‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2Chapitre 60 sur 162 · V. — ESPAGNE ET MAGREB · texte numérisé non relu

V. — ESPAGNE ET MAGREB

L'Espagne musulmane semblait avoir jeté toute sa sève au XII* siècle, et ne pouvait que décroître.

D*autre part l'invasion Almohade fut bientôt refoulée sur l'autre rive du détroit, les musulmans furent déplus en plus pressés par les chrétiens et ne surent pas rester unis contre l'ennemi commun. Cordouc et Séville tombèrent au pouvoir des chrétiens, et les Arabes furent bientôt réduits au petit royaume de Grenade.

Tant que dura la domination des Almohades, nous voyons encore un certain nombre de médecins qui s'étaient formés dans le siècle précédent, attachés à la personne des souverains, la plupart les suivant à Maroc, et y terminant leurs jours, quelquefois après y avoir enseigné la médecine. Le Maroc bénéficia ainsi des infortunes de l'Espagne. Il en fut de même du Magreb moyen, notre moderne Algérie. Quelques médecins allèrent se réfugier à Bougie, qui fut pendant le treizième siècle un petit centre de lumières.

Un seul nom domine la foule des quelques médecins andalous, c'est celui d'Aboul Abbas Eunabaty, le plus grand botaniste observateur des Arabes, et qui aurait égalé son disciple, Ebn el Beithâr, s'il en avait eu l'érudition.

A côté de lui, nous citerons Abdallah ben Saleh, un autre botaniste, qui fut aussi le maître d'Ebn el Beithâr, et qui fit des études sur les deux rives du détroit.

Le plus éminent des médecins de cette époque fut Aboul Hedjadj ben Mouratir.

Ajoutons que les derniers représentants de la famille

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d'Avenzoar, dont nous avons parlé au siècle précédent, soutenaient encore dignement au XIIP siècle la vieille réputation de la famille.

Eu somme, si l'Espagne musulmane avait perdu ces grands hommes du siècle précédent, il lui restait encore bon nombre de savants de second ordre. Alphonse les attirait à sa cour. Avec eux il cultivait l'astronomie et rédigeait les tables alphonsines, qui lui assurent un impérissable souvenir.

ABOUL UEDJADJ BEN MOURATIR.

Aboul Iledjadj Yousef ben Mouratir nous est donné comme médecin éminent, d'un jugement sur et bon praticien. Il était aussi versé dans la jurisprudence et les traditions et composait des poésies. Il servit d'abord le Khalife Abou lousef Iakoub el Mansour auprès duquel il était en crédit et dans l'intimité, puis Ennacer qu'il accompagna à Tunis, puis Mostancer sous le règne duquel il mourut h Maroc, dans un âge avancé.

ABOU ABDALLAH BEN lÉZID.

Abou Abdallah ben lézid, neveu du précédent, était médecin et poète.

ABOU ISHAQ IBRAHIM EDDANY.

Originaire de Bougie, il se rendit h Algésiras où il fut chargé de l'hôpital de cette ville, fonction dans laquelle ses fils lui succédèrent. L'aîné, Abou Abdallah Mohammed, fut tué à la bataille d'El Oqab (Las Navas) en 1212, en compagnie d'Ennacer. Ibrahim Eddany était un médecin passionné pour sa profession. Il mourut à Maroc sous le règne do Mostancer.

242 MISTOIRE DE LA 1IÉD£CIM£ AKABI. — UVRB SIXIÈME.

ABOU lAHTA BEN ASSAH.

Il était de Séville, bon médeciD, entendu dans la connaissance des médicaments simples et composés. C'était le pharmacien en chef du Khalife el Mansour, auprès duquel il fut remplacé par son fils. Il mourut à Maroc sous Mostancer.

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