II
niSTOIRE DE LA MÉDECINE
(Schiff, Brown Séquard) (1). Cerlaines plaies des nerfs ont produit des éruptions huileuses et eczémateuses (Mougeot (2), Weir Mitchell, Morehouse et W. Kean), L'altération des nerfs intercostaux et des ganglions de la racine antérieure a été observée dans le Zona(Recklinghausen , Danielssen, Baerensprung, Haiglit, Weidner, Wagner, Esmarch, Oscar Wyss (de Zurich), etc.). — 11 en est de même de la névrite sciatique avec le zona de la cuisse (Bouchut), — de la névrite du bras et de la jambe (Gharcot), dans le zona du bras.
La névralgie de la 7"^ paire a pu occasionner l'hypertrophie de la lèvre (Duval, Friedreich). — La section du pneumo-gastrique au niveau de l'anneau œsophagien avec les branches du nerf grand sympathique arrête la sécrétion du suc gastrique (Pincus).
L'extirpation des ganglions cervicaux du grand sympathique produit souvent l'hydropéricarde (Schiff). — L'ablation du ganglion cervical inférieur produit la pleurésie (Cl. Bernard).
L'ablation du ganglion cervical supérieur a déterminé \a pneumonie (Idem). — La piqûre du plancher du i""^ ventricule produit la glycosurie et quelquefois l'hypérémie des reins avec albuminurie.
Les névralgies faciales un peu intenses produisent quelquefois la salivation (Valleix). — La névrite de la branche ophthalmique de la 5me paire produit souvent la fonte de l'œil correspondant.
La myélite des cordons antérieurs et postérieurs dans la substance grise détermine souvent l'hypérémie de la papille, puis, avec le temps, l'atrophie et l'amaurose.
La névralgie cardiaque, quand elle se prolonge, fait l'hypertrophie du cœur.
Certaines gastralgies en modifiant la quantité ou la qualité du suc gastrique occasionnent la gastrite chronique, et, à un certain âge, le cancer de l'estomac.
Les sciatiques rebelles produisent l'atrophie du membre (Valleix, Louis, Notta, Bonnefin). La névralgie du cubital a produit l'atrophie de l'avant-bras (J. Franck).
DES APPAREILS ENREGISTREURS DES MOUVEMENTS DU POULS, DES MOVVKMENTS DU CŒUR, DES CONTRACTIONS MUSCULAIRES ET DE LA VITESSE DU COURANT Nl-.HVEUX DE LA VOLONTÉ
C'est à l'introduction des appareils enregistreurs en médecine
(1) Brown Sequard, Sur les altér. pathvl. qui suivent la lésion du nerf sciatique. (Comptes rendus delà Soc. de Biologie, t. I, 1819, p. 13G.)
(2) Mougeot, Recherchas sur quelques troubles de nutrition consécutifs aux affections des nerfs. — Tliôsfi, Paris, 18fi7.
que l'on doit la connaissance de la pression du sang ou de la tension artérielle et des mouvements du pouls; — des mouvements du cœur; — de la coniraction musculaire, et, chose plus admirable, de la vitesse de la volonté.
Ludwig, en 1849, est le premier qui ait employé un appareil destiné à enregistrer la pression du sang dans les artères. Il l'appelait Kymographion, de xïï(xa, vague, et Ypa?w, j'écris. C'était sur la colonne de mercure du manomètre un flotteur surmonte d'une longue tige ayant perpendiculairement une autre tige terminée par une pointe écrivant sur un cylindre tournant garni de papier enfumé. Peu après, Helmholtz imagina le myographe, destiné à enregistrer la contraction musculaire et la vitesse de l'action nerveuse; puis, en 1851, Vierordt employa un instrument analogue pour écrire le tracé du pouls de l'homme vivant, et créa ainsi hsphygmographie, que M. Marey introduisit en France en perfectionnant les appareils et en construisant un sphygmographe dont l'emploi est aujourd'hui général en physiologie et en médecine (1).
Il faut ne pas s'être servi de ces appareils enregistreurs^ ou ne les avoir pas vus à l'œuvre pour nier leur utilité. Sans eux, nulle recherche précise sur la tension artérielle, sur les mouvements du cœur, sur la contraction musculaire, n'est possible. Par eux nous avons la sphygmographie et la cardiographie dont les résultats viennent d'être indiqués, et qu'on retrouvera plus loin dans le chapitre consacré à VOrganoscopie. Nous leur devons les études de la contraction musculaire dans le vol des oiseaux, par M. Marey, et enfin la connaissance de la vitesse du courant nerveux de la volonté dont je parlerai dans un instant. Ce sont des instruments' de première nécessité, et leur découverte constitue pour la physiologie une source réelle de progrès.