‹ Histoire de la médecine et des doctrines médicales (volume 3)Chapitre 8 sur 124 · I*'. — DU MYSTICISME MÉDICAL CHEZ LES SAL'VAGES · texte numérisé non relu

I*'. — DU MYSTICISME MÉDICAL CHEZ LES SAL'VAGES

Dans l'enfance des peuples, Thumme est le jouet d'un naturalisme superstitieux et d'un fétichisme dans lequel tous les phénomènes de la nature, tous les êtres de la création, deviennent des objets d'adoration. Partout il explique les phénomènes qui l'environnent, par des esprits personnels conçus à son image, séparés de ces objets ou cou-

fondus avec eux. TeU« a été la croyance aui servit de base aa polythéisme des Chinois, des Égyptiens, des Grecs, des Latins, et qa*on retrouve chez toutes les peuplades sauvages.

Le brahmanisme des Indous, le boudhisme des Tartares, Tislaniune des Arabes, des Persans et des Africains, le Judaïsme des descendants dispersés des Hébreux^ etc., sont remplis de pratiques en rapport avec le fétichisme que ces religions ont remplacé.

Comme les autres phénomènes de la nature, la maladie fut attribuée à une influence surnaturelle, et c'est alors que la magie prît naissance. Elle eut surtout pour objet de conjurer les esprits malfusants et de guérir les maux faits par eux. Ayant déterminé la demeure des mauvais esprits, on répétait des incantations en touchant des amulettes, et l'on s'adressait à ceux qui, croyait-on, avaient le pouvoir de les chasser. Suivant les lieux et selon les peuples, le nom 4le l'amulette change, mais l'idée reste la même ; ce sont des grigris chez les nègres, des mariris chez les Caraïbes, des sacs à médecine chez d'autres, et les prêtres sont seuls chargés de consacrer toutes les amulettes.

Ces prêtres cumulent les fonctions de devin, de prophète, d'exorciste, de thaumaturge et de médecin. Parfois, ce sont des femmes. Tous ont une grande autorité, et ils sont très- redoutés, tant on a peur de leur puissance surnaturelle. Partout il en est de même; le nom et la forme des choses changent, mais le principe est immuable et ne changera jamais ; il est éternel car c'est celui de la crédulité.

§ II. — DU MYSTICISME RfÉDlCAL CHEZ LES CHALDÉENS, LES PERSES

LES KOYPTIKNS.

Dans le berceau de la civilisation, voisin des bords du Tigre et de TEuphrate, dans les empires de Ninive et de Babylone, chez les Assyriens s'est développée la plus ancienne cosmogonie connue. La sérénité du ciel disposait ces peuples aux observations astronomiques, et ils crurent voir dans les astres autant de divinités douées d'influences bienfaisantes ou malfaisantes, comme ils l'avaient déjà lait pour le soleil et pour la lune. — Les Kaldins ou ChaUléens, descendus des montagnes du Kurdistan à Babylone, Unirent par constituer une caste savante ^sacerdotale, et ils s'occupèrent assez de la contemplation du firmament pour découvrir quelques-unes des lois qui régissent le monde céleste. Leurs temples étaient aussi des observatoires, ce dont on a la preuve par la tour de Babylone.

La science des Chaldéens, qui devint plus tard, chez les Grecs, l'astrologie, se composait de physique, de chimie, de médecine, de

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magie, de théologie et d'astronomie. Babylone avait déjà ses sorciers aussi bien que ses devins et ses astrologues. D'après Diodore de Sicile (voyez Guignaut, Religions de Vantiquité, t. II, part. II, p. 895), les Chaldéens et les Assyriens plaçaient, à la tète des dieux, le soleil et la lune, dont ils avaient noté le cours et les positions respectives, par rapport aux constellations du Zodiaque.

