‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2Chapitre 62 sur 162 · ABOU BEKR DE^I EL QUADHY · texte numérisé non relu

ABOU BEKR DE^I EL QUADHY

Abou Beki' beii el Qadliy Abil Hussein Ezzaliry naquit à, Séville. Dans aa jeunesae, il fut panaiooué pour lea échecs, au point qu'on l'appelait l'iiomme aux échecs. Cette réputation hii devint à charg'e et, pour la faire oublier, il quitta les échecs et se mit iv l'étude delà médecine à l'école d' A verroèa. Formé par un tel maître, il prit rang- parmi lea bons médecins de Séville. C'était un esprit distingué, d'un caractère généreux, et qui donnait gratuitement seâ soins aux malades. II cultivait aussi les sciences et la littérature. Ali ben Abd el Moumeu, prince de Séville, le prit à son service. 11 mourut sous le règne de Mostancer, t Vàge de 85 ans.

AliOU ABD ALLAH E.N.NEDltOUMY.

Abou Abdallah Mohammed ben Sahuoun reçut le surnum de Nedroumy, de la ville de Nedroma, qui dépendait alors du royaume de Tlemcen, d'où sa famille était originaire. Il reçut encore celui d'ElKoumy, du nomdelatribu de laquelle il descendait lui-même, naquit il Cordoue vers 580 (1184;, puis il se rendit k Séville oii il apprit la médecine ii l'école d'Averroès et d'Aboul Hedjadj ben Monratir. Après avoir ëcrvi les Khalifes Ennacer et Mostancer, il passa au service d'Aboul Nedja Salem ben Houd, puis de son frère Abdallah. C'était un homme intelligent et pratiquant les bonnes oeuvrea. Il laissa un abrégé d'un ouvrage de Cazzaly.

ABOU DJAKAR AHMED BE.V SABEK.

Natif de Cordoue, élève d'Averroès, intelligent et bon praticien, il fat attaché à la personne du Khalife Ennacer.

(1) Ceci est <lit formellement dans la notice que lui B coniacrea llakkarj. Ancien fouUs, n* 704, p. 277.

ABOU ISHAQ BEN TEMLOUS

Né aux environs de Valence et médecin distingué il servit le Khalife Ennacer.

ABOUL ABBAS BEN ROUMYA ENNABATY.

Âboul Abbas Ahmed ben Mohammed ben Moufarredj, dit Ebn Erroumya ou le fils de la Chrétienne, est plus connu sous le surnom d'Ennabaty, qui lui fut donné en raison de ses connaissances en botanique. A propos de ce surnom, nous ferons observer que Fluëgel, dans son édition de Hadji Khalfa, écrit aussi ce nom El Bounany, par suite d'une position vicieuse des points diacritiques dans l'arabe, tandis qu'au n*> 10,131 le texte, pour éviter une erreur, dit qu'il faut écrire ce nom par un Noun et un ba (un n et un b). Nous faisons cette observation, parce que la même erreur s'est reproduite à propos d'Ebn el Beithâr, qui fut aussi surnommé Ennabaty, le botaniste, que l'on a lu Benany, mot dans lequel on a voulu chercher une fabuleuse localité de Benana, qui aurait été la patrie d'Ebn Beithàr, né a Malag'a, ainsi qu'il le rappelle dans plus d'un endroit de ses livres.

Aboul Abbas naquît à Séville en 561 (1165) suivant les uns, et 567 (1171) suivant d'autres. Parmi les diverses branches de la médecine, il cultiva spécialement et avec ferveur l'étude des plantes. Rompant avec les habitudes de ses devanciers, qui s'étaient généralement traînés à la suite de Dioscorides et de Galien, il voulut faire des plantes une étude personnelle et directe. Ce qui nous est resté de ses écrits atteste qu'il fit des excursions botaniques en Espag-ne, et nous connaissons le nom de plusieurs localités où il récolta des plantes. Il eut aussi la bonne fortune de transmettre ses goûts et sa science à l'éminent botaniste Ebn Beithâr, qui dut partager ses herborisations, et qui le cite souvent comme son maître et son professeur, quelquefois en compagnie d'autres médecins, Abdallah ben Saleh et Ebn el Hedjadj de Séville.

