I. — XIV SIÈCLE
1' Orient.
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EBN SL KOTBY ET l.E HA I.A lESA.
Près d'un siècle s'était écoulé depuis la mort d'Ebn Beithâr, quand son firand Traité des simples fut l'objet d'une refonte. L'auteur de ce travail est louaef beu Ismaït el Kliouy (ou El Djouiny) Ibu el Kebir, Ibii el Cotby, Echchaîey. Il lui donna le nom, sous lequel il est bien connu, de Ma la iesa etthabib djahloukou, Ce qu'il n'est pas permis à un médecin d'iynorer.
Suivant l'auteur du Ma la iesa, le grand ouvrage d'Ebn Beitbâr a des défectuosités. 11 a des longueurs, des répétitions, des confusions, des omissions, des inég'alités, des inexactitudes, etc. Toutefoi-s, il avoue que, dans ses reclierches sur les ouvrag-es de r.e genre, il n'a rien trouvé d'aussi utile et d'aussi complet.
On ne saurait nier qu'il y ait des longueurs et quelques répétitions dans l'œuvre d'Ebn Deithilr : c'était une nécessité du plan qu'il avaitadopté. Voulant reproduire intégralement les auteurs cités, il était bien difficile, k moins de les mutiler, que les extraits successivement reproduits ne se répétassent pas un peu l'un l'autre. Il y a cependant beaucoup d'art dans la manière dont ces extraits sont groupés. Après la description, viennent leà propriétés et les emplois. Chacun de oes emplois a des citations spéciales et exclusives, de telle sorte qu'un auteur peut être cité plusieurs fois dans le courant d'un chapitre "consacré à un seul et même médicament. Et)n Beilliàr s'était proposé d'écrire uu répertoire complet d'histoire naturelle médicale et de thérapeutique, où l'un piit trouver tout ce qui coucerue les aliments et les médicaments, et il a mis ii cuntributton tous les auteurs ayant traité la matière. Le but de l'auteur du Ma la iesa est tout autre- Il a voulu, comme il nous le dit dans sa préface, t'uire
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un livre qui serait en quelque sorte Tabrégé de celui d*Ebn Beithâr, sans en avoir les superfluités et les défauts.
Le Ma la iesa, sous un volume moitié moindre, et avec tous les éléments fondus ensemble, pouvait mieux convenir aux praticiens insoucieux de la critique et préférant la science toute faite. Pour nous, le Ma laiesa n*a plus guère de valeur. En admettant même que le choix et la synthèse des matériaux y soient toujours irréprochables, rien ne nous intéresse dans cette compilation que ce qu'elle peut avoir de véritablement neuf. Il en est tout autrement pour l'ouvragée d'Ebn Beithftr. Il nous a conservé, d'un grand nombre de médecins dont les écrits ne sont pas parvenus jusqu'à nous, des extraits qui peuvent nous faire connaître la nature et la valeur de leurs écrits. D*un autre côté, bon nombre de questions ont été tranchées dans le Ma la iesa, qui peuvent être reprises plus compétemment par la critique moderne mieux renseignée. Pour l'histoire naturelle de l'Orient, Ebn Beithftr sera toujours consulté avec fruit, et tel détail qui aura paru superflu à l'auteur du Ma la iesa, peut avoir de l'intérêt pour nous.
Les omissions reprochées h Ebn Beithftr sont d'avoir négligé d'indiquer souvent le degré des simples, leurs inconvénients, leurs correctifs, leurs modes d'emploi, leurs doses, leurs succédanés. Ces reproches ne sont pas toujours mérités tant s'en faut, et puis ces indications ne lentraient pas toutes dans le plan de l'auteur.
Quant aux inégalités, c'est-a-dire à ce que certains articles sont trop longs et d'autres écourtés, il ne pouvait guère en être dIflPëremment.
Malgré toutes ses recherches, à l'époque où vivait Ebn Beithftr et malgré son séjour en Egypte, en Syrie, pays de blbliothè<jues, il était bien difficile de posséder tout ce qui avait été écrit sur la matière, et Ebn Beithàr ne voulait produire que des documents sûrs, ou le résultat de son expérience. Telle est l'explication de ses quelques lacunes.
On lui reproche des infidélités de reproduction. Pour le constater, nous manquons de documents. Cependant nous pouvons affirmer que ses citations du Canon et du Traité
LES SIÈCLES DE DÉCADENCE. — XlV SIÈCLE.
des correctifs de Itazès sont fidèles et confonneB ii roriginal. Le Ma la iesa mérite quelques-uns de ces reproches. Il donne assez souvent des étymolog-ies grecques qui sont tout autre chose, ainsi pour l'Ardjiqua, TAradryau, etc.