Ce Zodiaque, imaginé par eux, était l'ensemble des douze demeures dans lesquelles le soleil entrait successivement dans l'année. Chacun des signes dépendait d'un dieu qui avait son influence sur le mois correspondant, et chaque mois, divisé en trois, formait trois décans sur chacun desquels régnait une étoile nommée le dieu conseiller. Cela faisait en tout trente-six dieux décadaires, dont une moitié veillait les choses supérieures à la terre, et l'autre celles du sol. Le soleil, la lune et les cinq planètes, portant le nom de dieux interprètes, occupaient le rang le plus élevé dans la hiérarchie divine, et leur cours régulier indiquait la succession des événements.

Oïl consultait le rapport des planètes — désignées par les noms de Bd (Jupiter), ^férodoch (Mars), Heho (Mercure), Sin (la lune), Mylitla (Vénus) — aux constellations zodiacales (appelées maîtres des dieux). Et de telle ou telle conjonction céleste au moment de la naissance d'un homme, les Chaldéens tiraient des prédictions que plus tard les Grecs ont appelé des horoscopes. Les Chaldéens supposaient une relation étroite eqtre chacune des planètes et les phénomènes météorologiques; de là à l'influence bienfaisante ou malfaisante des astres sur la nature, aux prédictions, à l'interprétation des songes et aux pratiques superstitieuses, il n'y avait qu'un pas et il fut vile franchi.

C'est plus tard, après la destruction de l'empire de Babylone, lorsque la religion des Perses entre dans les pays qu'arrose TKuphrate, que la science des Chaldéens se dénature entre les mains des prêtres du mazdéisme. Sous l'influence aussi des vedas. livres sacrés de l'Inde, la croyance de ces peuples devient un peu plus spiritualiste. La notion desprits célestes ou d'êtres intelligents mais cachés se substitue à l'adoration des forces et des objets de la nature. Le soleil et les astres ne sont plus regardés que comme les manifestations de puissances intelligentes et matérielles. L'idée de Dieu unique se dégage et on l'appelle ormudz (sage vivant), en même temps la cause du mal est attribuée à Ahriman ou le t>ia/tntentionné. Autour de ces deux divinités les Perses en plaçaient une foule d'autres comme assesseurs : les Amschaspands (saints immortels), personniflcation des formes solaires, les Izeds, personnification des phénomènes naturels, et les feroiiers, génies des forces

mantes de la nature. Les serviteurs d'Âhriman étaient les Dewsj esprits perrers qui aidaient ce dieu dans Tœuvre du mal, mais ce dieu devait toujours succomber.

Avec ces idées, les Perses s'occupèrent de s'assurer la protection des génies, et de conjurer l'influence des Dews. De là des prières, les pratiques et des cérémonies^ dont leç prêtres ou mages étaient les inslmments, et de là le nom de magie.

Dans leur liturgie, ils employaient beaucoup le Hom^ plante sacrée, réputée magique par les Grecs, et qui était le symbole de la noarriture céleste. Le Hoin éloigne la mort, donne la santé, la vie, la beauté, chasse les mauvais esprits et conduit au ciel. C'est une divinité cachée sous une apparence sensible, se laissant manger de ses adorateurs pour entretenir dans leur cœur la pureté et la vertu.

En Egypte, la religion avait des caractères un peu différents que dans FÂssyrie. On y adorait les animaux comme des incarnations d*aulant de divinités. Mais, ici, l'évocation prétendait contraindre le dieu d'obéir aux désirs des fidèles et de manifester sa présence à leurs yeux, tandis que les Perses n'évoquaient seulement que des esprits.

Chez eux l'astrologie était fort cultftée, et ses principes étaient consignés dans le livre du dieu Thothy identifié par les Grecs avec Hermès,

Ainsi s'explique l'action qu'ils attribuaient aux astres sur les différentes parties du corps. Le soleil ou le dieu Ra agissait sur la tête, Cinubis sur le nez et les lèvres, Hnthor sur les veux, Sclk sur les dents, Moon sur la chevelure, Rielh sur les genoux, Phtha sur les pieds, etc. Et quand tello partie du corps était affectée, on invoquait pour la guérison la divinité à laquelle en était confiée la garde (AI. Maury, loc. cit,y p. 45). Dans ce même livre se trouvent aussi les préceptes sacrés de la religion et de la médecine. Mais si l'on coiii[iare les connaissances de cette époque avec les principes et les lois (\m sont exposés dans le livre de Tholh, on est tenté de douter de son existence à cette époque, et il semble plus rationnel d'ddmettre (|u'il est fœuvre d'une époque postérieure.