ESPAGNE ET UAQKEB. 24ri

Mais cette passion ne trouvait pas uu aliment suffisaut dans les limites atora étroites de l'Espagne niuwulmanii. En l'année 013 ou 014 (1217) il se mit en route pour l'Orient {!).. Il dut s'arrêter dans le Magreb, attendu que ses écrits mentionnent un certain nombre d'expressions berbères et le nom de plusieurs localités où il observa. C'est ainsi qu'après avoir observé le Bunium bulbocastanum à Ronda et a Carmouuu, il le retrouva sur le littoral marocain et à Caïrouan, qu'il revit la Camomille h Raqqada, à Touzer et k Barca et qu'il recueillit [a Pinne marine sur le rivage de Tunis.

A son arrivée dans Alexandrie, le sultan Malek el Adel, ayant entendu parler de lui et de sas rares connaissances, l'invita à venir le trouver au Caire, le reçut avec distinction, et voulut le retenir en Ég-ypte. Aboul Abbas refusa, prétextant qu'il n'était venu que pour accomplir le pèlertnag'e, avec l'intention de retourner chez les sieua. Tout ce qu'il accorda au sultan ce fut de recueillir les éléments de la thérîaque et de la préparer.

On peut voir dans le traité des venins et des poisons de Maimonides, qui venait de mourir quand Aboul Abbas aborda en Egypte, que la préparation de la tbériaque y était en quelque sorte une affaire d'état. On peut voir encore la mêma chose par le Ma. 891 de l'Escurial et enfin par le livre de Prosper Alpin. Cependant Aboul Abbas parcourait les campagnes de l'Egypte et en observait les végétaux. Il parcourut ensuite le Hedjaz, la Syrie et même l'Irak.

Il retourna ensuite dans sa patrie, à Se ville. Il est probable que le récit de ce voyage engagea son élève Ebn lîeithâr k partir aussi pour l'Orient, car il n'est pas probable que le maître et l'élève partirent ensemble ; on nous l'aurait signalé, et d'ailleurs Ebn Beîthàr étjiit encore trop jeune et ne dut partir que plus tard.

Aboul Abbas était encore compté parmi les vivants par ^^ Ebn Abi Ossaïbiali à i 'époque oii il écrivit son histoire des

^H (1) Vinfrt ans auparavacit, il avait traversé le détroit pour s'ebou- ^■eher k Ceutu avec Abdnllab ben Saleli. (Makkarv.)

21C niSTOlRF. DK LA SIËDECIKE ABABS, — I.IYRZ lEElâMit.

médecins; mnis Makkary et Hadji Khalfa nous doQuent comme date de sa mort, l'année 637 (1230).

Aboul Abbas était un homme de bien, rempli de vertus et de piété, tout à l'étude des plantes et de la nature. Il apprit aussi les traditions sous divers maîtres, tant en Occident qu'en Orient ; d'où le surnom à'El Hafidh, le traditionnaire, accolé ti son nom dans les citations que fait de lui BOQ élève Ebn Beithâr. Dans son histoire de la botanique, Mejer, opérant d'après les citations d'Ebn Beithir, s'est demandé s'il y avait deux. Afaoul Abbas, l'un surnommé El Hafidh et l'autre Enaabaty. Ce que nous venoniî de dire BufSrait déjà pour lever la difficulté, mais on en peut trouver la solution dans Ebn Beithâr lui-même.

S'il cite plu s fréquemment l'ouvrage capital d'Aboul Abbas, la Rihla, relation île son voyag'e en Orient, aous le couvert d'Aboul Abbas Ennabaty. on n'en lit pas moins ce qui suit à l'article Keff Maryem, Rose de Jéricho : D'après la Ilihia d'Aboul Abbas el Hafedh.

