souverain de riémen.

Il y a donc une concordance parfaite, à part ce nom d'Abou Mansour, qu'il faut évidemment remplacer par Ebn Mansour. Il y a aussi une autre erreur à relever chez d'Herbelot. Il dit que cet auteur cite plusieurs tables astronomiques antérieures, c'est-à-dire antérieures à l'année 5il. Nous croyons qu'il faut lire 041.

Nous allons voir un prince rassoulide, un fils de Modhaffer, composer un ouvrage de médecine.

MALEIC EL ACHRAF UEN YOUSEF.

Le u* 550 de la Bibliothèque bodléienne contient un ouvrage intitulé : El Mouatemed Fitthobb, le Confiant dans la médecine, composé par Malek el Achraf Omar ben Yousef ben Omar ben Ali ben Ra.ssoul, sultan de l'Yémen.

Wtistenfeld s'est avisé de voir là un écrit adressé par Aboul Hedjadj Yousef, Tami de Mainionidc, au sultan iVEgypte Malek el Achraf régnant en 1200.

11 y a là un singulier lapsus. D'abord Aboul Hadjadj lousef revient pour la seconde fois et fort mal à propos. Ensuite il ne s'agit pas de TEgypte, mais de Tlémen. Les Aïoubites Tavaient possédé pendant plus d'un demi-siècle. En 1232, ils furent dépossédés par ]\Iansour Noureddin Omar ben Ali, fils de Rassoul, chef d'une nouvelle dynastie, les

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llas.'^ulide.s. La date doiiiuie par Wilstenfeld est celle de la mort d'Omar el Achraf, qui rég-na deux ans.

Nous verrons, au siècle suivant, que le goût des sciences était héréditaire dans cette famille. Un traité d'hippologie, le Kitab el Akoual^ fut composé par un prince rassoulide.

DONMSERY.

Imad eddin Abou Abdallah Mohammed ben Abbas Eddonisery, né en 605 de l'hégire, 1209 de notre ère, vécut jusqu'en l'année 086 (1287). Il figure dans les listes supplémentaires d'Ebn Abi Ossaïbiah parmi les médecins de Syrie. Iladji Khalfa cite de lui, sous le n"" 401, un Poème sur la thériaque.

NEFIS EDDIN ET SAFV EDDIN.

Ces deux médecins, dont le premier était le père du second, vivaient dans le courant du XIII« siècle. Le premier, surnommé Ebn Tolaïb de Damas, était suivant Aboulfarage «hef des médecins de Houlagou. Tous deux étaient chrétiens Melkites. (Aboulfaradj).

Bien que le Caire fut éclipsé par Damas, le mouvement scientifique n'en fut pas moins accusé en Egypte.

Les princes aïoubites descendants de Saladin, marchèrent sur les traces de leur père, le fondateur de Thôpital Ënnacery. L'un d'eux voulut retenir Âboul Abbas Ennabaty, Tantre fut plus heureux & l'endroit d'Ebn el Beithâr. Il faut remarquer encore que bon nombre de médecins, qui appartiennent plus spécialement à la Syrie, firent en Égrypte une partie de leurs études et même y furent attachés h l'hOpital Ennacery.

Ainsi en est-il pour toute la famille d'Ebn Abî Ossaïbîah, pour Abdellatif, pour El Mohendes, pour Errahaby, pour lousef Essebty. Ebn Eddakhouar fut nommé médecin en chef de l'Egypte et de la Syrie, les deux sultanies s'étant trouvées réunies sous le môme sceptre.

Du reste, on compte encore en Egypte quelques médecins éminents, tels que Sedid eddin ben Abil Bayan, Cohen el Attar, Djemal eddin ben Abi HaouaflFér, Nefis eddin ben Zobéir. Ces deux derniers médecins furent nommés en chef en Ég'ypte.

Le nom le phis éminent est celui d'Ebn el Beithâr, le plus g-rand botaniste des Arabes, qui réunit seul l'érudition à l'observation directe de la nature. Il fut nommé chef des herboristes en Èg'ypte, et suivant une autre version chef des médecins.

Sur la fin du siècle une dynastie nouvelle, celle des Mamelouks se montra aussi favorable aux sciences. Kalaonii

restaiii'iiit riiûpital connu sous lu nom île Morîstan, et son liremier écuyer, Abou Bekr beii Betlr, lui dédiait un précieux traité d'hippoloffiQ et d'hippiatrique.

COHEN EL ATTHAR.

Aboul Mena beu Abi Nasr ben HaS'alid, plus connu sous II! nom de Coken cl Atthar. le prêtre pliarmacien, et dit aussi el Israïly. el Harouny, de sa religion et de sa descendance, vivait au Caire dans le courant du XIII' siècle. Nous savons par ses écrits qu'il composait en l'année 1259 de notre ère. Hadji Klialfa, qui lui a consacré une courte notice, ne donne pas d'autre date (n* 13,230 de l'édition Flue^el).

Nous avons de lui un traité de pharmacie qui porte le titre de Menhadj Eddokkàn, ou Manuel de l'offlcine, un des meilleurs qui nous soient restés sur la matière, tant pour le fonds que pouv la forme et l'esprit suivant lequel il est composé.

Comme il arrive t,'-énéralement en pareil cas, il nous dit dans sa préface qu'il a été déterminé par les imperfections des écrits antérieurs. C'est aiusi que tout en citant avec éloge le Destour et Mareslany d'Aboul Uaïan Essedid, il fait observer qu'il est trop sommaire et qu'il s'adresse surtout aux médecins.

Pour lui c'est aux pharmuciens qu'il s'adresse. La pharmacie, Sa-naat Essidla, dite aussi de son temps l'art des drog-ues et des boissons, est la plus noble des sciences après la médecine.

Le pharmacien doit être dirigé dans sa marche, il doit être dans la position d'un maître via-à-vis d'un élève. Il a donc eu recours h des autorités sûres et incontestées.

L'importance de cet ouvrage autorisera les détails dans lesquels nous allons entrer. C'est un des meilleurs spécimens que nous puissions donner.

Le livre est divisé en XXV chapitres ;

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