Quoi qu'il en soit, voici comment s'exprime M. Iloudart : <( Afin que le lecteur juge, dit-il, de l'immensité dirs connaissances des ^avants de l'ancienne Egypte, je vais mettre sous les yeux le titre des quarante-deux volumes du recueil lierniétique. Les deux premiers contenaient, Tun des hymnes aux dieux, Tautre les devoirs des rois. Les quatre suivants traitaient de l'ordre des étoiles errantes, de la lumière, du lever et du coucher du soleil et de la lune. Dans dix autres on donnait la clef des hiéroglyphes, la description du

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Nil, des ornements sacrés, des lieux saints ; puis on y enseignait l'astronomie, la cosmographie, la géographie et la topographie de rÉgypte. Dix autres volumes concernaient le choix des victimes, le culte divin, les cérémonies de la religion, les fêtes, les pompes publiques, etc.

Un pareil nombre de volumes, qui étaient appelés sacrés, était consacré aux lois, aux dieux et à toute la discipline des prêtres. Enfin les six derniers regardaient la médecine.

Nous laissons au lecteur le soin de déduire toutes les conséquences d*une pareille encyclopédie ; mais ce que nous ferons remarquer, c'est que les six volumes qui regardaient la médecine renfermaient un corps de doctrine complet et des mieux ordonnés. Le premier traitait de Tanatomie ; le second, des maladies ; le troisième, des instruments ; le quatrième, des médicaments ; le cinquième, des maladies des yeux ; et le dernier, des maladies des femmes.

Assurément on ne peut nier que cette distribution ne fût trèsméthodique. On donnait d'abord la description du corps humain, montrant par là qu'il fallait commencer par les connaissances du sujet sur lequel on devait opérer ; ensuite on passait à Tétude des maladies, puis à celle des médicaments et des instruments nécessaires pour les guérir ; et comme les affections des yeux et les maladies des femmes sont en très-grand nombre, et qu'elles demandent une attention particulière, on avait soin de les examiner à part et d'en faire une étude spéciale. N'est-ce pas là un corps de doctrine médicale aussi complet que bien ordonné ? (Houdart, Etudes historiques et critiques sur la vie et la doctrine d'Hippocrate, et sur létat de la médecine avant lui, p. 135.^

§ III. — DU MYSTICISME ET DE LA THÉUnGIE CHEZ LES GRECS.

Le courant des connaissances humaines, qui, dès les premiers temps, s'est fait jour en Perse, en Chaldée, en Ég> pte, ne tarda pas à s'étendre en Grèce.

Déjà, à l'époque de la guerre de Troie, on voit combien est grande l'influence des dieux; il ne surgit pas d'événement qui ne leur soit attribué, on les invoque pour remporter la victoire, on les supplie de mettre fin aux calamités publiques ; et de même qu'on suppose que c'est grâce à l'intenention des dieux que la flotte ou l'armée ennemie est arrêtée dans sa marche, de même admet-on que c'est par leur influence que la santé s'altère, et que la guérison des ma-

ladies s^obtient. Aussi que de prières, que de sacrifices, pour rendre les dieux fatorables à raccomplissement d'une expédition ou au ré- Ublissement de la santé !

En Grèce, le culte était rempli des pratiques superstitieuses de la nsfie des premiers âges. Des prêtres, des devins, faisaient les céréamies du temple, préparaient les charmes et les sacrifices. On avait recours à eux contre la fascination, pour évoquer les dieux, guérir les maladies, cicatriser les plaies ; ils charmaient les serpents, conjuraient les vents et pouvaient, croyait-on, changer les hommes en animaux, témoin la fable de Médée et celle de Circé, dans laquelle, au moyen d'un breuvage, les compagnons d^Ulysse sont changés en loups, en ours, etc. Tout cela nous prouve jusqu'à quel point peut en arriver la crédulité humaine. Néanmoins, jusqu'alors la théurgie n*avait pas existé en Grèce à l'état de doctrine, ce ne fut que quelques années après la prise de Troie, qu'elle prit un corps et commença à s'exercer dans les temples consacrés aux dieux de la médecine.

