ET AU XVI« SIÈCLE
Sprengel ne croit pas que le Scorbat ait été connu des anciens. Ni les accidents produits par la grosse rate signalés par Hippocrate (Des Maladies, sect. V), ni la Stomacace de l'armée de Germanicus sur le Rhin, près de la mer, dont parle Pline {Histoire naturelky lib. XXV, cap. 3) ne sont des caractères suffisants pour spécifier cette maladie.
La première description date de 1250 et elle est de Joinville dans le Voyage de saint Louis en Palestine (p. 57). c Nous vint une grant persécution et maladie en Tost : qui estait telle que la chair des jambes nous desséchait jusques àTos et le cuir nous devenait tanné de noir et de terre, à ressemblance d*une vieille houze, qui a esté longtemps mucée derrière les coffres En oultre, à nous autres, qui avions cette mnladie nous venait une autre persécution de maladie en la bouche de ce que nous avions mengée de ces poissons et noas pourrissait la chaire d'entre les gencives dont chacun estoit orriblement puant de la bouche. Et en la fin, guères n'en eschappoient de cette maladie que tous ne mourussent. El le signe de mort que on y congnoissoit continuellement, estoit quand on se pnmoit à saigner du neys ; et tantoust on estoit bien asseuré d'estre mort de brief. >
Il y a aussi en 1467 celle de Vasco de Gama dans sa relation de voyage aux Indes Orientales par le Cap de Boone-Espérance; cent hommes sur cent soixante de l'équipage moururent de cette maladie.
DifTérentes chroniques parlent aussi du scorbut, mais tous ces récits d'un empirisme étranger à la médecine n'ont d'autre importance que la constatation du fait de la maladie nouvelle.
C'est en 154-1 seulement que parut la première description spéciale de Echlius sur ce mal qui jetait Tépouvante dans les populations, et qui devait se généraliser pendant plusieurs siècles, jusqu'au moment où les progrès de l'hygiène devaient le faire disparaître. Tons les symptômes y sont racontés avec une grande exactitude et sa cause même qui est attribuée à une nourriture malsaine et grossière amenant raltération du sang est bien celle que nous admettons aujourd'imi (Joann Echtii. De scorhuto vel scorhuticœ passionf Epitoyyie, 1541).
Après Echlius, Wier en 1557; Rousseous en 1564; Eugalenus en 1588, Daniel Seiinerl, Lanjiiu?, Alberti, etc , ont reproduit cette des-