‹ Histoire de la médecine et des doctrines médicales (volume 3)Chapitre 58 sur 124 · DU VITALISME SÉMINAL OU SÉMINALISME · texte numérisé non relu

DU VITALISME SÉMINAL OU SÉMINALISME

To«t ce cAté de la roédecme, en étidogie et en thérapfisutiqdé, échappe oeraplètement à Tempire dèd doettines honvolralès et analomiques et ne relève que de i'impressibilité.

Toutes les passions dites dépressives telles que ta jalousie, et l'envie on la haine, l'avarice, la frayeur, la tristesse ; — le chagrin, la ruine, les ambitions déçues, la nostalgie, dont personne ne connaît la cause matérielle organique, agissent sur le système nerveux central ou sympathique , et par lui sur le cœur, sur la circulation capillaire refoulée, sur la sécrétion du foie augmentée, sur les sécrétions de l'estomac dénaturées, enfin sur toutes les fonctions. De là résultent avec l'altération des éléments anatomiques, des modifications organiques , secondaires et fugaces , quelquefois permanentes, qui deviennent la folie, l'hypertrophie du cœur, les Maladies du foie ou de l'estomac et souvent la syncope mortelle.

Parmi les dispositions morales qui ont une influence néfaste sur la constitution physique de l'homme, sur son cœur et sur son esprit il faut citer la tristesse, l'exil, et la solitude. Leur action est lente mais elle n'est pas moins profonde et il faut lire le charmant traité de Zimmermam tur la solitude pour en être bientôt convaincu (1). Le cœur s'aigrit et l'esprit s'irrite et se fausse dans ses conceptions, les digestions se troublent et alors arrive l'hypocondrie avec tout son cortège de souffrances indéterminées qui n'ont souvent d'autres termes que la folie et la mort.

Dans les passions expansives c'est presque tout le contraire. — Ainsi la colère et la fureur, le succès et les fortunes inespérées, l'exaltation intellectuelle, scientifique, religieuse et politique, etc., animent et excitent vivement le système nerveux, accélèrent souvent le cœur, et la circulation périphérique, congestionnent le cerveau, activent la digestion, et bouleversent l'organisation ptt deê mouvemeûto intérieurs qui échappent parce qu'ils sont trop Mbits ou invisibles. De là des ruptures du tœurr, des foli^ subites et des altérations progressives de l'encéphale qui amènent également la folie ou la paralysie»

Dans- une limite plus restreinte, ce sont lès productions de l'esprit o« du génie musical, scientifique on littéraire ainsi que les conceptions les plus belles de la pensée qui produisent ces effets : mais ce qui n'est qu'un sujet d'admiration pour les uns est devenu un sujet de tristesse pour les autres, puisque dans Topinion de quelques médecins, le génie et la folie se confondent, celle-ci n'étant qu^n

(i) Voyek l^npiritme^ analyse des travaux de Zimmennano, le chapitre sur la toUindê,

400 HISTOIRE DB LA MÉDECmB

degré avancé de Tautre. Le génie n*e8t qu'une névrose, a dit M.Horeau, un aliéniste de noire temps; névrose, soit, mais ce n'en esipis moins la conséquence d'une exaltation intellectuelle préalable et c'est, je pense, à cette exaltation prolongée que les hommes remarquables dont s'honore l'humanité ont souvent payé leur génie de la perte de leur raison.

Si j'avais à démontrer l'influence du moral sur le phynque, je pourrais m étendre sur les détails de cette question avec laquelle le médecin habitué à voir des malades se trouve bien souvent ani prises, mais ce n'est ici qu'une question de doctrine et il n'y a pas lieu d'insister davantage sur les exemples. Qu'il me suffise d'avoir mis le fait hors de doute et l'expérience médicale du lecteur fera le reste.