10 De la médecine dans les temples grecs.

Le premier temple à Esculape fut élevé à Titane, dans le Péloponèse, cinquante ans après la prise de Troie, et il s'en éleva une foule d'autres en Grèce, puis eu Asie, en Afrique et en Italie. Les plus célèbres furent ceux d'Epidaure dans le Péloponèse, celui de Pergame en Asie Mineure, celui de Cos et celui de CjTée en Libye.

Dans le temple d'Epidaure existait une statue du dieu de la médecine, assis sur son trône, un bâton dans une main, et sous l'autre la tète d'un serpent. Un chien reposait à ses pieds. Des prêtres étaient attachés à son culte, et comme, d'après H. Malgaigne, les plus célèbres appartenaient à la famille d'un Asclépiade, le nom leur en est resté dans l'histoire, qui les appelle tous des Asclépiades, faisant ainsi d'un nom propre une désignation générale. Ils formaient une caste obéissant à des engagements secrets, notamment de n'instruire des choses saintes que les élus admis à cette connaissance après les épreuves de l'initiation.

Ces temples étaient situés dans des lieux agréables, près de sources thermales ou de cours d'eau, entourés de jardins, pour que les malades pussent se distraire, et la foi qui les attirait, non moins que les cures merveilleuses dont ils étaient témoins, favorisait la révolution organique susceptible de les guérir.

Les prêtres conseillaient des remèdes appropriés à chaque maladie, des vomitifs, des purgations, des bains de mer, des frictions, des eaux minérales, et au besoin pratiquaient la saignée. Mais avant d'en arriver là, il fallait que les malades fussent préparés par l'abs-

iinence, le jeûne, les prières, les offrandes, les sacrifices, et quelquefois par la retraite d*une ou de plusieurs nuits dans Tintérieur du temple. Des serpents inoffensifs, élevés par les prêtres, se promenaient sur l'autel ou étaient dans leurs mains, et remplissaient de terreur Tâme des profanes. Puis, le dieu se faisait entendre mystérieusement, et une voix cachée expliquait les songes et rendait, sous forme d'oracle, les arrêts de sa thérapeutique.

Ainsi excitée par la terreur et la foi, Timagination des pauvres malades venait en aide à la nature, réagissait sur Torganisme souffrant, et quelques-uns se trouvaient immédiatement guéris, tandis que d'autres devaient attendre plus longtemps le réel effet des remèdes.

Ceux qui étaient guéris s'en retournaient heureux, bénissant le ciel de sa clémence, et laissant des témoignages de leur gratitude. Ceux qui n'avaient pu être soulagés partaient encore avec Tespérance de Tavenir, remplis de la crainte de navoir pas fait assez pour satisfaire la colère divine, ils se purifiaient de nouveau, et faisant un second pèlerinage, ils redoublaient de libéralité.

En outre de la pratique, les prêtres enseignaient les adeptes, faisaient école à Rhodes, antérieurement à Hippocrate ; à Gnide, où parurent les Sentences gnidienneSy et à Cos. Dans tous ces temples on suivait l'usage importé d'Egypte, qui consistait à suspendre aux murs des tables votives avec le nom du malade et de la maladie, avec le traitement mis en usage.

Plusieurs de ces tables ont été retrouvées, et l'on peut voir, par l'extrait suivant, comment se pratiquait la science : « Julien rejetait le sang parla bouche et paraissait perdu sans ressources.

« L'oracle lui ordonna de prendre, sur l'autel, des graines de pin et d'en manger, avec du miel, pendant trois jours ; il le fit et fut guéri. Ayant donc remercié Dieu, il s'en alla. »

Cependant il y avait déjà des esprits sceptiques qui, raillant la puissance du ciel, méprisaient les actes de ses ministres, et sortaient du saint lieu la colère dans Tànie et le blasphème sur les lèvres.

