‹ Histoire de la medecine et des doctrines medicales (volume 2)Chapitre 38 sur 119 · ALEXANDRE DE TRALLES · texte numérisé non relu

ALEXANDRE DE TRALLES

Alexandre Trallien, ainsi nommé à cause de sa naissance dans la vvilledeTralles, en Lydie, vécut au ou au vi« siècle, en 560, sous n'empire de Justinien I", dit le Grand. — La preuve, dit Éloy, c'est ique dans ses ouvrages il cite fréquemment' Aétius, un médecin du

siècle.

Fils du médecin Étienne, et ayant reçu l'instruction la plus soiignée, Alexandre voyagea beaucoup en Asie et en Europe, dans les (Gaules, en Espagne et en Italie pour venir se fixer à Rome. Il n'étcrivit que très-tard, à un âge avancé, mais ce fut un auteur remar- . quable, le dernier, dit Éloy, « de l'âge qui a précédé la décadence des I lettres, qui se soit fait un plan avant d'écrire, et qu'on puisse appeler (un écrivain original. » C'est, avec Arétée, le meilleur auteur eu 1 médecine qui ait paru parmi les Grecs depuis le temps d'Hippocrate.

Il commence par les maladies delà tête, d'où il descend à celles : de toutes les parties du corps en suivant un ordre anatomique, et il termine par deux chapitres sur la goutte et sur les fièvres. Dans cet * exposé, on le voit s'inspirer surtout de l'observation et de l'expé- I rience pour rechercher le diagnostic des maladies, mais il reste constamment dominé par les doctrines du divin Galien, dont il ne s'écarte que rarement mais à regret et par amour de la vérité. — Sous ce rapport Alexandre Trallien peut être considéré comme appartenant à l'école des naturistes, mais, comme la plupart des médecins de son temps, il a un pied dans le mysticisme et croyait un peu à la magie. — Sa crédulité thérapeutique était excessive, et on l'accuse d'avoir tiré bien des choses sur les amulettes et sur les enchantements dans les écrits A'Osthœnès, célèbre magicien de la Perse. Ses livres sont dédiés à Cosmos, le fils de son premier maître : « Puisque vous désirez, mon cher Cosme, que je vous expose les médications dont j'ai fréquemment éprouvé l'efficacité dans les maladies, je m'empresse d'acquiescer à votre demande en souvenir de la bienveillance dont vous et votre père m'avez honoré.... Je m'eslime heureux d'avoir, dans ma vieillesse, celle occasion de vous

complaire, el puisque je ne puis désormais supporter la fatigue, j'ai résolu de consigner ici succinctement les connaissances que j'ai acquises par une longue pratique. J'espère que ceux qui liront ce livre sans prévention seront charmés de la clarté et de la concision de mon style. Je me suis étudié à me servir autant que possible de termes communs et usuels, afin de mettre ma diction à la portée du vulgaire même. Nous commencerons par les fièvres éphémérines, suivant la méthode du divin Galien, à laquelle nous tâcherons de nous conformer en ceci comme dans le reste. »

C'est là une explicite profession de foi; mais, comme nous l'avons dit, s'il a pour les doctrines du médecin de Pergame la vénération de son époque, il n'en suit pas moins, pour sa thérapeutique, les leçons de l'expérience.

C'est à lui qu'on doit" la première mention des maladies vermineuses à l'occasion d'un cas de boulimie avec tiraillements perpétuels à l'estomac et céphalalgie chez une femme qui vint lui demander conseil. L'administration d'un purgatif, le hierapicra, la guérit eu lui faisant rendre un ver long de douze coudées, sans doute un ver solitaire (1). On dit aussi que c'est à lui qu'il faut rapporter l'usage du fer en substance donné à l'intérieur, mais c'est une assertion douteuse : car, en outre de l'histoire de Mélampe (d'Argos), qui donna de la rouille de fer à Iphiclus, Galien et Oribase parlent de la battiture de fer qu'on administrait contre les maladies des filles — On lui attribue la saignée des jugulaires qu'il fit pour suppléer à celles des ranines qu'il n'avait pu exécuter, la saignée du pied comme dérivative du crachement de sang, et enfin, dans les fièvres tierces ou quartes, avant l'accès, un vomitif qui avait les plus grands avantages.

Le diagnostic a été supérieurement traité par Alexandre Trallien. — Ainsi, à l'occasion de la dysenterie, il dit en indiquant l'altération analomique de cette maladie :

« Si les gros intestins sont lésés, le malade éprouve un violent ténesme et peu de difficulté à se débarrasser des matières fécales ; celles-ci sont rarement ou même jamais sanguinolentes ; mais presque toujours leur expulsion est suivie de quelques gouttes de sang ou de parcelles de graisse et de chair ; la douleur n'est jamais vive et aiguë, mais presque toujours sourde. Les accidents contraires ont lieu si la maladie a son siège dans les intestins grêles.... La véritable dysenterie est toujours accompagnée de l'ulcération des intestins, parce que presque tous les malades rendent une matière puriforme. »

(1) Il a laissé un traité sur les vers intestinaux, qu'il divisail en ascarides, lombrioaux et ténias.

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