‹ Histoire de la médecine et des doctrines médicales (volume 3)Chapitre 110 sur 124 · ET LES AUTRES ANE8THÉSIQUBS · texte numérisé non relu

ET LES AUTRES ANE8THÉSIQUBS

Les anciens n'avaient d'autre moyen de calmer la douleur que les narcotiques, à l'intérieur particulièrement le mandragore et les applications locales de pierre de Memphia ou marbre du Caire réduit en poudre appliquée en Uniment avec du vinaigre sur les parties qu'on voulait couper ou cautériser. (Pline; Dioscoride.) Quant à la mandragore, le même Pline dit qu'en prenant le suc épaissi des baies de cette plante on s'engourdit contre la douleur des opérations, et Dioscoride ainsi que son commentateur Matthiole en disent autant : < Il en est, dit Dioscoride , qui font cuire la rac cine de mandragore avec du vin jusqu'à réduction à un tiers. € Après avoir laissé clarifier la décoction, ils la conservent et en t administrent un verre pour faire dormir ou amortir une douleur

< véhémente, ou bien avant de cautériser ou de couper un membre « afin d'éviter qu'on n'en sente la douleur. Il existe une autre 4 espèce de mandragore appelée morian. On dit qu'en mangeant un a drachme de cette racine, mélangée avec des aliments ou de toute

< autre manière, l'homme perd la sensation et demeure endormi « pendant trois ou quatre heures; les médecins s'en servent quand a il s'agit de couper ou de cautériser un membre. >

D'autres narcotiques furent employés dans le même but pendanl le moyen âge , mais il n'en est rien resté dans la pratique et c'est au XIX* siècle que reviendra l'honneur d'avoir découvert les moyens de supprimer la douleur.

Dans ses recherches à Vinsiitution pnewnaiique du docteur Beddoes, où on essayait de traiter les maladies au moyen des inhala*

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lions gazeuses, H. Davy avait découverl par hasard les propriétés hilarantes , excitantes et anesthésiques du gaz protoxyde d*azole , et il le considéra comme pouvant être utilisé en chirurgie pour faire les opérations sans douleur. (Recherches sur l'oxyde nitreiec, p. 556.) Hais, celte découverte passa inaperçue. Il en résulta seulement ce fait que les inhalations gazeuses pouvaient être utilisées en médecine, et c*est de cette façon qu'on a employé souvent 1 ether comme antispasmodique. Tout le inonde s*en est servi, on a fait des milliers d'expériences, mais, il est si difficile de savoir observer dans ce but que ceux-mèmes qui se réunissaient pour respirer de réther en compagnie^ pour teur agrément, rie purent pas voir quels étaient les effets anesthésiques de cette substance. On tournait autour de la découverte et c*est encofe le hasard qui se chargea- de la réaliser par les mains privilégiées du docteur Jackson.

Ce médecin, qui avait passé quelques années à Paris et à Vienne où il avait étudié la chimie, connaissait les expériences de H. Davy sur le gaz hilariant, celles de Wels qui avait voulu tirer parti de ce gaz pour prbduire une anesthésie commode à employer dans les opérations , et enfin celles qu'on avait faites sur Tivressse des vapeurs d'éther. Un jour qu'il était enrhumé et fort gêné par la toux, il voulut se soulager en respirant de Téther, et, comme il prolongea un p«ti trop les inhalations, il ressentit quelques effets d'insensibilité. De ce hasard, est sortie la découverte de VEthérisation. En effet, instruit par ce fait, il recommença l'expérience dans des conditionâ convenables, bien installé dans une berceuse, et il s'aperçut que les propriétés stupéfiantes de Télher étant bien réelles on pourrait les utiliser pour opérer un malade sans produire aucune douleur. C'était en 1842, mais soit indolence, soit insuffisance, Jackson garda pour lui le résultat de ses expériences pendant quatre ans, et c'est en 1846 qu'il conseilla l'inspiration d'éther à un de ses élèves qui voulait se faire arracher une dent. L'élève n'en fit rien, mais six mois après Jackson trouva un expérimenlaleur plus résolu dans un dentiste ignorant nommé Norton, qui ne connaissait pas iiiênie le nom de l'éther et à qui on en montra pour la première fois. Morton, après avoir essayé les inhalations sur lui-même, les employa le soir même sur un de ses clients et lui arracha une dent sans douleur, puis après avoir rendu compte du résultat à Jackson, il alla de sa part engager le docteur Warren, chirurgien de l'hôpital général de Boston, à employer l'éther pour faire une grande opération chirurgicale. Un rendez-vous fut pris par Morton en cachette de Jackson, qui fut ainsi seul à faire publiquement l'éthérisation pendant laquelle on fit sand'tlouleur la première opération sérieuse. Le succès

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