On en peut juger par le discours suivant qu' Aristophane place dans la bouche d'un personnage de comédie : a Le sacrificateur du temple d'Ksculape, après avoir éteint toutes les lumières, nous dit de dormir, ajoutant qup, si queb|u'un entendait le signal de l'arrivée du dieu, il ne bougeât en aucune manière. En conséquence, nous nous tînmes tous couchés sans faire de bruit.

€ Pour moi, je ne pouvais trouver le sommeil, parce que l'odeur d'un pot plein d'un excellent potage, qu'une vieille tenait assez

priVs de moi, me chatouillait furieusement Todorat. Souhaitant donc passionnément me glisser jusqu'à lui, je levai doucement la tête, et je vis le sacristain qui enlevait les gâteaux et les figues de dessus la table sacrée, et qui, faisant le tour des autels, l'un après l'autre, mettait dans un sac tout ce qu*il trouvait; je crus qu'il y avait beaucoup de mérite à suivre son exemple, et je me levai pour aller ^nérir le pot de la vieille. »

Comme on le voit, dès celte époque reculée, l'esprit de scepticisme et d'incrédulité existait à un très-haut degré, et se traduisait en ridiculisant les cérémonies et les choses sacrées ; mais ce n'est pas tout. Déjà se glissait également la fourberie au milieu de ces pratiques médicales, et les devins avaient quelquefois recours aux plus singulières ruses pour conserver leur pouvoir sur la foule imbécile. En voici la preuve dans la manière dont se pratiquait la léeanomancie ou divination par le moyen des bassins.

Les magiciens, dans une chambre close, peinte en bleu, plaçaient à terre un bassin plein d'eau réfléchissant le bleu du plafond. Dans ce plancher est une ouverture cachée, et le bassin de pierre a un fond en verre, au-dessous de la chambre est une pièce secrète où sont les compères déguisés en dieux, en démons, et quand le magicien les fait voir au fond du bassin, la dupe efl'rayée ajoute entière confiance à tout ce qu'on lui annonce.

Dans d'autres circonstances ils faisaient paraître le démon dans b flamme ; pour cela ils dessinaient sur le mur la figure à évoquer, qu'on enduisait secrètement d*une composition d'asphalte et de bitume, et, au moment de l'évocation, on approchait une lampe du mur de façon à mettre le feu aux matières inflammables.

Ailleurs pour faire voltiger Hécate sous la forme d'un feu aérien, on compère, caché dans la chambre obscure, attendait la fin de l'évocation magique, et lâchait un milan ou un hibou, auquel était attaché de rétoupe enflammée. Aussitôt la dupe, prévenue d'avoir à se prosterner lors de l'apparition du feu, devait se cacher la face contre terre jusqu'à ce que le magicien lui ordonnât de se lever, ce qu'il ne faisait qu'après avoir repris l'oiseau et lorsque le feu était éteint.

Ainsi, le mensonge, la fraude et l'imposture avaient déjà leurs adeptes qui exploitaient, comme aujourd'hui, la crédulité humaine; et, de même que ceux qui agissaient avec la plus entière bonne foi, ces niédicastres éhontés cherchaient à frapper l'imagination pour «emparer d'elle; et souvent, les uns et les autres arrivaient au même résultat, c'est-à-dire à la guérison des maladies.

Déjà cependant aussi la médecine semble vouloir sortir du rôle

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que lui faisaient le mysticisme et la théurgie. Environ deux cents ou trois cents ans avant Jésus-Christ, on voit, sous Timpulsion des idées philosophiques de Thaïes» de Pylhagore, de Démocrite et de leurs disciples, la médecine se séparer peu à peu de la religion, et son enseignement devenir plus séculier. Les sentences gnidiennes et les œuvres des Asclépiades sont les premiers monuments de la science, qui parurent aux yeux du public. On y trouve bien encore quelques vestiges et quelques traces de théurgie médicale, mais un nouveau courant d*idées s*est fait jour, et il va bientôt entraîner Tespril humain dans une nouvelle voie, celle de Tobservation et de Texpérience.

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