‹ Histoire de la médecine et des doctrines médicales (volume 3)Chapitre 42 sur 124 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

JKAN LR MILANAIS, ROMUALD. iEGIDB ET L*ÉCOLB DK SALBRNB

Pendant le règne des Arabes dans le littoral de la Méditerranée, plusieurs savants qui avaient fui l'Egypte après la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie, vinrent en Sicile jeter les fondements de cette école de Salerne, d'abord inconnue, et qui devait, du x* au xui* siècle, acquérir une si grande réputation. Placée dans un climat exceptionnellement doux, sur le passage des croisés qui se rendaient en Asie et qui en revenaient accablés des maux les plus

divers, celte école» où se cultivaient les principes d'Hippocrate et de Galieui eut un succès mérité par les services que ses professeurs rendirent à U science et à la profession.

Il en est sorti, en 1100, un livre qui est arrivé jusqu'à nous, dont le titre est : Préceptes diététiques de V école de Saterne^ et qui a pour auteur Jean le Milanais. Composé pour Robert, duc de Normandie, fils de Guillaume le Conquérant, qui s'était arrêté au retour d'une croisade dans l'intention de se faire soigner d'une blessure au bras, cet ouvrage a un véritable intérêt rétrospectif. Il doime asseï bien l'idée de la médecine à cette époque, et il très-utile à consulter. Sa forme, d'ailleurs, est très-agréable et il est écrit en vers léonins, ou en aphorismes qui ont joui d'une assez grande réputation. En voici la dédicace elles principaux dogmes. {École de Sa- Umey traduction de Levacher delà Feutrie.)

SUR LA CONSERVATION DE LA SANTÉ (aphor. l).

tri tu veux de tes ans prolonger k dorée ,

Soupe peu; du via pur ménage la versée;

Marche après ton repas, ne dors point dans le jour ;

De l'urine et des vents crains en toi le séjour ;

Chasse loin les soucis; évite la oolère :

C'est ce qu'écrit Saleme au bon roi d'Angleterre*

MOYEN DE SE PASSER DE MÉDECTN (aphOr. II).

Es-tu sans médecin ? Je vais t'en donner trois : Gaieté, diète, repos ; obéis à leurs lois.

DE L*AiR (aphor. x).

Si jo peux me choisir une libre atmosphère, L'air pur, clair et serein, est l'air que je préfère. Des marais, des égouts, l'horrible puanteur OfTense l'odorat et soulève le cœur.

DU MANORR (aphor. xv).

Que l'estomac soit libre, avant que de manger, Qu'il soit net; autrement c'est pour le ménager. Au cri de l'appétit ne fermo point l'oreille. De manger à propos il fait signe à merveille.

(Aphor. XVI.)

Ne bois jamais sans soif, ne mango point sans faim; Et la faim et la soif sont un bon médecin Mais qu'ici comme ailieurâ la raison te modère, L'une ou l'autre en excès te mettrait dans la bière.

(Aphor. XVII.)

Veux-tu vivre longtemps ? Borne ton appétit : Le sobre ne meurt point; le médecin l'a dlL

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