Je sais bien que pour l'école solidiste, qui considère avec Cabanis la pensée comme une sécrétion du cerveau, ce qu'on appelle le moral n'existe pas et qu'il n'est qu'un effet de la constitution anatomique de l'encépliuie, ou de l'état du système nerveux ; qu'il y a dans le cerveau autant de petits centres ou circonvolutions que de facultés pensantes, que le vicieux et que le criminel ne sont que des malades irresponsables de leurs actes ; que la vertu n'est qu'afiaire de tempérament, mais ce ne sont pas là des raisons sérieuses. Iln'j a dans ces objections qu'un amas d'hypothèses matérialistes et il ne reste rien de la théorie de Gall et de la phrénologie. Où sont les petits cerveaux qui, dans le grand, président aux lacuités de l'euteodément et aux facultés morales? qu'on les montre et qu'on dise quelle différence il y a entre les cellules nerveuses cérébrales d'un malhématicien d'un peintre ou d'un musicien, d'un poète, ou d'un réaliste, d'un voleur ou d'un assassin. Si ces différences existent, la science les ignore et jusqu'à ce qu'elle les ait apprises elle n'a pas le droit d'en affirmer l'existence.

Nul doute cependant que d'une façon pnmitive, une maladie du cerveau, ou un accident ayant modifié la texture de l'encéphale et une lésion circulatoire réflexe du cerveau, ne puissent troubler l'intelligence, les facultés morales de l'homme et le rendre irresponsable de ses actes, mais c'est là une exception qui ne saurait être prise comme étant la règle. Le commun de l'humanité a des pensées, (les vertus, des pussions et des vices dont nulle disposition matérielle (ie l'encéphale ne peut expliquer les différences et c'est pure hypothèse que de prétendre le contraire. Mieux vaut avouer son ignorance que d'afliriner ce qu'on ne peut démontrer, et chose curieuse, c'est l'école matérialiste et positiviste que l'on est obligé de rappeler sans cesse au respect de lu méthode scientilique qu'elle étouffe de ses hypothèses.

se TTTtl^lI «fXniAL oc SiaCiALKlC 4M

Ea étiban et lovie ^àte et sfs^îmd. et a» {«nv ém ckiof àt FtàtMiMMB ÎBponiile. k» srâu bi^ ^p< pûw ipftif'fwr le aèc'est, ckn fciiMBflie sus ^ ea lo«t seflbbbW «wi aKlr»« b

imiaa et ci» qulilcs par !«s ch?al«« p^r rfcibîte<ie> for iVscn^ et pv le mË&tn sociii polui>{ae et reiipeai : le«r ntaeace cerlue isr ies aMiiiâcaii>x&5 li'ii^presabilite ii|û pcèlaileBl a b sabîi», eoia riafloecce <les aîteraôùos orpai^aes araéesieiles ée l'cMéphale smr ces méoies qailîlé;».

Icbchocest an oMMUikatiotts sans aoeabre proia^aée» pur le dioul. ks ditfrf^ats mineax e< par U cooîapoa lie fcsea^ple, il loleacdre veaa à l'i-i-^ i'aucaa rêalble de le.- attribaer à ane (M%«atKHi malêrirUe $f<cule biea détenaiave des oùilioas de rtntamx ^. ça et U. aa nord et aa oûdû soat le jaaei de lears Mee» difiêraiies de patrie, de relîpoa et de morale. Cest cep^.^a- 4ai ce ^'îl Êudnii Ctire pour soateoir ie do^aie de la owifalitê ir{aaiqae. de rirTesfN>Q$diiliU monie ou de ForpaîâsiBe appliqaê ii)eades passiaBS. et tant qu'uD a aura pas dissipe les teaêbfvsqaî cmmaoeat b physiologie de la pensée, il sera plas ^age de »>a te^ v cmBiae je le Cais 1 1 *>bserratioa.

ijoaat aui autres influences soit des passioas oiorales $«ir U mahfie, foil de Faction des iU'.'diâcatvas de reocêpliaie sar les qjaattés inteilecta'^llifS aflecti^es et laorales . la chose a'esl plas à lÔBoiiIrer, elle est acquise à b s'ieace et tous les hons oKsena- Icin «ont à pea pivs d'accord a cet êfard. L<rs effets da nh>rJ svie phynqae ne peorent être méconnus et ceui da phisiqae sv le okoral «ont te terrain sur lequel chacun se reacoatre, par- Ulement d'accord et sans nulle contestation. J'y reviendrai aa pea phs loin.

En ce moment je me borne a constater <|ue b pertarhalioa da ftincipe moral de Thomme associé aux iroaMes de fimpressàbiUié vitale est le point de départ d'un p^nd nombre de désordres iatell^aels. affectifs ou nioranx. et que ces perturbalioas eapHNlreat i<Mfent des lésions élémentaires suivies des désordres de circab- ^locale d'où peut naître une maladie or^aniqueneat apprécbhV.

