‹ Histoire de la medecine et des doctrines medicales (volume 2)Chapitre 105 sur 119 · TDLPIUS ET LE THÉ · texte numérisé non relu

TDLPIUS ET LE THÉ

Ce sont les Hollandais qui les premiers, vers le milieu du xvii^ siècle, ont dans leurs voyages appris de l'empirisme Chinois les propriétés alimentaires et thérapeutiques du thé. Mais Tulpius est le premier {Ohsero. 380) qui ait parlé de cette plante avec détails en 16-41 . Depuis lors l'usage s'en est répandu en Hollande, en Angleterre, en France et dans toute l'Europe.

Pour les Chinois, c'était une panacée préservant de toutes les maladies, et dont l'usage empirique se perd dans un passé trèslointain. En Europe l'infusion de thé est devenue un aliment dont on s'explique l'importance par les effets du principe azoté de théine qu'il renferme et par l'addition de lait et de pain beurré qu'on a coutume de faire. — C'est aussi un bon agent thérapeutique dans certains cas de dyspepsie, de diarrhée chronique, de choléra sporadique ou asiatique, de vertiges stomacaux, etc.

l'empereur selim, bauwolf et le café

Le café ou Coffea arabica^ empiriquement connu en Afrique, n'a été importé en Europe, àConstantinople, qu'en 1517 par le sultan Selim qui venait de conquérir l'Égypte où ses propriétés lui furent révélées. — Ce n'est qu'en 1583 qu'un voyageur du nom de Rauwolf le fit connaître avec détails dans la relation de son Voyage au Levant, p. 102, et en 1640 que Prosper Alpin en fit une description botanique.

Bientôt après, ses qualités alimentaires et thérapeutiques étant mieux connues, on s'en servit pour l'usage médical, et des établissements publics de consommation s'ouvrirent en 1645 en Italie, en 1650 à Londres, à Marseille en 1671 et à Paris en 1672.

On dit que Louis XIV est le premier qui en ait pris en France, en 1644. — Les médecins commencèrent d'abord par dire que c'était une substance nuisible à la santé, mais l'Empirisme vulgaire prit le dessus et. la gourmandise aidant, le café devint peu à peu d'un usage général. — On reconnut bien vite ses propriétés exci-

tantes, astringentes et toniques. — D'après Prosper Alpin, les Égyptiens prenaient le café comme un emménagogue. — Lanzoni l'employait comme astringent dans les diarrhées opiniâtres, Musgrave et Pringle le donnaient comme stimulant dans l'asthme; on l'a donné dans la migraine, enfin il est devenu un aliment et un digestif qui mérite d'être employé en raison du principe azoté de caféine qu'il contient en assez grande proportion.

Le café, plus prompt et plus facile à préparer partout que le bouillon et la soupe, sert maintenant avec du pain à faire le premier répas des troupes en campagne, et il paraît que cela leur réussit très -bien.

LE CACAO liT LE CHOCOLAT

Qui nous a fait connaître les propriétés alimentaires de la pâle que l'on prépare avec le cacao? — Il est impossible de le dire. — Les navigateurs né les ont apprises qu'à leur arrivée dans le nouveau monde, mais personne en particulier n'a le mérite de leur découverte. L'importation de ces graines en Europe est un des résultats de la découverte de l'Amérique. En abordant au Mexique, en 1520, on a vu que cette semence préparée d'une certaine façon, était empiriquement la nourriture habituelle des habitants du pays, et l'on s'est empressé, après avoir reconnu l'importance de cet aliment, d'acclimater l'arbre d'où il sort aux Antilles, à l'île de France, à l'île Bourbon, etc. — L'ouvrage de Gardenas del chocolaté^ publié en 1609, est le premier qu'on ait publié sur cet aliment devenu presque une nécessité. D'acosta est le premier qui l'ait cultivé à la Guadeloupe en 1664 et depuis lors chacun a profité de la découverte comme il lui convenait.

Les indigènes prenaient le fruit énorme contenant les semences du cacaotier et le plaçaient en terre pendant 40 jours pour faire tomber le péricarpe et mourir le germe. C'est ce qu'ils appelaient terrer le cacao. Cela fait, ils faisaient sécher les amandes elles triaient pour en former des qualités différentes.

Pour s'en servir on les mettait en poudre après les avoir fait griller légèrement et on les faisait bouillir avec du sucre pour avoir la boisson réparatrice que l'on connaît.

Plus tard, celle poudre, avec du sucre et des aromates, a servi à faire une pâte sèche facile à conserver qui est le chocolat.

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