‹ Histoire de la medecine et des doctrines medicalesChapitre 87 sur 125 · CH. BELL · texte numérisé non relu

CH. BELL

Longtemps on a considéré la moelle épinière comme une dépenfdance du cerveau dont elle était le cordon conducteur pour le pas- ^sage des impressions ascendantes et descendantes. Cela est vrai, mais la physiologie moderne montre que la moelle épinière est aussi !un centre d'impressions sensilives et d'excitations motrices invollontaires, que l'on appelle des actions réflexes.

C'est Prochaska, médecin de Vienne, qui le premier, en 1800, a I montré qu'un animal décapité pouvait encore exécuter certains mouvements d'ensemble et coordonnés un peu après. — Legallois, ^médecin français, fit voir que ces mouvements étaient non le ré- 'Sullat d'un instinct persistant, mais bien d'une excitation extérieure. Puis, Lallemand montra que la moelle épinière suffisait chez les monstres acéphaliens, pour diriger tous les mouvements de leur vie mira-utérine animale et organique. — De ces expériences, et de celles qui leur sont propres, Marshall Hall et Jean Muller en 1832

tirèrent la conclusion que chez un animal décapité, les impressions subies par les nerfs des membres et suivies d'un mouvement étaient le résultat d'une action motrice de la moelle épinière, considérée comme centre d'innervation. C'est à ce phénomène qu'ils ont donné le nom à'aclion réflexe et leur découverte a été ratifiée par tous les physiologistes qui ont répété ces expériences. — De là est sorti le fait incontestable du pouvoir excito-moteur de la moelle dont les applications en médecine sont très-nombreuses.

LOCALISATION DES FONCTIONS MOTRICES ET DES FONCTIONS SKNSITIVES DE LA MOELLE DANS LES CORDONS ANTÉRIEURS ET DANS LES CORDONS POSTÉ- RIEURS

La découverte de Ch. Bell et de Magendie sur les fonctions motrices des racines antérieures et sur les fonctions sensitives des racines postérieures ganglionnaires devait en amener une autre, celle de l'usage des cordons antérieurs et postérieurs. Par cela même que les racines antérieures, dites motrices, se rendaient aux cordons antérieurs et latéraux de la moelle, Longet en a conclu que c'étaient là les organes du mouvement, tandis que les racines postérieures, dites sensitives, se rendaient aux cordons postérieurs ceux-ci étaient l'organe de la sensibilité. — Cela n'est pas tout à fait exact, car, si l'affirmation est juste, après la section des cordons postérieurs, les racines postérieures placées au-dessous devraient être insensibles, tandis qu'au contraire leur irritation produit une douleur très-vive. Cependant la clinique montre que dans les cas de lésion des racines antérieures le mouvement est aboli, tandis que si elle existe dans les racines postérieures c'est la sensibilité qui est éteinte. Ce sont des faits qu'il est encore utile d'étudier de nouveau.

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