H bAim oe i'jiOE*T \T7*i rr :e l'iiipiie.— B:>rrT ▼% tmea-xpctioc».

Ce qae b sensiirtiitê vitale ou impressibilitê réalise en patbofêaie ^It Faccomplit é^lement dans les actions thérapeutiqo^. Là aassi ^ peal dire que les effets curatifs ne fOfkt que déf impressio»^ ^na/ariiiéei. En effet tous nos médicaments a'apsseat qa'ea lao-

lOY. J»

402 HISTOIRE DE U MÉDIsCIMK

difiant d'une façon spécifique, en excitant ou en amoindrissant Tifflpressibilité des éléments ou des tissus. C'est de cette façon que Tagent vital fait naître des réactions et des actes réflexes d'où sortent les guérisons.

Ainsi, c'est par Texcès d'impressibilité produit dans les éléments des tissus et des humeurs par certains agents thérapeutiques que l'on remédie à toutes les lésions humorales et organiques, à toutes les dégénérescences ayant produit sympathiqueii^ent la faiblesse générale, à certains flux, à certaines hémorrhagies et aux exsudations chroniques des muqueuses ou de la peau qui amènent l'état cachectique, et produisent diff'érentes névroses.

L'àlcooU le vin, le fer, le manganèse, le quinquina, Tarsenic â faible dose, les amers, les stimulants aromatiques, etc., sont les moyens les plus utiles à employer dans les cachexies, dans les diathtv^es dartreuses, cancéreuses et tuberculeuses, dans certaines allérations humorales des fièvres et c'est à titre de modificateurs de rimpressibilité que je les emploie. Il en est de même de Tapplica tion du froid par les aspersions rapides sur le corps, des bains courts de mer ou de rivière, de Texercice, des distractions et des voyages, des bains d'air comprimé ou raréfié, des inhalations d'oxygène, de la nourriture exclusive à la viande, etc.

Dans certains flux muqueux ou gazeux de l'intestin, les purgatifs et notamment les sels de soude, les carminatifs avec leurs principes odorants et les huiles essentielles sont des stimulants qui relèvent rimpressibilité amoindrie et guérissent certaines formes de diarrhée ou de pneumatose; s'il s'agit d'un flux muqueux de la conjonctive de l'urèthre, du vagin, etc., le nitrate d'argent et les caustiques légers remplissent la même indication. — J'en dirai autant des balsamiques dans les afl'ections calarrhales de la vessie, de l'urèlhre et des bronches.

Dans certaines hydropisies atoniques, les révulsifs que l'on emploie à la surface extérieure de la peau et les injections iodées ou antres ne sont que des excitations locales de rimpressibilité dont on espère voir les efl'ets se transformer en solide guérisou. Sans cela il serait insensé de mettre du nitrate d'argent dans Fœil ou de lalcool chaud dans la tunique vaginale. Donc les guérisons obtenues dans les maladies ne sont que des impressions curatives transfor . mées.

Dans certaines hémorrhagies passives et dans radynamie produite par les nosohémies des fièvres, il en est de même et c'est à relever non pas rinnervation excitée ou opprimée, mais rimpressibilité affaiblie que l'on s'applique au moyen des toniques et des sti-

DU VmUSME SÉMINAL OU SfiMlNALISME 403

mulants. On en a un bel exemple dans la scarlatine adynamique prochainemenl mortelle, avec délire, lorsqu'avec une chaleur intolérable de 40 à 41 degrés, avec une excessive fréquence du pouls qui marque 160, et une éruption cramoisie, on remédie à la diminution d'impressibilité cutanée par une lotion rapide d'eau froide. En deux heures, la température s'abaisse, le pouls se ralentit, et Féruption moins violente continue sa marche vers la guérison.

Le soufre s'emploie pour ranimer Fimpressibilité des éléments de la peau ou des muqueuses, altérés par le catarrhe chronique, par les dartres et par Tinfluence de la diathèse herpétique.

On emploie au contraire les médicaments qui amoindrissent Timpressibilité normale pour remédier à Tinflammation , à certaines héroorrhagies, aux irritations organiques accompagnées de fièvre et d'excitation spasmodique, aux maladies hvpertrophiques et cela pour produire Tatrophie des exsudats morbides, ou des éléments constituants ordinairement hypertrophiés dans ces maladies.