Sea déterminations ne sont pas toujours sîlres et les éléments de la diacuasion font défaut. Il tombe aussi dans des erreurs relevées par Ebii Beithàr, ainsi à propos du succin qu'il admet comme un produit du peuplier. Il a aussi ses répétitions et ses confusions, ainsi à propos de l'holosteum, etc.
Quelques articles d'Ebn Beithâr ne se rencontrent pas chez lui, ainsi le Zerneb, le Serrent, etc.
Par contre il en a une dizaine peut-être de nouveaux, ainsi le rhinocéros, le perroquet, la gomme élémi, etc. Nous citerons encore chez lui, comme provenance, les Bulgares et les Russes : 11 dit notamment que le peuplier est commun chez eux.
Si nous appuyons nos reproches d'exemples k l'appui, nous ajouterons que le Ma la iesa n'en agît pas de même pour Ebn Beithûr.
En somme si ce livre était un travail avantageux pour les étudiants et les praticiens, il n'a pour nous qu'un faible mérite. Les docaments y sont fondus ensemble, quelle que soit leur provenance et nous ne pouvons de la sorte y puiser que des leuseignomenti douteux, tandis que chez Ebn Beithâr, cliacun porte son étiquette et se produit avec sa valeur propre. Enfin avec Ebn Beîthârnous pouvons reconstituer les travaux des différents médecins, et faire le bilan des acquisitions que l'histoire naturelle médicale doit aux Arabes.
Ce livre cependant nous a rendu quelques services. Il uoub a fourni de temps en temps quelques éléments de contrQle, autant que sa forme le permet, pour les passages et les transcriptions douteuses.
Nous lisons il la fin de la première partie, consacrée aux médicaments simples, que l'auteur se propose d'en faire une seconde consacrée aux médicaments composés, et qu'il finissait d'écrire cette première partie h. la date de 711 de l'iié-
'^j{ HrSTOIRF DK L\ MiT.fiFA'IXC AR'.P.E. — LIVRR SKPTIÊtfE.
^ire. C'est à peu près là tout ce que nouf; savons sur Fauteur. Hadji Klialfa ne nous en apprend pas davantage. A Tarticle 12,023 où il parle des simples d'Ebn Beifhftr, il reproduit sommairement l'appréciation qu'en a &ite rauteor du Ma la iesa. Au n* 11,278, il ne donne que le titre du livre et le nom de Fauteur, avec la date 711. La Bibliothèque de Paris possède un bel exemplaire du Ma la iesa. Ce manuscrit» coté n* 1072 est un in-4* de 304 feuillets, bien conservé, d'au beau papier, bien écrit, à 25 lignes à la page^ d'une écriture unique, fine, très serrée, exigeant parfois un peu d'attention. Les caractères sont orientaux. Les noms des simples sont écrits en caractères rouges plus gros.
Les prolégomènes occupent le^ 15 premières pages.
D'après une note de Celsius, on a voulu voir son Aboulfadhl comme Fauteur du Ma la iesa. Nous n'avons rencontré nulle part AboulfadRl dans la nomenclature des noms d'Ebn el Kotby. D'autre part, Sprengel place l'Aboulfudhl de Celsius au X^ siècle et le qualifie de Chirasy ua Chierzy. Kous n'en avons non plus trouvé de trace. L'Aboulfadhl do Celsius pourrait être celui dont parle Hadji Khîillu, 11'» :<^)1.
SICDU) KL CAZIIUUNY,
Il no nous est coimu que par un commentaire du Moudjiz el Canoun d*Ebn Ennefis, intitulé el Mor'ny ficharh cl Moudjizy ou le Livre qui suffit par le commentaire du Moudjiz. Parmi les commentaires du Moudjiz, celui de Sedid est un de ceux qui ont le plus de vog'ue. Il nous en est parvenu plusieurs exemplaires. Il en existe à Oxford, à Munich, et à Paris, sous les n*' 1004, 1005 et 1006 de Fancien fonds, et 1034 (lu sui)plémeut. Les bibliothèques de FOrient en possèiUnt ime demi douzaine.
Il semblerait que Fauleur fut un des disciples de Cothob eddiu Echchirazy, d'après ce qu'on lit dans son introduction, dont nous reproduirons le résumé.
« PéntHré, dit-il, de l'excellence de la médecine, je me