‹ Histoire de la medecine et des doctrines medicales (volume 2)Chapitre 7 sur 119 · DU MYSTICISME MÉDICAL, DE LA THÉURGIE ET DE LA MAGIE · texte numérisé non relu

DU MYSTICISME MÉDICAL, DE LA THÉURGIE ET DE LA MAGIE

DANS l'antiquité

S i"'- — DU MYÇTICISME MÉDICAL CHEZ LES SAtJVAGES.

Dans l'enfance des peuples, l'homme est le jouet d'un naturalisme superstitieux et d'un fétichisme dans lequel tous les phénomènes de la nature, tous les êtres de la création, deviennent des objets d'adoration. Partout il explique les phénomènes qui l'environnent, par des esprits personnels conçus à son image, séparés de ces objets ou con-

fondus avec eux. Telle a été la croyance aui servit de base au polytliéisme des Chinois, des Égyptiens, des Grecs, des Latins, et qu'on retrouve chez toutes les peuplades sauvages.

Le brahmanisme des Indous, le boudhisme des Tartares, l'islamisme des Arabes, des Persans et des Africains, le Judaïsme des descendants dispersés des Hébreux, etc., sont remplis de pratiques en rapport avec le fétichisme que ces religions ont remplacé.

Comme les autres phénomènes de la nature, la maladie fut attribuée à une influence surnaturelle, et c'est alors que la magie prit naissance. Elle eut surtout pour objet de conjurer les esprits malfaisants et de guérir les maux faits par eux. Ayant déterminé la demeure des mauvais esprits, on répétait des incantations en touchant des amulettes, et l'on s'adressait à ceux qui, croyait-on, avaient le pouvoir de les chasser. Suivant les lieux et selon les peuples, le nom de l'amulette change, mais l'idée reste la même ; ce sont des grigris chez les nègres, des mariris chez les Caraïbes, des sacs à médecine chez d'autres, et les prêtres sont seuls chargés de consacrer toutes les amulettes.

Ces prêtres cumulent les fonctions de devin, de prophète, d'exorciste, de thaumaturge et de médecin. Parfois, ce sont des femmes. Tous ont ime grande autorité, et ils sont très-redoutés, tant on a peur de leur puissance surnaturelle. Partout il en est de même; le nom et la forme des choses changent, mais le principe est immuable et ne changera jamais ; il est éternel car c'est celui de la crédulité.

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