Ainsi, la saignée et les sangsues qui diminuent Timpressibilité peuvent être employées avec avantage dans les cas d'inOammalion naissante ou d'état congestif et, si on y a recours en temps utile, elles procurent une impression curative d'où sort toujours un amendement favorable et souvent la guérison.

La digitale, la vératrine, la bryone , sédatifs de Timpressibilité augmentée du cœur, sont les remèdes des inflammations aiguës, viscérales dans lesquelles il y a lieu de modérer l'afflux sanguin né de cet excès d'impressibilité locale.

L'antimoine et Témétique, le mercure, l'iodure de potassium sont des médicaments qui modèrent ou diminuent l'impressibilité des éléments constitu'ints, car ils ralentissent le mouvement nutritif moléculaire et produisent l'atrophie de certains des éléments anatomiques. Ainsi, le mercure dissout les gommes, les néoplasiesfibro -plastiques ou les indurations cellulaires, et liodure de potassium atrophie les éléments adipeux et glandulaires. Ce sont autant d'impressions curatives que le médecin utilise pour la guérison de certaines maladies. Le bromure de potassium diminue l'impressibilité des éléments constituants d'un tissu malade et supprime les actions réflexes d'uù peuvent naître le spasme ou la convulsion. C'est à son impression *sur ce tissu qu'on doit la guérison de la maladie convulsive.

Le curare a une action destructive de la faculté motrice des nerfs, tout en leur laissant la faculté sensitive, et on a employé l'impression que produit ce remède dans les maladies tétaniques où se trouve comme fait principal l'exagération de l'impressibilité motrice. Quelques succès ont couronné ces efl'orts, et ils constituent une des

404 »lSÎOmE Dfi LA UÉDëCIRB

bonnes applications de la physiologie expérimentale moderne (i).

Le chloroforme respiré pénètre dans le sang et agit sur les centres nerveux qu*il impressionne de façon à les exciter, puis à paralyser leurs fonctions et à produire le sommeil et Tinsensibilité. Il en est de môme de tous les anesthésiques qui sont en général d'une action fugace, et que l'on emploie pour amoindrir l'impressibilité normale des centres nerveux, s'il y a des manifestations de convulsion ou de douleur qu'on veuille anéantir. Ce sont là autant d'actes palliatifs el curatifs qui résultent d'impressions curatives , durables ou passagères, provoquées par un médicament.

Les alcalins diminuent Timpressibilité du sang dont ils altèrent les qualités, et c'est l'impression provoquée dans les tissus qu'ils ramollissent souvent, qui favorise la résolution de certaines indurations inflammatoires, particulièrement des indurations goutteuses acides, la dissolution des exsudats muqueux et fibrineux des membranes muqueuses enflammées à l'état aigu ou à l'état chronique.

Les sulfures alcalins réunissent les deux qualités contraires, mais la propriété du soufre domine et il vaut mieux dans ces cas donner le soufre contre le principe du mal et les alcalins contre les effets de sécrétion inucipare.

Il n'est pas jusqu'aux actions mécaniques et chimiques provoquées par les remèdes qui ne puissent être envisagées du même point de vue général. Les sternutatoires, 1»'S vomitifs employés poar faire sortir un corps étranger du larynx ou des bronches, — les purgatifs excitant les contractions intestinales pour expulser des excréments accumulés, — le massage et la palélalion dans les engorgements glandulo-cellulaires, — Téquitation et la respiration forcée dans les pleurésies guéries et dans certaines affections des organe< respiratoires, etc., sont autant d'impressions provoquées par le médecin dans un but de guérison.

Viennent enfin les moyens chimiques et chirurgiques employés par le médecin pour tuer les vers, ou les parasites végétaux; pour dissoudre les concrétions pierreuses du foie , des reins et de la vessie, ou pour enlever des tumeurs, mais il est bien évident que d;ms ces cas, il ne s'agit plus de propriétés vitales à mettre en jeu. Les troubles de rinipressibililé ont été pour quelque chose dans les modifications humorales et organiques qui ont fait les pierres el les tumeurs devenues un danger pour la vie de l'ensemble viscéral, mais toute tentative de guérison par les agents dynamiques serait ridicule. — A la chimie et à la chirurgie d'agir Les

(I; Voir Cl. BemaicJ. Leçons de Pnthologie expérimentale.

Page 1