Aboul Abbas fut, parmi les Arabes, le botaniste par excellence. Avant lui on vivait généralement sur la tradition. Il est le premier qui ait consacré son existence à l'étude directe des plantes, eny voyant autre chose que des médicaments simples. Ebn Djoldjol avait bien dressé le catalogue des simples inconnus de Dioscoridiis, mais il l'avait relevé d'après les livres. Errafequy et le Chérif el Edrissy avaient bien introduit dans ta thérapeutique bon nombre de médicaments nouveaux, mais ils n'avaient pus la préoccupation exclusive d'élargir le champ de la botanique.

Aboul Abbas eut aussi le mérite de former un élève émînent, Ebn Beithâr, qui observa comme son maître, etfit l'inventaire desconnaissances anciennes et modernes, auxquelles il ajouta ses propres découvertes, cette fois au point de vue de la thérapeutique. On serait même tenté de croire qu 'Aboul Abbas ne fut pas sans influence sur les travaux d'Essoury dont nous avons parlé à propos des médecins de Syrie. En un mot Aboul Abbas fut, parmi les Arabes, non-seulement le premier, mais le plus fécond observateur sur le terrain de la botanique.

EBPAQNB ET UAQtlEB.

A son retour à.Sévîne, il consigrDa le résultatdeses recherches dont un ouvrage intitulé Rihla, le voyage, dit aussi le voyage en Orient, et môme, suivant Hadji Klialfii, pour la connaissance des plantes. Cet ouvrage malheureusement ne nous a pas été conservé, et nous ne le counaisasona que par les extraits que nous en a donnés Ebn Belthâr dans son Traité des simples. Cependant ces citations sont assez nombreuses, car elles dépassent une centaine, pour nous en donner une idée suffisante et nous faire regretter de ne pas le posséder intégralement. Ces citations ont un cachet descriptif plutôt que médical, et environ la moitié portant sur des plantes nouvelles 0:1 incomplètement connues. Il y a particulièrement des renseignements curieux sur les plantes du littoral de la mer Rouge, que Forskal a rencontrées plus tard, et qui pourraient servir de complément ii sa flore d'Arabie. Nous citerons à cet égard les articles Seura, Baumier, Elcaïa, Hadak (Solanum cordatum), Sadau [Neurada), Cassia tora, etc.

Il semblerait qu'Aboul Abbas aborda en Sicile, peut-être à BOa retour : il nous parle du papyrus comme existant dans une pièce d'eau eu faco du palais.

Parmi les végétaux intéressant le Magreb, nous citerons l'Akoutsar (Bunium bulbocastanumj, l'Amliles fRhamnus alatemusj, l'Akcheroua (gentianâc, peut-être la petite centaurée), l'Ardjikuaf'ceijfnurceimcforia/e^ le taœchaourtf'A/eMm^, etc. On s'aperçoit que tous ces noms ont une physionomie berbère.

A propos de l'Espagne, nous rappellerons les articles assez longs de la camomille et du glaucium, qu'il dit avoir été importés en Espagne.

Aboul Abbas est encore cité dans un autre ouvrage d'Ebn el Beithàr, mais beaucoup plus rarement, h savoir le Mor'ny, qui est un livre de thérapeutique plutôt que de botanique.

La Uihia n'est pas mentionnée par Ebn Abi Ossaïbiah, et c'est pour cela sans doute qu'il n'en est pas question dans f Wûsteofeld. Ebu Abi Oaaaïbiah ne mentionne que ces deux ' écrits;

Explications des noms des simples dans Dioscorides.

i^H HISTOIRE DE LA VÉDCCDCC ASABB, — UTRE SIXIÉXE.

Traité de ia composition des médicaments.

On lit dans la notice d*El Makkary qa'Abool Abbas composa fSQT les plantes un livre excellent, disposé sous forme alphabétiqae. Nous i^orons s*il s*agit là de la Ribla, dont on ne parle pas.

Makkary mentionne deux ouvrages sur les Hadits.

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